Cet été, participez à la Coupe du Monde des bières trappistes

Que vous suiviez le mondial en Russie ou que vous en ayez raz-le-bol du foot et des non-performances de Grizou, vous avez la possibilité de participer à notre grande Coupe du Monde des bières trappistes.

ABBET STENAY CHIMAY 2017 (158).JPG

Voici les règles :

– faîtes votre équipe type :

Imaginez un repas où vous auriez la possibilité de boire onze bières (pas une de plus). Que choisiriez-vous pour l’apéro, pour l’entrée, pour le plat et pour le dessert ? Attention, vous êtes en budget limité (explication un peu plus loin).

 

Que vaut votre équipe ?

Une fois que toutes les listes de bières sont reçues par la FIT, Fédération Internationale des  Trappistes (date limite : le 31 juillet), des points sont attribués à vos bières choisies :

→ Des points de caractère (/5) : les bières qui ont du caractère sont toujours meilleures mais attention, plus une bière a du caractère, plus elle a de chance de prendre des cartons

→ Des points d’expérience (/5) : il vaut mieux faire confiance à une Chimay bleue, grande classique des trappistes, qu’à une Gregorius

→ Le critère le plus important et le plus objectif : des points de fantaisie. Si votre bière n’est pas choisie par un autre ou si est l’est seulement par un seul autre joueur, son nombre de points n’est pas divisé. Si elle est choisie par deux autres joueurs, son nombre de points est divisé par 2. Si elle est choisie par trois autres joueurs, son nombre de points est divisé par 3. Ainsi de suite…

Petite contrainte pour les gourmands : votre équipe ne doit pas dépasser 75 points.

 

Marquez des buts

C’est là où ça se complique mais ce qui est bien, c’est qu’on peut participer même sans comprendre ce point.

Des matchs sont organisés (calendrier à définir en fonction du nombre de participants).

Vos bières « apéro » et « entrée » représentent votre défense. La bière « apéro » compte double !

Vos bières « plat » et « dessert » représentent votre attaque. La bière « dessert » compte double !

On calcule vos points « défense » et vos points « attaque ». En fonction de la différence entre votre attaque et la défense de votre adversaire, vous marquez plus ou moins de buts.

Comme au football, celui qui marque le plus de buts a gagné.

Attention :

Sur une même ligne (« apéro », « entrée », « plat » ou dessert »), si vous totalisez plus de points de caractères que votre adversaire, vous prenez un carton jaune. Pas comme au football, l’équipe qui prend deux jaunes prend un rouge. Toujours pas comme au football, une équipe prend un but par cartons rouges. Si vous avez bien suivi, une équipe peut prendre deux buts maximum à cause de cette règle.

Si les matchs sont à élimination directe, en cas d’égalité, les équipes qui ont le moins de cartons l’emportent. Si on est toujours à égalité, les joueurs qui auront rendu leur liste plus rapidement seront déclarés vainqueur. Pas de pitié pour les retardataires !

 

Pour les perdants

Si vous perdez, deux possibilités : soit vous n’êtes pas un bon sélectionneur, soit vous n’aviez rien compris aux règles. Pas de problème : en fonction du succès de ce jeu, nous pourrons peut-être le proposer dans d’autres circonstances (championnat de France, Coupe d’Europe, etc.).

 

Alors, envie de participer ? Télécharge et remplis le fichier excel ici:

Fichier à remplir CDM des trappistes

et envoie-le à abbetrappiste@gmail.com avant le 31 juillet mais le plus vite possible (voir les règles précédentes).

 

Dates à retenir :

Un mois de préparation : vous avez jusqu’au 31 juillet pour faire votre liste.

Un mois de compétition : au fur et à mesure du mois d’août, les listes vous seront présentées, le calendrier vous sera communiqué et surtout… les résultats !

 

Première étape :

– Choisis ton système de jeu

2 systèmes sont possibles :

Une bière pour l’apéro, quatre pour l’entrée, cinq pour la plat et une pour le dessert.

Une bière pour l’apéro, cinq pour l’entrée, quatre pour la plat et une pour le dessert.

 

– Choisis tes bières en utilisant le tableau suivant (n’oublie pas de préciser la « ligne » pour le n°6 – voir fichier joint) :

 

Bières Caractère Expérience
Achel blonde 1 3
Achel brune 2 3
Achel Extra blonde 1 3
Achel extra brune 2 3
Chimay triple 3 5
Chimay rouge 4 5
Chimay bleue 5 5
Chimay dorée 1 5
Engelszell Benno 2 1
Engelszell Gregorius 2 1
Engelszell Nivard 3 1
Trappe blonde 3 4
Trappe double 3 4
Trappe triple 4 4
Trapple quadruple 5 4
Trappe oak aged 4 3
Trappe witte 1 3
Trappe bockbier 4 3
Trappe puur 2 3
Trappe Isid’Or 4 3
Orval 5 5
Orval vert 1 1
Rochefort 6 3 4
Rochefort 8 4 4
Rochefort 10 5 4
Spencer Ale 2 2
Spencer Stout 3 2
Spencer IPA 3 2
Spencer Feierabendbier 2 2
Spencer Holiday Ale 3 2
Spencer Monk’s reserve 2 2
Spencer Festive Lager 2 2
Spencer fruit series pamplemousse 2 1
Spencer fruit series pêche 2 1
Tynt Meadow 2 1
Tre Fontane 5 1
Westmalle double 3 5
Westmalle triple 3 5
Westvleteren 6 3 1
Westvleteren 8 4 1
Westvleteren 12 5 1
Zundert 5 3

 

« Le Bien et le Malt »: revue du jeu par l’Assaut

Installée à Bailleul, l’Assaut a pour objectif de vous faire découvrir l’univers des jeux de société toute l’année. C’est elle qui a brillamment animé notre après-midi d’au Coeur du Malt 3 en novembre dernier. Un de ses membres, Guillaume, buveur convaincu de bières Trappistes et participant du Trappist Tour 2017 nous présente aujourd’hui Le Bien et le Malt, un jeu d’Andreas Schmidt et Michal Kiesling. Avec un titre pareil, on ne pouvait évidemment qu’être attentif à ses explications et son avis…

 

Avec un titre brillamment traduit de l’anglais Heaven & Ale par le Bien et le Malt (et c’est bien la première fois que je trouve la traduction d’un jeu meilleure que le titre original), nous comprenons tout de suite le thème de ce jeu paru fin 2017 et pourquoi nous vous en parlons aujourd’hui: nous nous retrouvons à la tête d’un monastère (trappiste?) et sommes en concurrence avec les moines des alentours pour produire la meilleure bière. Alléchant tout ça?

Bien et malt boîte

 C’est un jeu de stratégie de type gestion de ressources (avec des kubenbois) qui demande aussi une certaine dose d’opportunisme. Ce jeu se retrouve dans les boutiques spécialisées dans la catégorie ‘jeux expert’ (entre 35 et 40€), nous vous l’expliquerons donc de manière très brève. Les règles sont très simples à comprendre (cela tient sur 8 pages, exemples compris) mais le jeu prend du temps à être maîtrisé.

 

Les règles

Chaque monastère reçoit son plateau individuel représentant les champs que l’on pourra cultiver. Les tuiles posées sur les parties ensoleillées produiront les meilleurs matières premières qui vous servirons à brasser votre bière, la partie ombragée produira des ressources de moins bonne qualité que vous vendrez pour gagner de l’argent (qui vous servira à payer vos actions sur le plateau principal). Nous pourrons également construire 7 bâtiments dès que ces espaces sont entourés de champs ou de moines.

plateau 1
Sur la gauche, 5 cubes représentants les 5 ressources du jeu (céréales, eau, houblon, levure pour la bière et le bois pour les barils).

Le but et de produire le plus possible ces 5 ressources et d’avancer leur marqueur. Étant donné que vous avez besoin de ces 5 éléments, le score final dépendra de l’emplacement du dernier marqueur de ressource. Si vous avez les ressources pour remplir 9 barils mais que vous n’avez de la levure que pour 7 barils, on considérera que vous avez pu brasser que 7 barils, les autres ressources sont en excédent et seront non comptabilisées. L’expérience de votre maître brasseur servira de coefficient multiplicateur à votre nombre de baril, plus il est expérimenté, plus vous marquerez de points. Outre l’argent, ce ne sont pas les seules façons de marquer des points, nous en parlons un peu plus bas avec le plateau central.

plateau 3

C’est ici que nous allons choisir nos actions. Cela représente un chemin dont nous ferons plusieurs fois le tour selon le nombre de joueurs, le principe du jeu fait que l’on va sur la case de son choix, on ne peut juste pas revenir en arrière. On est alors tenté d’aller chercher loin l’action dont on a à tout prix besoin ou attendre que les autres avancent loin pour amasser tout ce qui reste et finir son tour tranquillement. Les joueurs ne feront donc pas le même nombre d’actions pendant la partie, il faudra prendre des risques ou être patient quitte à perdre des actions intéressantes. Cela nous permet de récolter des tuiles de ressources à planter dans nos champs (on paiera 2 fois la valeur de la tuile si nous plantons dans les champs ensoleillé ou juste sa valeur dans la partie ombragée), de récolter un type de ressources ou une valeur mais une seule fois dans la partie (exemple: récolter ses champs de valeur 5), avoir l’aide de moines (qui travaillent dans les champs et permettent entre autre de récolter les champs adjacents) ou de récupérer un des 12 objectifs du centre du plateau (le premier a avoir rempli ses champs ensoleillés ou ombragés, avoir ses 5 ressources dans des barils, avoir construit un certain nombre de bâtiment identiques ou non, avoir reçu l’aide des 4 moines différents (avec davantage de points pour le premier à réaliser l’objectif, 2 fois moins pour le second).

plateau 2

 

Ce que j’en pense

Le Bien et le Malt est un très bon jeu de gestion de ressources dont le thème nous a tout de suite alerté. Il s’agit davantage d’une gestion de ressources à faire monter sur une ‘piste de score’ que d’un véritable processus de fabrication de bière que l’on peut retrouver dans un ‘beer empire’ par exemple. Voilà l’une des seules critiques que j’avais pu lire avant de pouvoir y jouer, pour certains le thème est ‘plaqué’ sur la mécanique du jeu. Je trouve personnellement qu’on se prend vraiment au jeu malgré le fait que j’aurai apprécié un moment de fabrication de la bière en fin de partie.

Le jeu est tout de même co-signé Michael Kiesling qui est un grand auteur de jeu de société et dont chaque jeu est savamment équilibré. Nous nous retrouvons avec un jeu ayant de l’interaction entre joueurs, dont les tours sont rapides mais qui fait bien réfléchir. Tous les éléments réunis pour que le jeu soit l’un des 3 nommés dans la catégorie experte du Spiel des Jahres (jeu de l’année en allemand), simplement le prix suprême pour un auteur/maison d’édition, synonyme de milliers de vente en perspective. Résultat le 23 juillet.

D’ici là, peu importe le résultat, Le Bien et le Malt sera présent l’après-midi d’Au coeur du malt 4 le 18 novembre, animée par l’Assaut. Pour y jouer il faudra être présent(e) dès l’ouverture pour profiter d’un moment plus calme et pouvoir terminer la partie sereinement (compter 2h de jeu, explication des règles comprises).

 

 

Explication rapide du jeu en français:

https://www.youtube.com/watch?v=drLlwk0sJWI

Les règles et un exemple de partie également en français:

https://www.youtube.com/watch?v=JDW0i51pDe8&frags=pl%2Cwn

Et pour suivre les activités de l’Assaut c’est ici:

https://www.facebook.com/LAssautMeeples/

 

 

La première gorgée de trappiste

greg

Il est 20h30, et la nuit vient de tomber sur Séoul. La journée a été tranquille, après deux semaines intenses, et ce moment de calme bienvenu est parfait pour savourer une Rochefort 8. Elle est à température, ses arômes sont pleinement développés, et le plaisir de la première gorgée fait rapidement place à une certaine volupté. Pour ce goût merveilleux, bien sûr, mais aussi pour les pensées qu’elle ravive : les copains, avec qui je l’ai partagée (et la repartagerai bientôt) de nombreuses fois ; des anecdotes de cette étape, mémorable, du Trappist Tour ; cette petite communauté, aux prises avec un géant industriel pour sauver une modeste source…

Un petit moment de félicité donc, qui laisse songeur, voire méditatif. Aujourd’hui, boire une de nos chères trappistes (ou, par extension, une excellente bière) est assez aisé et reste un plaisir simple. Mais en a-t-il toujours été ainsi ? La découverte n’aurait-elle pas été un petit choc ? En tout cas suffisant pour susciter une réflexion sur ce que nous buvons et le plaisir que nous en tirons ?

Un exemple tendant à le confirmer s’est produit récemment : un ami, d’une nature épicurienne et curieuse, m’a fait part de son désir de découvrir davantage la bière. Ni une ni deux, rendez-vous était pris peu après pour une première soirée de dégustation, une fois les canettes soigneusement sélectionnées. Et bien entendu, quelques trappistes faisaient partie du lot… La soirée commença sous les meilleurs auspices : Le défilé des flacons commença doucement, entrecoupé de commentaires, de questions, et de discussions diverses. Et tandis que le saucisson et le fromage disparaissaient, la gaieté allait croissant. Attention, nulle question d’ivresse ici, les quantités étant adaptées à une dégustation ! Par gaieté, j’entends bien sûr le bien-être lié à un moment de plaisir entre amis… La gaieté, donc, allait croissant, jusqu’à ce qu’il pose son nez, puis ses lèvres, sur un verre de Rochefort 10. Son expression est alors devenue plus grave, me faisant redouter un dégoût de sa part, puis, après un court silence, le verdict tomba :
« C’est vraiment délicieux, ça… ».

Et voilà la discussion relancée avec entrain ! Sur les arômes que l’on y détectait, sur l’influence de la température, sur le dépôt de levure, sur le label ATP, puis sur l’ABBET, les trappist tours, …etc (bien évidemment, je résume, car plein d’imbécilités ont été dites en même temps).

Bien entendu, des soirées de ce type se sont reproduites, et les suivantes sont en préparation. Et les effets ont été rapides chez cet ami en question ! Depuis, à chaque découverte d’une nouvelle bière, il prend un petit moment pour analyser le nez, les arômes, la texture,… Mais si cette étape « technique » peut être utile pour étayer un jugement, l’essentiel n’est pas là. Le plus important est bien sûr le plaisir, et cet ami connaît désormais ses préférences en matière de bières. Face à un choix multiple, il peut donc sélectionner avec plus de facilité celle qui le satisfera le plus. Revers de la médaille, il se plaint de plus en plus plus des jus de houblons locaux, à base de riz, et les délaisse plus facilement…

En conclusion, une consommation légèrement différente d’auparavant : plus critique, mais davantage centrée sur le plaisir…

Pour ma part, le premier « choc » trappiste est survenu il y a un peu plus de dix ans, alors qu’avec un groupe d’amis nous découvrions tout juste la bière. L’un d’entre eux travaillait alors en Belgique et rentrait presque tous les week-ends, en prenant soin de nous ravitailler en nouveautés… C’est à l’occasion d’un de ses retours que je découvris l’Orval, dont le caractère sec et bien amer m’a immédiatement séduit. Depuis, j’y reviens régulièrement avec beaucoup de plaisir, sans jamais m’en lasser, et elle a considérablement influencé mes dégustations : en effet, l’amertume est devenu pour moi un critère particulièrement important lorsque je goûte une petite nouvelle.

Évidemment, ces histoires de goûts restent très personnelles, et ce « choc » peut très bien se produire avec (presque) n’importe quelle bière. Mais le panel de saveurs offert par les trappistes étant maintenant assez large et qualitatif, cela facilite les rencontres…

Et vous ? Y’a-t-il une bière trappiste qui vous ait marqué lors de sa découverte ? Ou simplement que vous appréciez particulièrement ? N’hésitez pas à nous le raconter (vous pouvez envoyer vos récits à abbetrappiste@gmail.com) pour faire partager votre expérience à tous nos lecteurs !

A la vôtre !

La fin de l’histoire ?

Encore un rebondissement dans l’histoire de Rochefort !!! Et espérons que cette fois, ce soit la bonne ! Car en effet, si vous êtes au courant de l’histoire, vous aurez constaté qu’elle traîne en longueur…

Lhoist product

Petit rappel

Depuis plusieurs années maintenant, la guerre fait rage entre l’Abbaye de Notre Dame de St-Rémy et l’entreprise Lhoist. Le motif ? Une source, la Tridaine, utilisée par les moines pour brasser mais aussi par la ville de Rochefort, puisque l’eau qui en jaillit est naturellement potable. Or, cette source est alimentée par une nappe phréatique, à quelques mètres sous la carrière de calcaire (exploitée par Lhoist) qu’il est question d’approfondir. Et pour ne nuire ni à la production de la brasserie, ni à l’alimentation en eau de la commune, un pompage à une plus grande profondeur est envisagé par le carrier avant de creuser davantage. Or, la communauté de Notre-Dame s’y oppose, par crainte de voir la source se tarir ou l’eau perdre en qualité. Ne revenons pas sur les tenants et les aboutissants, nombreux, et déjà développés précédemment sur le site de l’ABBET, et concentrons-nous sur les dernières nouvelles.

Quoi de neuf ?

Souvenez-vous, la loi avait changé en 2016, fusionnant les permis environnementaux et d’urbanisme en un permis unique, que Lhoist a évidemment demandé, et obtenu, rendant caduques les décisions prises auparavant.

MAIS…

Les moines de Notre-Dame ont évidemment protesté, et le Conseil d’Etat (qui doit en avoir marre du débat) a relevé une contradiction, ce qui l’a aidé à trancher :

« On ne comprend pas que la décision attaquée puisse permettre, en ce qui concerne l’eau dirigée vers la galerie Tridaine, de compenser le tarissement de l’eau souterraine potabilisable ou destinée à la consommation située en tête de galerie, par de l’eau souterraine non potabilisable et non destinée  la consommation humaine ».

Conclusion : le permis, délivré le 6 juin 2017 par le Ministre Carlo Di Antonio, est annulé !

La fin, donc ?

On l’espère… Mais probablement pas,  l’entreprise Lhoist disposant encore d’un recours, à savoir la procédure en annulation. Ce qui est certain, en revanche, c’est que cette victoire pour la communauté de Rochefort est particulièrement importante, puisque rien ne semblait pouvoir contrecarrer les initiatives de Lhoist suite au changement de loi… Et même si ce n’est que du temps qu’a gagné l’abbaye, profitons de ce sursis pour nous réjouir de cette nouvelle, et pour l’arroser.

A la vôtre !

Cré Tonnerre: les trappistes ça coule comme une bonne chanson!

Originaire de la province du Luxembourg et plus précisément du triangle Ardenne, Gaume, Lorraine, Cré Tonnerre (le juron préféré du capitaine John Long Silver dans le fameux roman de Stevenson : « L’ile aux trésor » …) a déjà presté plus de 600 fois sur toutes sortes de scènes. De l’arrière-cour des cafés aux locaux scouts en passant par les gros festivals devant des milliers de personnes. Au total plus de 800.000 spectateurs heureux et festifs de tous âges ; du punk déjanté aux fans acharnés. Leurs thèmes ? La mer, oui, mais dès que l’on se retrouve accoudé au comptoir, ça tangue du pareil au même.
Dès lors, Cré Tonnerre chante les aventures extraordinaires de marins perdus au fond de leur verre ; les femmes et les sirènes, si belles et dangereuses; l’amitié; la bière et le rhum dont les effluves se mêlent aux embruns des océans, tout en hurlant aux quatre vents leurs indignations face aux criminels en col blanc, aux pollueurs de tous bords et les déséquilibres du monde.

A l’ABBET, on les a vraiment découvert lors de notre dernier Trappist Tour où on a chanté à tue tête leur titre le plus en adéquation avec notre propre passion: « le p’tit Orval »!

Alors si on n’a pas encore les reins assez solides pour les convier sur nos scènes flamandes, nous nous réjouissons en attendant qu’ils aient accepté de répondre à quelques unes de nos questions.

C’est Patrick, « le flibustier », chanteur et musicien du groupe qui s’y colle.

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Tout d’abord l’Orval évidemment. Vous tranchez une question qui fait toujours débat. Pas de problème pour vous, on dit bien un Orval ?

Bien sur UN Orval, c’est d’ailleurs « bêtement » un truc de Pub, décidé pour  » sortir » l »Orval du lot des autres bières et ça a réussi 🙂

 

Alors certes, les amateurs n’ont pas attendu Cré Tonnerre pour savourer ce breuvage, mais quand même, vous n’avez pas peur d’entretenir la pénurie avec ce titre ? N’est ce pas prudent de boire son Orval en cachette ?

On ne choisit jamais l’inspiration d’une chanson, celle-ci est venue comme ça, d’un coup, l’amour, la mort, le rhum, les femmes et les…breuvages, je ne pense pas que notre petite chanson ait contribué à la soi disant pénurie, ce serait trop d’honneur, mais santé!

 

D’ailleurs savez-vous ce que pense la brasserie de votre chanson ? C’était en fait un moyen de recevoir des caisses à vie ?

Non, nous n’avons eu aucun retour la dessus, ni un mot ni des casiers mais….

 

Avez-vous au moins pu visiter les lieux ?

Non, personnellement oui, mais pas Cré Tonnerre en tant que groupe.

 

On imagine que l’Orval vous accompagne sur scène…ce ne serait pas aussi ça la raison de cet amour de l’Orval ? A 6,2° ça permet d’assurer quand même en concert !?

Ouf les breuvages sont si nombreux, mais c’est vrai qu’avec le temps, on aime avoir un casier dans les loges, simplement pour être sur de ce que l’on consomme ou par superstition va savoir…

 

A l’ABBET d’autres abbayes trappistes nous réjouissent particulièrement. Et vous qui avez joué plusieurs fois à Rochefort, nous avons peut-être des points communs ! Mais vous n’êtes peut-être pas particulièrement consommateurs d’autres trappistes… ? Vous pourriez nous en citer vers lesquelles vont vos préférences ? Ou carrément que vous n’aimez pas ?

Les bières c’est comme les chansons, y en a pour tous les goûts et les couleurs, les trappistes bien sur, comment ne pas les aimer toutes (les belges), Chimay, Rochefort, Westmalle , cela reste savoureux comme un bon refrain après un bon couplet et ça coule comme une bonne chanson.

 

Ce qui est sûr c’est que la bière vous intéresse…au point de faire brasser une blonde à votre nom ! Pourriez-vous nous en dire plus sur le choix du brasseur, la brasserie de la Rulles, qui vous soutient dans ce projet depuis le début ?

La bière Cré tonnerre existe depuis longtemps [2005], c’est d’abord la brasserie de Silly puis, actuellement, c’est avec honneur et plaisir que c’est la brasserie de la Rulles, c’est un magicien qui aime ce qui est bon,  et surtout c’est notre région et ça c’est pas rien.

[Brasserie de la Rulles
Rue Maurice Grévisse 36
6724 Rulles (Habay) Belgique
info@larulles.be
+32 (0)63 41 18 38)

 

On imagine qu’elle va dorénavant vous suivre dans vos concerts. Quel est votre programme pour cette nouvelle année ? Un passage par la France ? On vous a vu il y a quelques années aux bordées dunkerquoises notamment…

Oui la bière sera de la partie comme de nombreuses surprises, un  nouveau Cd , une compilation des 20 ans  avec dedans certains titres inédits, un nouveau spectacle et un nouveau membre tambourinant.

 

Enfin il y a un an vous jouiez au centre d’accueil pour réfugiés d’Arlon, et vous soutenez régulièrement différentes campagnes comme celle du ruban blanc contre les violences faites aux femmes. C’est aussi ça l’ADN de Cré Tonnerre, un groupe festif mais conscient et engagé ?

Effectivement on chante la vie. Si parfois le temps est à la fête, parfois faut aussi regarder ce qui fait le quotidien de ce monde, et c’est pitoyable que des mômes crèvent encore de faim et que les droits des femmes en soient malheureusement seulement là. On chante la fête mais on chante aussi ce qui nous empêche, parfois, de voir le monde en bleu…

 

Cette année Cré Tonnerre fête ses 20 ans au travers d’une compilation deux CDs comptant 39 des chansons les plus emblématiques du groupe, sur les 150 répertoriées. L’album sort le 23 mars.

https://www.cretonnerre.be/

Alors guettez leur passage dans les bars, les festivals ou près de chez vous pendant l’année, et allez trinquer, danser et chanter avec eux!

20 ans Cré Tonnerre

Un immense merci à eux de nous avoir répondu de façon aussi sympathique.