En route pour le Trappist Tour 2017 !

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Cette année encore l’ABBET repart à la découverte des abbayes trappistes belges et néerlandaises.

Ce n’était pas forcément notre idée initiale mais nous réitérons la formule et le programme de l’an dernier, à la demande de nouveaux participants qui vont parfois faire un peu de route pour être des nôtres. Rappel de ce qui vous attend si vous sautez le pas et prenez place à bord de notre minibus…

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Le Trappist tour c’est quoi ?

Initié en 2014 et à l’origine de la naissance de l’ABBET, le Trappist tour c’est partir à la découverte de certaines abbayes trappistes entre amateurs ou néophytes et dans la bonne humeur !

Il se déroulera cette année les samedi 3, dimanche 4 et lundi 5 juin (jour férié) 2017.

Pour profiter au mieux de nos étapes nous avons choisi de nous rendre dans 6 abbayes trappistes, encore que nous ne pouvons pas souvent pénétrer les bâtiments monastiques. Nous visitons alors les lieux ouverts au public et les espaces de dégustation aménagés sur place.

Concrètement où allons nous ?

Le programme est le suivant.

Samedi 3 juin nous partons de Saint-Omer à 8h. Des étapes sont possibles pour embarquer tous les participants mais sans grand détour car notre programme est (très) dense !

Direction Westmalle, arrivée vers 11h. Dégustation de 2 bières et repas (une planche au choix) dans l’auberge en face de l’abbaye.

Puis départ à 13h30 pour Zundert où nous arrivons vers 14h00. Nous goûtons la bière dans une auberge après être allés voir l’abbaye et son magasin (pas d’espace de dégustation à l’abbaye).

Vers 15h30 nous reprenons la route pour Tilburg et l’abbaye de Koningshoeven (la Trappe). Arrivée vers 16h30, ce qui nous laisse 2 heures pour boire 3 Trappe au choix, visiter le magasin puis manger des sandwichs préparés par l’ABBET.

On reprend ensuite la route jusqu’à l’hébergement choisi.

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Dimanche 4 juin, départ 9h pour Rochefort. Arrivée 11h. Tour de l’abbaye, restauration et dégustation de bières en ville. Départ 14h30.

16h arrivée à Orval, visite des ruines de l’abbaye du XIIe siècle puis dégustation de bières (dont l’Orval vert) et restauration à la brasserie de l’ange gardien jouxtant l’abbaye.

Vers 20h30 départ pour l’hébergement à côté de Charleville Mézières

Lundi 5 juin, départ à 9h pour Westvleteren. Repas et dégustation de bières sur place.

Retour à St Omer vers 15h30, ce qui vous permet de ne pas rentrer trop tard si vous avez encore de la route.

Evidemment vers aurez remarqué que nous ne visitons ni Chimay ni Achel. C’est la durée du voyage et les horaires d’ouverture qui conditionnent ce choix. Nous n’avons ainsi pas opté pour Chimay car très connue et franchement pas très chaleureuse sur place, ni pour Achel car là aussi le site n’est pas transcendant, compliqué à intégrer à un parcours, et la bière ne ravit personne au sein de l’ABBET.

Comment nous déplaçons nous ?

Cette question sera réglée en fonction du nombre de participants.

Vraisemblablement comme l’an dernier en mini-bus (ou deux, ou trois… !) avec un membre de l’ABBET qui vous conduit de sites en sites. En bus 57 places si nous sommes très nombreux ! La location et les frais liés au voyage sont inclus dans le montant de celui-ci.

Où dormons-nous ?

Plusieurs choix s’offrent à vous. Le prix varie en conséquence. Le samedi soir sont possibles des chambres collectives en auberge de jeunesse à Westerloo, ou des chambres d’hôtels doubles à Herselt. Le dimanche soir moins de choix, sauf affluence importante nous prenons nos quartiers dans des chambres d’hôtes chez des amis membres de l’ABBET à Warcq près de Charleville Mézières.

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Justement, çà coûte combien ?

210€ si vous êtes choisissez la chambre collective le samedi et si vous êtes amis avec les copains de Charleville qui vous hébergent alors dans leur salon.

230€ si vous optez pour la chambre collective le samedi et la chambre d’hôte le dimanche.

250€ si vous souhaitez une chambre double le samedi et la chambre d’hôtes le dimanche.

Ce tarif comprend les déplacements avec chauffeur, les hébergements, les repas, la dégustation d’un certain nombre de bières sur place (3 par exemple à Koningshoeven sur les 8 possibles). Libre à vous ensuite de passer des commandes supplémentaires sur place à vos frais tant que vous restez joyeux et que vous gardez partiellement le contrôle de la situation ! Mais l’expérience prouve qu’avec les dégustations prévues et le temps imparti sur chaque site personne n’est mort de soif…

A noter que l’adhésion à l’ABBET (15€, valable 1 an) est un pré-requis indispensable pour pouvoir participer au Trappist Tour.

 

Comment je m’inscris ?

En nous contactant par mail à abbetrappiste@gmail.com, et ceci avant le 28 février 2017 afin que nous fassions les réservations nécessaires.

A cette même adresse nous répondrons également à toutes vos questions.

Alors n’hésitez plus, et embarquez pour un long week-end savoureux et chaleureux !

 

Ils l’ont fait en 2016 :

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« Nous y étions et nous pouvons vous assurer que c’était un week-end inoubliable ; les garçons nous ont concocté un séjour super ; tout avait été préparé de main de maître ; tout était prévu: le timing, les restos, les hôtels, les visites des abbayes avec commentaire, les dégustations (même si MJ ne boit pas de bière), et en prime une soirée top du top chez Cédric ; nous sommes prêts pour l’année prochaine si vous nous acceptez ; encore mille mercis à vous les garçons (à nos chauffeurs) » Jean-Pierre

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« Merci l’ABBET. Les bonnes humeurs constantes conjuguées des participants et celles recueillies chez nos divers hôtes m’ont fait du bien. J’en déduis par conséquent que consommer avec des acolytes sympathiques ce divin breuvage qu’est une bonne bière trappiste et aller sur des lieux qui rassemblent des personnes autour de cette boisson est une thérapie contre la morosité. La convivialité n’a jamais déserté les haltes que nous faisions, merci à chacune et chacun qui y ont contribué ! Outre ce bien-être humain, je porte désormais en moi des images de lieux découverts, en effet, déguster ces bières trappistes que sont Westmalle, La Trappe, Zundert, Rochefort, Orval et Westvleteren, ce n’est pas seulement tremper ses lèvres dans un liquide aux saveurs toujours étonnantes et diverses, mais c’est tremper aussi dans une culture, un savoir faire au cœur d’un environnement typique et souvent séduisant ! » Lydia

 

Quelle bière te fera passer l’hiver ?

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L’hiver arrive vite : déjà le changement d’heure et la dernière période scolaire avant la nouvelle année. On sent que les journées raccourcissent et que les températures baissent. On ressort son gros manteau. On pense peut-être déjà à Noël…

D’ailleurs, l’année dernière, nous vous avions proposé l’article Que boire avec une belle dinde ?. Cette année, faisons plus léger… Vous aimez les tests de l’été des magazines que vous trouvez chez le médecin ? Alors voici le test de l’hiver de l’Abbet.

Attention : ce test n’est basé sur aucune théorie psycho-scientifique.

1) Après le ski, tu préfères :

a. Une raclette accompagnée de pommes de terre et de charcuterie et arrosée d’un bon vin

b. Une tisane à l’eucalyptus et au dodo

c. Une orange, bien amère

2) Ton chalet à la montagne, il est plutôt :

a. dans une grosse station où les touristes viennent du monde entier

b. complètement paumé : seuls les connaisseurs peuvent le trouver

c. classé monument historique et entouré de ruines du XIe siècle

3) Ta compagne, cet hiver :

a. Elle sera blonde et belle, à la chevelure de princesse

b. Elle sera brune et avec du caractère

c. Ça sera une « fille facile », sans prise de tête

4) Ton compagnon, cet hiver :

a. Il sait ce qu’il veut

b. C’est un bon vivant (mais subtile quand même)

c. C’est un roots

5) Ta destination pour les vacances d’hiver, c’est plutôt :

a. En forêt : tu aimes les arbres et les sangliers

b. Dans un pays latin : tu veux du soleil

c. A la campagne : pas trop loin de la mer

6) Ton chanteur préféré :

a. Jacques Brel

b. Toto Cutugno

c. Dave

7) Dans sa hotte, le père noël aura :

a. Une bague en or : tu as toujours aimé le clinquant

b. Une vieille bague : pas forcément jolie mais qui a une histoire

c. Un pied d’eucalyptus : le père noël connaît ta passion pour la botanique

8) Ton occupation favorite pour passer l’hiver :

a. Du sports intensif : quand il fait froid, tu aimes transpirer. Attention : dans ce cas, il faut bien se désaltérer !

b. Des longues marches en extérieur : le froid ne te dérange pas à condition qu’après l’effort vienne le réconfort

c. Un peu de sport, de marche, de lecture… Tout ce qui me permet de garder une vie saine

9) Ton dessert au chocolat préféré :

a. Une forêt noire au chocolat intense

b. Un gâteau au chocolat amer

c. Une glace au chocolat pour rafraîchir le palais

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Majorité de ♠ : Le choix « nature »

Apparemment, tu aimes la nature et les plantes. Cet hiver, il te faudra aller chercher ta bière du côté de l’Italie : la Tre Fontane et son goût relevé à l’eucalyptus. A moins que ce qui te plaise dans la nature, c’est le côté bio. Ta vie est saine. Tu fais des excès très mesurés. La seule bière trappiste bio, elle vient de Tilburg, c’est la Trappe puur.

Majorité de ♣ : Le choix « intense »

On peut dire que tu ne fais pas les choses à la légère. Tu aimes ce qui est fort et intense. Tu aimes vivre, en fait. Alors, nous te souhaitons de bien profiter de la vie cet hiver avec une bière forte et à caractère comme la Westvleteren 12 ou la Rochefort 10.

Majorité de ♥ : Le choix « complet »

Tu aimes ce qui est amer mais tu ne te contentes pas de cela. Tu regardes tout ! Absolument tout ce qu’il y a autour. Il te faut un beau design, une jolie robe, une histoire magique, une belle abbaye… Pas de doute, il te faut un Orval.

Majorité de ♦ : Le choix « léger »

Tu aimes la bière mais tu n’aimes pas quand elle est trop forte. A coup sûr, outre les bières trappistes, tu dois toujours préférer des bières légères ou même peut-être aromatisées. La bière, pour toi, c’est plutôt pour se désaltérer après un effort. Alors nous te conseillons La Trappe blanche ou la Chimay dorée.

Que se cache-t-il derrière le logo de Westvleteren?

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Suite de notre décryptage des logos présents sur vos trappistes préférées. Aujourd’hui, intéressons-nous au cas singulier de Westvleteren.

En tant qu’amateur ou lecteur assidu de nos publications, vous n’êtes pas sans savoir que ces bières sont brassées par l’abbaye Saint-Sixte. Mais connaissez-vous bien le logo associé à ces trois breuvages ? J’entends déjà certains me dire qu’il n’y en a aucun, eu égard au fait que les bouteilles ne comportent pas d’étiquette. Soit. Certains ont cependant eu le loisir de se rendre à In de Vrede, seul endroit où vous pouvez normalement consommer ces boissons. Ils ont alors pu apprécier ces délices dans les verres siglés. D’autres ont pu porter leur regard sur les capsules. Tous ont dû remarquer l’enchevêtrement de symboles. A moins que la dégustation ne soit déjà bien avancée, auquel cas l’on ne se soucie plus de grand-chose…

Revenons à nos moutons et tentons de décrypter ce qui se cache derrière ce logo, qui, après quelques recherches, n’en est pas un. Il s’agit en effet des armoiries de l’abbaye Saint-Sixte, qui brasse et vend ses productions depuis 1877. Pour de plus amples informations sur l’histoire de ladite abbaye, je vous renvoie à notre très riche compte-rendu du Trappist Tour, disponible ici. Trois éléments bien distincts attirent le regard, à commencer par la crosse qui surplombe l’ensemble. Elle rappelle le souci pastoral de l’abbé pour sa communauté. Rien de bien compliqué à saisir. Les deux autres composantes sont quant à elles moins évidentes à décoder. Mais n’ayez crainte, l’ABBET, dans son souci de vous cultiver a trouvé de quoi vous faire briller lors de vos soirées trappistes, vous garantissant une image de personne de goût et érudite.

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Ainsi, les deux clés qui se croisent sous la crosse sont les clés pontificales. Édouard Bouyé dans son article Les armoiries pontificales à la fin du XIIIe siècle : construction d’une campagne de communication (paru dans la revue Médiévales [En ligne], 44, printemps 2003, Presses universitaires de Vincennes, disponible ici) rappelle que les clés sont, depuis le Ve siècle au moins, les attributs de saint Pierre, qui les tient dans la main. Il faut cependant attendre le pontificat d’Innocent III (1198-1216), pour que ces clés soient détachées de la figure du saint et deviennent un emblème, renfermées dans un écu, donnant naissance aux armoiries des papes. Quel rapport avec l’abbaye Saint-Sixte fondée au XIXe siècle me demanderez-vous ? Il faut remonter au troisième siècle de notre ère pour trouver trace d’un pape (vingt-quatrième évêque de Rome pour être plus précis, le terme pape n’étant employé que plus tardivement) nommé Xyste ou Sixte, deuxième du nom (vous ajouterez qu’il s’agit du premier évêque de Rome à porter le même nom qu’un prédécesseur, devant une assistance, nous l’imaginons, ébahie). Ce dernier, grec, sera victime de persécution de l’empereur romain Valérien. Réfugié dans des catacombes de la voie Appienne, il est découvert le 6 août 258 et décapité avec certains de ses diacres. Le martyr devient donc saint. Vous savez désormais d’où vient le nom de l’abbaye qui brasse ces délicieuses bières.

Demeure finalement la partie qui peut étonner le plus, à savoir cet arbre dans la partie basse des armoiries. Peut-être lirez-vous ces quelques lignes sous des latitudes où cette espèce pousse naturellement. Vous aurez sans nul doute reconnu le palmier. Plus habitués à voir ce dernier orner les bouteilles de boissons à base de coco ou de fruits de la passion, nous avons creusé et découvert l’origine de sa présence en Belgique. Il s’agit en fait d’une référence biblique, plus précisément au psaume 92, verset 13, que nous vous livrons en version originale : « Justus ut palma florebit » que nous traduirons par « le juste poussera comme un palmier ». Laissons aux exégètes le soin de détailler cette métaphore. Pour notre part, nous comprenons désormais mieux la présence de cet arbre, qui avait pu nous laisser songeur à la vue du calice siglé dans lequel nous avons dégusté les trois bières. Jef Van den Steen, spécialiste des trappistes, explique que « les bières se vendent dans des caisses de bois typiques. Tant que la communauté comptait un frère menuisier, elles étaient fabriquées à l’abbaye. Aujourd’hui, c’est l’atelier protégé de Gits qui s’en charge. Les mystérieuses initiales UPF ornant les vieilles caisses rappellent le psaume Ut palma florebit, la devise de l’abbaye ».

Voilà un secret de plus percé grâce à l’ABBET. Nous vous narrerons prochainement une légende où reine, poisson et bague se croisent. Mais, en attendant, n’hésitez pas à (re)lire nos articles, accompagnés d’une bonne trappiste, évidement.

J’ai dégusté pour vous : la Tre Fontane !

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Août, période des vacances, propice aux balades et aux découvertes. Aussi par une belle journée ensoleillée (mais oui !) me voici avec mon épouse sur ces chemins de découvertes et de détente en compagnie d’un couple d’amis.

Certes, le sud de la ville de Rome présente une beau but de sortie, surtout si après que vous ayez longé la via Acque Salvie se révèle devant vos yeux curieux l’abbaye de Tre Fontane qui fut élevée à partir du VIème siècle sur le lieu du martyre par décapitation de Saint Paul, au côté d’édifices plus anciens. La tradition rapporte que la tête de l’apôtre en tombant sur le sol aurait rebondi trois fois, faisant jaillir à chaque rebond une source d’où le nom de Tre Fontane resté jusqu’à nos jours. L’abbaye d’abord gréco arménienne, détruite par le feu au VIIIème siècle, reconstruite aussitôt vivra malgré d’importantes dotations notamment en 805 par Charlemagne une période de déclin et d’abandon telle qu’en 1080, le pape Grégoire VI, tout en confirmant les droits et possessions de l’abbaye, entreprend sa restauration et y fait venir des moines bénédictins de Cluny, alors à la pointe du renouveau monastique en Occident, pour y reprendre une vie monastique régulière. Les cisterciens resteront à l’abbaye jusqu’en 1808, date à laquelle les troupes de Napoléon spolient le monastère et provoquent de ce fait sa désertion par les moines cisterciens. Le pape Léon XIII visitant le monastère en 1826 déplora son abandon et le confia à la famille franciscaine mais ceux-ci ne relevèrent pas le monastère. Les bâtiments dégradés et devenus insalubres ne seront finalement rénovés qu’en 1867 grâce à un généreux mécène français : le comte de Maumigny. En 1867, le Pape Pie XII demande aux Franciscains de céder le monastère afin de le rendre aux cisterciens trappistes et y reconstitue par bulle du 21 avril 1868 une communauté d’au moins 14 moines. C’est la renaissance de Tre Fontane. Après 1870, les moines feront d’importants travaux de drainage des sols environnants pour assécher le sol plutôt marécageux et planteront de nombreux eucalyptus et autres plantes dans le but d’assainir l’air et de lutter contre la malaria. Enfin, en 2015, les moines qui commercialisent déjà de l’huile d’olive, du miel d’acacia, millefleurs et d’eucalyptus, un large choix de chocolats et des liqueurs, installent avec les conseils de l’Association Internationale Trappiste, une micro brasserie pour fabriquer une bière triple blonde titrant 8,5° aromatisée aux feuilles d’eucalyptus. Ils obtiennent le logo Authentic Trappist Product le 04 mai 2015 et leur bière devient de la sorte la 11ème bière authentique trappiste du monde !

Mais non, les chemins empruntés par notre susdit groupe ne nous emmenaient pas ce jour là sur les chemins romains (même si tous les chemins y mènent paraît-il !) mais vers la Belgique toute voisine pour nous y régaler d’abord des bières de l’abbaye Saint Sixtus de Westvleteren et terminer cette délicieuse journée autour d’un petit repas convivial dans un estaminet. Ce fut l’estaminet « Au nouveau saint Eloi » à Watou qui fit l’unanimité de notre choix. Là, quelle ne fut notre grande et joyeuse surprise en consultant la carte des boissons d’y trouver parmi la longue liste des bières belges, la quasi totalité des bières trappistes dont la Grégorius benno, la Nivard et la Spencer, mais surtout l’introuvable à ce jour : la Tre Fontane !

C’est donc sans aucune hésitation que je déboursai les douze euros demandés pour me livrer à la réjouissante dégustation de ce rare breuvage. Bien que non spécialiste, j’ai apprécié d’abord sa couleur presque ambrée et la finesse de sa mousse. A l’odorat perce d’abord le parfum discret d’eucalyptus et un peu de levure mais ceci dans une douce fraicheur de verdeur. Au goût, pas de déception puisque l’on retrouve les promesses de l’odorat avec un bon équilibre d’eucalyptus, de houblon et de levure qui lui donne à la fois une certaine rondeur, une bonne tenue en bouche et, malgré son taux d’alcool, de la légèreté très rafraichissante, eucalyptus oblige. Il reste en bouche une bonne longueur de fraicheur et d’eucalyptus qui nous invite à y revenir ! Mais bon là, j’attendrai un peu vu le coût toutefois moins élevé que si j’avais dû me rendre à son abbaye d’origine pour en effectuer la dégustation. Selon les dégustateurs de l’association internationale trappiste, sa haute carbonatation offre une finale sèche agréable. Un arrière-goût légèrement sucré provient de la saveur apaisante d’eucalyptus qui nettoie et rafraîchit le palais. Cette bière qui donne l’impression d’être légère possède un corps bien rond. Sa haute teneur en alcool de 8,5% ajoute une sensation de chaleur. Alors, amis et membres de l’ABBET si vous ne supportez plus de n’avoir encore découvert toutes les bières trappistes, si vous voulez profiter de la dolce vita romaine sous nos cieux nordiques, vous savez maintenant comment et où combler tout vos manques à quelques kilomètres de chez nous en franchissant juste la frontière. Merci amis Belges !

C’était le Trappist tour 2016 !

Le premier Trappist tour, en 2014, était à l’origine de la fondation de l’ABBET. Nous rêvions alors de réitérer l’expérience, d’ouvrir notre groupe, de rattraper nos oublis (Zundert!). Et bien voilà chose faite, et très bien même!
Le cru 2016 aura été brillant, placé plus que jamais sous le signe de l’amitié et des tournées qui rendent heureux. Retour ici en photos sur ce joli week-end prolongé pendant lequel, si nous n’avons jamais connu la soif, nous n’avons également jamais manqué une occasion de nous instruire…

LA BELGIQUE

Lydia, Marie-Jo et Dominique

Lydia, Marie-Jo et Dominique

Et hop! Nous voilà embarqués dans notre minibus décoré aux couleurs de l’ABBET, direction Westmalle où les choses sérieuses commencent. Si la perspective de déguster la Westmalle extra, vendue uniquement sur place, est excitante, nous
tenons d’abord à faire découvrir à tous, au fil des abbayes, l’histoire des lieux et la genèse des productions brassicoles.
C’est Manu qui a d’abord potassé Jef Van den Steen sur la route (Les Trappistes, bières de tradition, éditions Racine, 2015 – toutes les informations relatives aux abbayes sont tirées ici de cet ouvrage).
Manu à Westmalle

Manu à Westmalle

Les premiers moines «trappistes» de Westmalle s’y installent le 6 juin 1794… Mais y restent bien peu!
Nous précisons tout de suite ici que, par souci de compréhension, nous désignons ces moines comme «trappistes» bien que la fondation officielle de «l’ordre cistercien de la stricte observance» ne date que de 1892. En effet, dès le tout début du XVIIe siècle, d’abord à l’abbaye de la Charmoye en Champagne puis rapidement dans d’autres monastères, une réforme de l’ordre cistercien débute, lui reprochant de s’être à son tour
relâché depuis sa fondation par Robert de Molesmes en 1098.
Cette réforme, d’abord nommée «ordre de l’étroite observance» prend des formes multiples avant d’être unifiée dans l’ordre trappiste que nous connaissons aujourd’hui.
S’ils ne sont donc pas encore trappistes, les religieux de Westmalle, comme ceux des autres abbayes citées ci-après, suivent déjà cette réforme souhaitant retrouver la pureté originelle de la règle de St Benoît…
Mais trêve d’érudition, revenons à nos moines! Originaires de l’abbaye Notre-Dame de la Trappe à Val-Sainte (Suisse actuelle), ils ne s’attardent donc pas dans les lieux car ils
fuient 10 jours plus tard l’avancée des troupes révolutionnaires françaises en Belgique.
Ils reviennent à Westmalle en 1802. C’est l’Empire de Napoléon Ier qui confisquera alors leurs biens en 1811, que les moines réintégreront en 1814. Reconnue officiellement par la monarchie néerlandaise en 1822, érigée en abbaye en 1836, puis reconnue en 1842 comme personne juridique à part entière, la communauté commence alors son développement.
Lorsqu’en 1836 les moines trappistes de Westmalle se voient contraints par décision papale d’adopter les constitutions de l’abbé de Rancé (un des réformateurs évoqués ci-dessus), ils obtiennent le droit de boire la boisson régionale du peuple. Les voilà alors
se régalant de lait écrémé, de lait battu…quel bonheur! Mais rassurez vous, bière, et même vin en cas de nécessité sont de même autorisés.
Et comme la règle bénédictine stipule que les ateliers de travail doivent se trouver à l’intérieur de l’enclos monastique pour assurer le travail manuel des moines et éviter l’oisiveté, la première pierre de la brasserie de Westmalle est posée dès août 1836.
Westmalle

Westmalle

Le 10 décembre 1836, les moines dégustent leur première bière, une brune servie comme bière de table au réfectoire et uniquement réservée aux moines.

Pas question à la base de vendre cette boisson. C’est même sur la production et  commercialisation de vin que misent alors les moines campinois! Primée à plusieurs reprises au XIXe siècle, la production viticole décline et est stoppée avant la première guerre mondiale.

La production brassicole évolue alors, et le 1er juin 1861 a lieu la première vente de bière à l’abbaye de Westmalle, une brune, même s’il est avéré que les moines brassent également une blanche qu’ils servent à leur table.

La brasserie apporte une part de plus en plus importante des revenus de l’abbaye. La reconstruction de 1895-1900 lui accorde une place importante, une voie de chemin de fer construite à cette occasion reste ensuite en activité pour acheminer les livraisons à la brasserie.

Olivier, Nico, Lydia et Marie-Jo

Olivier, Nico, Lydia et Marie-Jo

En octobre 1914 la guerre vient pourtant porter un coup d’arrêt à cette expansion.

La tour de l’abbaye est dynamitée pour que les Allemands n’y installent pas de poste d’observation, les moines s’enfuient, pour l’essentiel à… Zundert.

En 1918 les Allemands démantèlent la brasserie pour récupérer les métaux dont la pénurie est alors forte suite au blocus franco-britannique.

Elle est remise en route en 1922, on produit déjà une Extra pur-orge ainsi qu’une Double brune.

En 1933 l’appellation «trappiste» est déposée pour désigner la bière brassée à l’abbaye de Westmalle.

C’est également en 1931 qu’une nouveauté «révolutionne» l’univers de la bière. Une nouvelle blonde, baptisée «Triple» commence à être produite. Elle est officiellement lancée en 1934, et représente aujourd’hui plus de 70% de la production de la brasserie.

129 000 hectolitres de bière de Westmalle ont été brassés en 2013. Actuellement les moines siègent au conseil d’administration de la société coopérative gérant la brasserie mais, comme partout, ils ne participent plus directement à sa production.

Westmalle

Viens alors le temps de nos premières bières du week-end au Trappisten Cafe. Westmalle extra donc qui remporte un franc succès, Westmalle Dubbel et Tripel bien sûr, mais également Westmalle «moitié-moitié». Nous avons d’abord cru à une mauvaise traduction du flamand et beaucoup rit en imaginant ce qui nous paraissait un vrai sacrilège! Mais non, cela existe réellement. Une demi-bouteille de Westmalle triple que l’on complète de Westmalle double tirée au fût, en s’appliquant bien à ce que la mousse reste blanche. Vaut surtout pour la jolie couleur du verre… Mais on vous l’a dit, nous ne perdrons jamais une occasion de nous instruire lors de ce week-end.

LES PAYS-BAS

Et, tels les premiers moines de Westmalle, mais sans fuir nous concernant car cette première halte paraît déjà fort sympathique à l’ensemble du groupe, c’est la route de Zundert que nous prenons ensuite.

Zundert

Zundert

Pour les « historiques » du tour 2014 c’est l’occasion de rattraper un oubli. Nous n’avions pas réalisé que l’abbaye venait de se voir décerner le label ATP en décembre 2013.

Le cadre est vraiment joli, et l’accueil chaleureux. Mais nous en étions déjà persuadés au vu des échanges mails que nous avions eu avec les responsables de la brasserie l’année écoulée.

Zundert

On retrouve à Zundert les mêmes éléments historiques que dans beaucoup des abbayes trappistes visitées.

La Révolution française puis les gouvernements anticléricaux que connaît la France au XIXe siècle font peser de lourdes menaces sur les communautés monastiques et notamment, pour celles qui nous intéressent ici, sur l’abbaye Sainte-Marie du Mont, mieux connue sous le nom de Mont des Cats.

Ainsi en 1899 l’abbé de Koningshoeven (à Tilburg, qui brasse aujourd’hui la Trappe pour ceux qui commencent à être perdus…), abbaye «fille» du Mont des Cats, fonde un monastère à Zundert destiné à abriter les moines français en cas d’expulsion : Maria Toevlucht, que l’on traduit par… Refuge Marie.

L’abbaye dispose d’une terre pauvre, difficile à valoriser, et ne connaît son essor qu’après la première guerre mondiale.

Malgré ses liens avec Koningshoeven et Westmalle, elle ne brasse alors pas. Pire, les moines sont même à l’eau ou au cidre. Finalement compréhensible si on se rappelle que la première abbaye réellement trappiste est celle de la Grande Trappe basée en Normandie…

L’abbaye vit au XXe siècle du travail de la terre : vaches laitières, céréales, haricots, pommes de terre, poules, viande bovine… Mais la communauté vieillit et en 2008 elle lance une profonde réflexion sur son avenir.

L’exemple des abbayes voisines fait alors ressortir qu’une brasserie peut apporter des ressources importantes au monastère, sans constituer une charge de travail trop lourde.

Un hangar délaissé est de fait aménagé en brasserie et le style est choisi, une bière originale, se distinguant de ses consœurs trappistes. 9 brassages et de nombreuses dégustations permettent l’élaboration de la bière actuelle, amère et épicée, qui obtient très rapidement le logo ATP le 10 décembre 2013. Deux moines participent ici au brassage de la bière.

Nico et Lydia

Nico et Lydia

Pas d’espace de dégustation à l’abbaye. La bière, destinée essentiellement au marché belge et néerlandais, est servie dans les différents cafés de la région. C’est à quelques centaines de mètres du monastère que nous avons trouvé notre bonheur, dans une ambiance un peu surannée mais bien plus conviviale que beaucoup des espaces trop modernes aménagés dans la plupart des abbayes…

Une  bière de Zundert, servie dans son joli verre, en guise de digestif donc, et nous reprenons la route pour sa grande sœur néerlandaise, l’abbaye de Koningshoeven à Tilburg.

Ceux qui ont suivi ont déjà compris que les liens entre abbayes trappistes sont nombreux et que les mêmes noms reviennent donc fréquemment dans leur histoire.

Vous vous souvenez ainsi que les moines du Mont des Cats, craignant leur expulsion de France, avaient, via Koningshoeven, participé à la fondation de Zundert.

Si vous l’avez oublié reprenez plus haut, en prenant des notes, et soyez attentifs bon sang!

 

Donc, avant de fonder Zundert, les moines du Mont des Cats qui craignent pour leur survie depuis la fin du XVIIIe siècle avaient déjà fondé un monastère aux Pays-Bas, près de Tilburg, l’abbaye de Koningshoeven (les «fermes du roi», car implantée sur une ancienne métairie fondée par le futur roi Guillaume II en 1834).

L’année 1881 est l’année officielle de fondation de cette abbaye. Si elle n’abrite finalement pas les moines français qui échappent à l’exil, elle connaît sa propre expansion.

Mais comme chez sa voisine précédente le sol est pauvre. La décision de brasser est par contre bien plus rapide (et pour cause, le père Nivard, premier supérieur de l’abbaye, est né dans une famille de brasseurs à Munich). Dès 1886 un premier brassin réussi sort des cuves néerlandaises.

Pourtant, sans vouloir trop noircir le tableau, Koningshoeven va connaître un long siècle de turpitudes brassicoles, produisant longtemps des breuvages très médiocres pour d’autres comme pour elle, préoccupée constamment par sa survie.

C’est en effet vers des bières de basse fermentation (Munich vous disait-on…) que l’abbaye se tourne sous l’appellation de la brasserie «De Schaapskooi» (la bergerie).

Parmi les déboires ou productions peu glorieuses, indiquons ainsi que la cuvée destinée à l’Exposition Universelle d’Anvers en 1895 s’est avérée imbuvable, que de la limonade est produite entre 1951 et 1969 pour gonfler la trésorerie, qu’en 1952 la brasserie signe un contrat avec De Spar, une chaîne de supermarchés vendant de la bière à prix réduits pour qui elle brasse une brune sucrée à 3,5% et une Pils à 5%…

La brasserie cherche également à recruter des clients sous contrat. En 1969 elle possède ainsi plus de cent cafés dans tout le Brabant tenus d’acheter ses produits.

Mais en 1969 la brasserie est tout de même exsangue. Elle tombe alors sous la coupe du groupe belge Artois qui s’avère surtout intéressé par les cafés sous contrat…

La brasserie De Schaapskooi  sert alors à brasser des sous marques. A partir de 1976 elle est même arrêtée et les locaux ne servent plus que de dépôt.

Le contrat avec Artois est rompu en 1979, les installations de la brasserie commencent à être démantelées, mais c’est de cette quasi disparition que va renaître une production (enfin) de qualité.

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Car les moines décident de racheter une partie des installations et la brasserie survit.

En parallèle une vraie réflexion est menée sur le marché de la bière et la communauté relève l’engouement des consommateurs pour les bières spéciales.

Si les réticences des moines novices, rechignant à brasser eux qui ne sont pas entrés dans les ordres dans ce but, doivent d’abord être surmontées en promettant de limiter la production comme chez Westvleteren, les premiers brassins sont produits dès 1980.

Changement majeur : on passe à la fermentation haute en produisant une bière nommée La Trappe, appellation existant déjà depuis 1958.

Il est d’abord difficile de convaincre les consommateurs, associant la production aux Pils de mauvaise qualité… et la brasserie recommence à brasser pour d’autres, y compris pour Chimay entre 1986 et 1992, mais aussi pour Heineken pendant 10 ans.

Malgré le label ATP obtenu en 1997, les moines de Koningshoeven signent une convention de collaboration avec Bavaria en 1998, entraînant le retrait du label ATP jusque 2005.

Depuis des moines travaillent plusieurs heures par semaine à la brasserie. Le brassage proprement dit est confié à la Bierbrouwerij De Koningshoeven BV, une filiale indépendante à 100% de Bavaria. Il faut avouer qu’on saisit assez mal les liens entre Bavaria et l’abbaye, même en lisant Jef Van de Steen.

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Disons que ce partenariat s’inscrit dans une longue tradition de l’abbaye pour trouver des débouchés et assurer son existence, ce qui n’en fait pas la plus « pure » des trappistes, mais nous permet de savourer quelques breuvages de qualité parmi le large choix à la pression dans le « local de dégustation » jouxtant l’abbaye. Mention spéciale pour la Trappe Quadrupel, qui fête ses 25 ans cette année et que nous classons à l’ABBET parmi nos trappistes préférées.

Hervé

Sans faire honneur à toute la carte, cette étape entretient la bonne ambiance dans notre groupe ! Après un passage par la riche boutique de l’abbaye et un pique-nique entre les gouttes, c’est en chansons que se fait la route jusqu’à nos hôtels respectifs, à Herselt pour Didier, Lydia, Dominique, Hervé, Marie-Jo et Jean-Pierre, à Westerloo pour Nico, Manu, Oliv et Max.

Si les premiers ont loué le confort des chambres et la qualité du petit-déjeuner, les seconds se sont appliqués à découvrir la gamme intégrale des bières Tongerlo brassées à 2km de leur auberge. Infidélité passagère aux bières trappistes qui ne les laissa que très moyennement convaincus mais permis des fous rires mémorables dont ils vous reparleront à l’occasion…

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DE NOUVEAU LA BELGIQUE

Et nous revoilà donc en Belgique, où la trappiste sera désormais présente dans nos verres et nos assiettes!

Symbole de cette plongée dans la gastronomie locale, notre première étape dans la jolie ville de Rochefort où le restaurant la Gourmandise nous a concocté un alléchant menu à base de Trappiste Rochefort.

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Mais notre découverte avait commencé un peu plus tôt dans la matinée, en nous rendant bien entendu à l’abbaye Saint Rémy.

Elle est aussi belle et le cadre aussi plaisant que sa bière est savoureuse.

Fondée par des moniales au XIIIe siècle, l’abbaye Notre Dame de Saint Rémy (ce dernier patronyme renvoyant en fait au nom de l’église paroissiale du village voisin de Falen, disparue en 1660) voit au milieu du XVe siècle ses moniales s’éloigner fortement de l’idéal bénédictin et accumuler les dettes.

L’ordre de Cîteaux décide alors en 1464 d’implanter à Rochefort une communauté masculine, gage de rigueur ( !) et les religieuses partent à Félipré.

La Révolution française a détruit une partie des archives de l’abbaye, on sait toutefois qu’en 1595 on y brasse déjà à coup sûr. Mais pas encore de bière trappiste vous vous en doutez !

L a Révolution ruine et détruit l’abbaye, vendue comme bien national en 1805.

Après avoir connu plusieurs propriétaires, elle est achetée en 1886 par Victor Seny, aumônier de l’armée à la retraite qui rêve de fonder une abbaye et d’en devenir abbé.

Les moines d’Achel se laissent séduire et la nouvelle abbaye est fondée en 1887.

Au début du XXe siècle le travail manuel reprend, les moines produisant notamment du fromage et du pain. Mais les moines d’Achel brassent, et ils comptent bien faire de même à Rochefort!

S’ils se fournissent d’abord chez les abbayes voisines (chez Chimay notamment, dont la bière est destinée aux patients de l’abbaye afin qu’ils reprennent des forces!) les premiers brassins, médiocres, inégaux et très artisanaux, commencent à être bus en 1899.

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En 1911, la production commence à s’améliorer et les premières brunes de Rochefort apparaissent.

La guerre ne compromet pas la production, du moins jusqu’en 1917, date à laquelle l’occupant allemand interdit les bières titrant plus de 3%. Elus pour «civiliser le monde» disait le Kaïser… mouais mouais…

La brasserie connaît un grand essor dans les années 1920.

En 1924, le père abbé reçoit la croix de l’agriculture et remercie les moines de leurs efforts en leur distribuant «deux œufs, un cigare, et une bouteille de la meilleure bière».

La brasserie continue à tourner également pendant la Seconde Guerre Mondiale, même si le malt est parfois remplacé par des betteraves broyées et séchées!

Elle occupe ensuite une part de plus en plus importante des revenus de l’abbaye.

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La Rochefort «merveille» apparaît en 1950, mais c’est à l’époque Chimay qui vient sérieusement concurrencer Rochefort.

Solidarité monacale oblige, Scourmont apporte alors une aide à Notre-Dame-de-Saint-Rémy afin de l’aider à se moderniser et à faire face… à sa propre concurrence ! C’est à Scourmont que les moines de Rochefort partent ainsi améliorer leurs techniques brassicoles.

La Rochefort «trappiste» est mise au point en 1953, la Rochefort «spéciale» en 1955.

La trilogie est alors née. En 1960 ces appellations disparaissent et laissent place aux capsules bleues, rouges et vertes et aux actuels numéros.

Jusqu’en 1993, en l’absence d’étiquette, il n’était plus possible d’identifier autrement qu’en la goûtant une bouteille de Rochefort décapsulée. Dur.

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Nous sommes arrivés à l’abbaye en pleine messe de la Pentecôte.

Croyants ou pas nous avons pu apprécier la sérénité des lieux et la qualité de la messe chantée comme, clin d’œil amusant, le roi des Belges Philippe, en résidence dans la région et en visite presque incognito pour l’office.

Ce n’est pourtant pas lui mais bien les superbes cuves en cuivre rouge que nous nous sommes efforcés d’apercevoir à travers les vitraux de la « cathédrale », vraisemblablement la plus belle salle de brassage de Belgique.

Pas de visite à la source Tridaine, faute de temps car les ripailles nous attendaient. Elle fera l’objet d’une promenade ultérieure ! Et heureusement que nous avons hâté le pas car le repas fut long et nous arrivâmes à Orval juste à temps pour découvrir les ruines de l’ancienne abbaye…

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Si les dégustations effectuées sur place n’ont pas emporté la même franche adhésion qu’à Rochefort, la beauté des lieux a par contre suscité elle l’enthousiasme.

Il faut dire que l’Orval a une saveur inimitable assez clivante et l’Orval vert ou l’Orval vieux ne peuvent pas laisser indifférents…

Pour ce qui est de la belle abbaye d’Orval, les bâtiments que nous admirons aujourd’hui n’ont toutefois rien à voir avec la fondation initiale, fort lointaine puisqu’elle remonte à 1070.

En 1132 elle devient la 53e abbaye à intégrer le tout jeune ordre cistercien, du vivant donc de Bernard de Clairvaux.

La vallée d’or (Aurea  Vallis) est baptisée ainsi par la comtesse Mathilde en 1076. Enfin, c’est ce que prétend une des versions  de la légende reprise encore aujourd’hui par l’étiquette du divin flacon : une truite amène dans sa gueule l’alliance de la jeune veuve, perdue par mégarde dans la fontaine de l’abbaye. «Vraiment, c’est ici un Val d’Or!» se serait-elle alors écriée…

La source Mathilde servit sûrement à produire de la bière dès le XIIIe siècle, mais ce sont surtout des preuves d’exploitations viticoles que l’on a au Moyen-âge sur les terres abbatiales.

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On trouve la mention d’une activité de brasserie dans une description de 1726 rédigée par l’abbé de Saint-Pierremont.

Mais l’activité cesse le 23 juin 1793. Les troupes révolutionnaires françaises y pénètrent et la mettent à sac. Les sept siècles d’histoire de l’abbaye d’Orval prennent alors fin.

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Les intempéries, les « pillards » qui utilisent l’abbaye comme carrière de pierre transforment le lieu en ruines…non dénuées de charme !  Et, romantisme oblige, elles attirent au XIXe siècle des visiteurs célèbres, comme en témoigne le dessin ci-dessous, réalisé en 1862 par Victor Hugo exilé en Belgique (source BNF, Manuscrits NAF 13453, fol 28) :

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En 1926, le propriétaire des lieux restitue le domaine à l’abbaye de la Grande Trappe, la reconstruction commence immédiatement.

L’abbaye de Sept-Fons (Auvergne) est alors à la recherche d’un lieu de retraite pour une partie de ses moines rentrant du Brésil où leur fondation  n’a pas été couronnée de succès. Dès 1926 le lieu lors est confié et les moines s’y installent en 1927.

Les 20 ans qui suivent ne sont qu’un immense chantier, financé par des ventes de timbres poste à surcharge, des appels aux dons, les tickets de visite des ruines de l’ancienne abbaye, les recettes d’une loterie organisée lors de l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1935…

La nécessité de trouver des sources de revenus réguliers s’impose également.

Un temps envisagée, la vente de l’eau de la source Mathilde est heureusement oubliée pour laisser place au brassage d’une première bière en 1931 dont l’objectif est uniquement de générer des fonds pour reconstruire les bâtiments. Et, détail surprenant, c’est avec des fonds laïcs que cette brasserie est bâtie. C’est la SA Brasserie d’Orval dont les 150 parts de 1000 francs sont souscrites par une dizaine «d’Amis d’Orval». Depuis 1987 toutes les actions ont été rachetées par l’abbaye.

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La SA vise donc dès le départ des objectifs commerciaux et développe ses ventes à grande échelle. La bière d’Orval est la première bière trappiste distribuée à l’échelle nationale. La stratégie commerciale passe également par le dessin du verre calice et le flacon conique toujours utilisés.

Une exception toutefois pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Là encore l’occupant demande à ce que le titre alcoolique soit baissé à 1,5%, et, par pénuries de bouteilles brunes, la brasserie se rabat sur des bouteilles vertes, fort peu populaires. Retirées rapidement du marché elles ne servent alors qu’à contenir la bière de table jamais mise en bouteille auparavant. Voici née l’Orval vert…

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Anecdote amusante, quand le professeur Declerck devient le conseiller d’Orval en 1952, il modernise la brasserie et renforce considérablement l’hygiène en instituant la désinfection complète des cuves.

Il provoque alors la disparition du Bierstein, un dépôt calcaire poreux qui permettait le développement de levures sauvages donnant son goût un peu aigrelet à la bière. La bière brassée n’est plus de l’Orval!

Il faudra fastidieusement rechercher qu’elles étaient ces levures pour pouvoir cette fois les réintroduire volontairement au breuvage et lui rendre ses qualités gustatives incomparables…

 

Peut-être le savez-vous, les capacités de production maximales sont aujourd’hui atteintes à Orval.

L’abbaye a refusé de délocaliser sa production (label ATP et conception du travail monacal obligent), la bière se fait donc parfois rare pour les amateurs du monde entier et toute publicité et recherche d’expansion a cessé depuis 2010, comme le développement des cafés «ambassadeurs Orval» d’ailleurs.

Piquons pour finir cette citation par Jef Van de Steen d’un article de l’Elseviers weekblad du 18 juillet 1959 : «Quelques bières d’abbaye, celles des trappistes et celle d’Orval (la mention Trappist Ale ne figure sur l’étiquette que depuis 1980) mènent l’humanité souffrante à l’état de grâce».

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Plus léger, notre dîner laissait encore la part belle à la bière et au fromage d’Orval, et nous voici en route pour notre hébergement du soir, la Grange aux bois à Warcq, près de Charleville Mézières.

Malgré quelques imbroglios sur les chambres, ce fut un grand moment!

3 magnums de Rochefort 8 à la main, nous convions nos hôtes à un verre de l’amitié…qui ne fut pas le dernier de la soirée.

Rejoints par une fine équipe d’étudiants célébrant la fin des examens, guitares, ukulélé, chanson française et carnaval de Dunkerque se succédèrent une grande partie de la soirée et de la nuit, et les canettes de la Petite Brasserie Ardennaise (PBA) prirent le relai des flacons rochefortois trop vite épuisés.

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Comment ne pas passer une formidable soirée en si bonne compagnie ? Encore mille mercis aux amis ardennais pour cet accueil exceptionnel.

 

C’est tout de même beaux et fringants que nous reprîmes la route lundi matin, attendus à midi pour déjeuner le Graal à la main. Et oui, c’est par Westvleteren que notre périple s’est achevé.

 

Westvleteren. Nous en avons déjà beaucoup parlé ici, mais pas de doute, quand on voit les sourires des visiteurs et le nombre d’entre eux posant fièrement cartons de bières en main pour la photo, on réalise qu’on n’est pas dans un lieu tout à fait commun, même si l’auberge d’In de Vrede n’a rien de très chaleureux depuis qu’elle a été rénovée. Mais bon, pour en savoir plus sur l’ancien troquet il faudra consulter Hervé et Jean-Pierre…

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Le site de l’abbaye est donné au IXe siècle par un paysan aux moines de Sithiu, la future abbaye Saint Bertin de Saint-Omer! Voilà qui peut choquer, réunir dans la même phrase un site produisant l’une des meilleures bières du monde et un autre dont les productions brassicoles sont une insulte à la zythologie…

Les communautés religieuses se succèdent sur le site dédié à Saint-Sixte, qui se développe et se bâtit  sous l’impulsion d’une communauté d’ermites au XVIIe siècle. Mais l’empereur d’Autriche Joseph II fait fermer et raser Saint Sixte en 1784.

C’est un laïc, Jean-Baptiste Victoor, qui fonde en 1831 une nouvelle abbaye, accueillant alors des moines… de l’abbaye du Mont des Cats bien sûr!

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En 1836, deux moines de Westmalle cette fois arrivent à Westvleteren. En 1850 ce sont des moines de Westvleteren qui cette fois quitteront les lieux pour aller fonder une communauté près de Chimay… avant que d’autres ne partent en 1860 pour le Canada. Cette communauté finira bien plus tard, en 1950, par s’implanter dans le Massachussetts, à Spencer…

Mais revenons à Saint Sixte.

Lors des travaux de construction, l’habitude est prise de verser deux verres de bière aux maçons dans la journée. Dépense lourde, puisque l’abbaye décide finalement de construire sa propre brasserie en 1839, très probablement sous les conseils avisés de Westmalle.

A partir de 1877 la brasserie devient une source de revenus pour l’abbaye qui vend une partie de sa production.

La première guerre mondiale va étonnamment contribuer à la prospérité de cette brasserie. Un cantonnement militaire et une cantine britannique installés à proximité font exploser la production!

La construction d’une nouvelle abbaye, l’ancienne étant vétuste, à partir de 1928 fait de l’augmentation des revenus de la brasserie une nécessité.

Aux 4, 6 et 8, vient s’ajouter une Westvleteren 12 en 1940.

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Mais en 1945 l’abbé Girardus décide de cesser les activités commerciales de l’abbaye et de ne plus «brasser que pour leur propre usage, pour les clients du monastère et d’effectuer de temps en temps un brassin de bonne bière pour les parents et les bienfaiteurs». Décision approuvée par le conseil car paraissant plus dans l’esprit de l’ordre.

Regrettable pour les amateurs de bière, cette décision se comprend en effet au regard de l’engagement monastique. Aujourd’hui encore les moines de Westvleteren goûtent peu la frénésie qui entoure leur production et qui les éloigne de leur vie spirituelle en les réduisant souvent au seul rôle de brasseur…

Depuis lors la bière n’est plus vendue qu’aux seuls particuliers qui se rendent à l’abbaye et à l’auberge d’en face, propriété des pères.

Vous le savez sûrement, mais dans la foulée Evariste Deconinck, fromager du Refuge Notre-Dame de Saint Bernard à Watou obtient le droit de brasser selon la recette des moines et de commercialiser sa production. Vous ne lui trouvez pas un petit goût de Westvleteren 8 à la Saint Bernardus 12 ?

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Et pourtant, malgré ces restrictions drastiques, dès 1960 déjà l’abbaye fait régulièrement face à la pénurie.

Si la production a été modernisée et accrue régulièrement depuis, le principe de vente n’a jamais changé, à l’exception des ventes de 2010 et 2012 pour financer la réfection de bâtiments monastiques.

L’engouement a été un peu maîtrisé depuis que la Westvleteren 12 a été élue plusieurs fois meilleure bière du monde par le site Ratebeer, distinction que semble t-il bien des amateurs lui décernaient déjà depuis des décennies.

Cette vente «au compte-goutte» contribue au mythe ! Elle nous fait ressentir une profonde satisfaction quand nos commandes arrivent à table, elle nous donne le sourire quand des caisses de 6 bouteilles sont en vente à la boutique et que nous repartons, comme ce lundi de Pentecôte et comme tous nos voisins, les bras chargés des précieux flacons…

 

Et nous voilà à la fin du voyage.

 

Certains ont découvert les sites voire les bières pour la première fois.

On peut affirmer qu’ils en sont rentrés réjouis!

D’autres revenaient sur des lieux et des breuvages connus.

Mais le plaisir fut de nouveau là!

Nous avons passé trois excellentes journées, grâce à la grande valeur des membres de notre groupe qui ont mis leurs qualités et leur bonne humeur au service de ce Trappist Tour 2016.

 

Nous repartirons!

En 2017 peut-être.

Différemment, en découvrant d’autres lieux, en s’efforçant de nous adapter aux impératifs de ceux qui aimeraient nous rejoindre mais n’ont pu être des nôtres cette année.

 

On a déjà hâte d’y être.

A bientôt sur la route!

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L’Abbet s’est procurée de la Westvleten XII, on vous explique comment

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Notre exploit relève sans doute du coup de bol plus que du parcours du combattant. Alors que certains amateurs de cette bière, à l’instar de Flip et Leon, venus des Pays-Bas pour acquérir le précieux élixir, ont passé plus de 300 appels avant qu’un interlocuteur ne décroche à l’autre bout du fil, l’Abbet n’a eu qu’à passer quatre coups de fil avant de parvenir au Graal. Mais avant de brandir le téléphone, mieux vaut savoir quand et où appeler. C’est là que l’affaire se corse.

La quête

Plusieurs sites ont beau nous indiquer le numéro de téléphone de l’abbaye (+32 70 21.00.45), rares sont ceux à préciser les dates auxquelles la ligne est ouverte, et pour quelle Westvleteren. A force de recherches, nous sommes tombés sur LA page à garder dans ses favoris : l’agenda des commandes mis à jour par les moines.

A gauche, les horaires de réservation (en général le matin). A droite, ceux de retrait. A préciser qu’une fois au bout du fil, il vous est impossible de choisir la date et l’heure de retrait : toutes deux vous sont imposées. Idem pour le nombre de bières : deux casiers de 24 bouteilles par personne. Pas plus, pas moins.

Là, il ne reste plus qu’à appeler et à croiser des doigts pour que quelqu’un décroche et que la date et l’heure de retrait correspondent à vos disponibilités. Pour nous, c’était le cas. Et heureusement, nous avions au préalable noté sur un carnet le numéro de notre plaque d’immatriculation, elle aussi demandée lors de la réservation.

Un empêchement ? Inutile d’essayer d’appeler pour modifier votre date de retrait. Il faudra patienter jusqu’au prochain appel et à la prochaine vente.

L’obtention du Graal

En général, le retrait se fait durant la semaine qui suit la commande, au drive qui longe l’abbaye quand on vient de Watou ou de Popperinge. La file n’est pas trop dense, puisque chacun respecte les horaires de passage. Contre un mur, des dizaines de caisses en bois estampillées Westvleteren patientent. Un laïc vous accueille et vous aide à les déposer dans votre coffre. Il vous donne un ticket. Dessus, une mention précise qu’il est interdit de revendre ces bières.

Photo Abbet

Au drive-in près de l’abbaye de Saint-Sixte

On passe alors au guichet, comme dans les célèbres drives d’une chaîne de fast-food américains. Mais là, c’est un moine qui nous accueille et nous fait payer l’addition. Pour deux caisses de XII, 108 euros. Avec les consignes des deux caisses en bois et des bouteilles (24 euros au total), à rapporter en état à l’abbaye lors de la prochaine commande.

Désormais, il faut attendre 60 jours avant de pouvoir rappeler l’abbaye. Aucun des appels passé avec votre numéro de téléphone n’aboutira avant cela, et le coffre de votre voiture devra se contenter d’autres trappistes. Le temps de déguster les breuvages de l’abbaye de Saint-Sixte, ou de les laisser vieillir pour ceux qui lui préfèrent un goût plus sucré.

Y a des trappistes dans le Ratebeer !

Sans titreEt voilà, les amateurs de bières du monde entier ont rendu leur verdict 2015.

Pardon ? Vous ne connaissez pas Ratebeer ?

Oups, une mise au point s’impose alors.

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Ratebeer, c’est un site Internet (www.ratebeer.com), lancé par Joe Tucker, un Californien, il y a près de 20 ans. Son principe est aujourd’hui simple : vous vous inscrivez et à chaque fois que vous dégustez une bière vous vous connectez pour la décrire et la noter.

Chaque bière se voit ainsi attribuer une note qui dépend du nombre d’évaluations, de celle reçue également par la brasserie, de l’expérience de la personne donnant la note (un nouveau membre compte moins que celui qui commente sa 100e bière sur le site).

Si son fondateur affirme ne pas chercher le profit, son site a une influence grandissante. 1,4 millions d’internautes s’y connectent chaque mois. Et qui a nommé la Wesvleteren XII meilleure bière du monde ? Et bien le classement Ratebeer.

Alors qu’on mette les choses au point tout de suite : il y a bien des critiques et des remises en cause à faire du classement général comme des classements particuliers.

Avant tout la surreprésentation des bières et des dégustations états-uniennes, qui tiennent à l’origine du site. Mais bon, comme c’est bel et bien une trappiste qui trône en haut du classement, on veut bien en parler ici.

Du classement général 2015 d’abord, tous styles de bières confondus.

Innovation

Cette année, Ratebeer a innové. Ils ont organisé un festival, une grosse soirée, et ils ont nommé 100 bières comme étant les meilleures du monde. Pourquoi pas. C’est plutôt malin, comme l’est ce principe de notation collective.

Parmi celles-ci (données par liste alphabétique), on trouve alors les Rochefort 8 et 10, ainsi que les Westvleteren 8 et XII. On notera tout de même la présence de 71 bières états-uniennes dans les 100…

Ensuite, si on cherche un classement plus précis, il faut chercher par catégorie. Rapide pour nous, puisque nos trappistes chéries ne figurent que dans une seule du classement 2015 : Belgian Style Strong Ales.

Côté trappistes

C’est la Wesvleteren XII qui obtient la médaille d’or et se classe numéro 1. Mais cette médaille est partagée avec la Rochefort 10 (2e), la Westvleteren 8 (3e) et, pour info, la Struise Pannepot reserva (brassée par De Struise Brouwers à Oostvleteren, ce qui ne s’invente pas !) ainsi que la Saint Bernardus 12. Soyons francs, ce classement provoque chez l’Abbet un début de pâmoison. Quelle belle liste…

Viennent ensuite, médaille d’argent, la Rochefort 8 (10e), puis médailles de bronze la Trappe Quadrupel (13e…derrière la Triple Karmeliet…y a des claques qui se perdent…) et la Chimay bleue (14e).

Un classement intrigant

Ce classement a de la gueule, les 15 bières proposées sont (presque) toutes d’excellentes factures.

Mais ensuite, plus rien ! Plus de bière trappiste dans les autres catégories. Et il faut bien reconnaître que du coup ces classements nous laissent très dubitatifs. Pourquoi? Parce que si on s’intéresse aux classements «en continu» que publie le site, on trouve bien plus de trappistes. Des exemples? D’accord. Cela vous évitera de fastidieuses recherches.

Le 1er février à midi (et oui, ça bouge !). Au classement général, la Wesvleteren XII occupe ce matin la 1ère place (note de 4.43 sur 5, 3529 avis). On opine du chef, néanmoins on ne peut s’empêcher d’y voir un «effet de mode». Pour être plus clair, la Westvleteren XII a contribué fortement à la médiatisation du site Ratebeer. Mise alors sur le devant de la scène, devenue «mythique», les internautes entretiennent cette notoriété renforcée par la rareté de ce breuvage. Mais nous validons, bien sûr !

On trouve ensuite dans ce classement la Rochefort 10 à la 12e place (4.30 sur 5), et la Wesvleteren 8 à la 32e place (4.22).

Dans la catégorie «Dubbel abbey», la Westmalle double se classe 2e, la Chimay rouge 4e, et la Trappe double 26e.

Catégorie «abbey triple» (1ère la triple karmeliet ! Ce qui peut nuancer la suite…) la Westmalle triple est 9e, la Chimay triple 13e, l’Achel blonde 26e. Cette dernière mention le confirme : n’accordez pas d’importance au classement de cette catégorie…

Dans les «Abbaye quadruple» la Westvleteren XII est 1ère, la Rochefort 10 2e, la Trappe quadruple Oak aged 20 (correspond au numéro de brassin de cette bière vieillie en fût) 3e, la 21 8e, la 22 9e, la 19 16e, l’Achel extra bruin est 7e, la Trappe quadruple 17e, la Trappe Quadrupel Quercus Eikenvat gelagerd Batch #1 36e (ça existe çà ???).

En catégorie «Belgian Ale» Orval est 1ère, la Westvleteren blonde 2e, la Trappe Isidor 45e

Chez les «Belgian strong Ale» la Westvleteren 8 est 1ère, la Rochefort 8 5e, la Chimay bleue 11e.

Parmi les blanches… On ne trouve aucune mention de la Trappe Witte.

Bref, jugements douteux, catégories mouvantes, absences criantes…mais tout de même quelques qualités.

D’abord, parcourir ce site est une leçon d’humilité.

Si vous avez l’impression de vous y connaître quand vous arrivez chez votre brasseur, les listes vertigineuses de breuvages maltés que recense Ratebeer.com vous renvoient à votre fragile condition de perpétuel novice en la matière.

Ensuite, passé l’éventuel abattement lié au constat précédent, il vous vient une furieuse envie de découvrir certaines brasseries qui semblent vraiment intéressantes.

Dans le cas du présent rédacteur : la Brasserie 3 fontaines (Belgique), la brasserie Dieu du ciel (Québec), la bière «Révolution au paradis» (brasserie le Paradis à Blainville sur l’eau, en Meurthe et Moselle) ou la «bavaisienne ambrée» de la brasserie Theillier, qui paraît meilleure qu’on ne l’imaginait.

Vous l’aurez donc compris, les classements de Ratebeer sont indicatifs. Mais ils donnent envie de découvrir des bières, et ça, ça nous plaît.