Pierre-Yves Gilles : La Tre Fontane soigne t-elle le coronavirus ? « A priori non. Mais j’espère me tromper ».

Aujourd’hui, nous vous proposons une interview de Pierre-Yves Gilles de Malt & Compagnie à Plabennec en Bretagne. Amateur de bière, il a créé ses ateliers autour du breuvage pour partager sa passion et transmettre ses connaissances en zythologie au plus grand nombre.

Bonjour Pierre-Yves. Peux-tu te présenter rapidement ?

Depuis fin 2019 je propose des ateliers de zythologie à domicile (sur le Finistère) et en visioconférence (sur toute la France). Les ateliers ont des thématiques diverses : découverte, bières de Noël, lambics, … et bien sûr bières d’abbaye.

J’ai consommé de la bière en privilégiant la quantité jusqu’à il n’y a pas si longtemps. Je suis passé de l’autre côté de la Force maintenant, et je me dirige plus facilement vers la qualité. C’est d’ailleurs en faisant un constat que j’ai créé mes ateliers : j’aime la bière, j’en bois pas mal, mais je suis incapable de dire comment c’est fait.

J’ai donc suivi une formation sur Paris avec Hervé Marziou. Je me suis plongé dans les livres et les sites internet et j’ai mis ma micro-entreprise en place.

Qui commande une Wesvleteren 8 ?

Pas grand monde étant donné la difficulté de s’en procurer.

Combien peut-on boire de Picon Chimay bleue ?

Physiquement je dirais 5 ou 6 avant de tomber de sa chaise. Éthiquement je dirais 0

La Westmalle moitié-moitié,  c’est vraiment une bonne idée ?

Non, il vaut mieux en boire une de chaque.

Doit-on boire de l’Achel ?

Oui, même si elle n’est plus trappiste à ce que j’ai compris. Dommage car c’était ma préférée :-/

C’est quoi cet oiseau sur la Zundert ?

Une invention commerciale récente ?

Pourquoi la Trappe Puur est-elle la seule Trappiste bio ?

Ce sont les seuls à avoir eu l’idée ?

Peut-on brasser de la Rochefort à l’eau du robinet ?

Je ne crois pas. L’eau utilisée a certaines particularités qu’il est difficile de reproduire n’importe où.

Faut-il commercialiser l’Orval vert ?

Non, ça laisse un côté mystérieux et inaccessible.

La Smashing pumpking Ale, ça fait vraiment peur ?

Non, puisque je suis un grand fan du groupe.

La Tre Fontane soigne t-elle le coronavirus ?

A priori non. Mais j’espère me tromper.

Qui est le plus fort ? Le père Nivard ou le père Gregor ?

Le père Gregor a une brasserie, je vais donc me diriger vers lui. 

La Cardena existe-t-elle vraiment ?

Selon certains sites spécialisés oui. Mais je n’en ai personnellement jamais vu.

L’abbaye du Mont St Bernard est-elle historiquement condamnée à brasser une IPA ?

Toutes les brasseries le sont…

Faut-il inscrire un moine du Mont des Cats au CFPPA de Douai ?

Je ne crois pas, leur bière est plutôt bonne.

Merci Pierre-Yves, et l’équipe de l’ABBET te souhaite une bonne continuation !

Laissez vous tenter par les ateliers de Pierre-Yves ! Bien que basé en Bretagne, il propose des ateliers de zythologie en visioconférence sur toute la France.

Vous pouvez le suivre sur www.facebook.com/maltetcompagnie

Brasseur s’en va… la bière reste

Claude Brasseur nous a quitté. Pour l’ABBET, son nom reste à jamais un nom spécial. Sans brasseur, pas de bière. Peut-on pour autant affirmer que Claude Brasseur puisse être l’ambassadeur des bières trappistes ? Pas sûr mais… Nous vous proposons un petit tour d’horizon de la carrière du monument des planches et du septième art pour s’apercevoir qu’il s’en est fallu de peu pour qu’il ne soit l’icône des bières trappistes.

Dès les années 60, alors au début de sa carrière, Claude Brasseur se rapproche géographiquement de Chimay puisqu’il joue dans Un clair de lune à Maubeuge (1962) et dans une version de Germinal (1963). Une première approche où il découvre sans aucun doute les bières trappistes belges. 

Il s’en est ensuite fallu de peu que Claude Brasseur interprète un moine trappiste. En effet, il a souvent joué des personnages cléricaux, comme dans Chouchou (2003) où il interprète le père Léon ou dans la mini-série Le juste (1996) où il joue un prêtre qui apprécie beaucoup les boissons alcoolisées. Il faut cependant reconnaître que le décor (Marseille) se prête plus à la boisson préférée du personnage interprété par Brasseur (la Mauresque) mais on sent le potentiel pour se rapprocher de nos bières tant-aimées.  

Quoi qu’il en soit, on peut tous s’accorder à dire que Claude Brasseur a joué des rôles populaires avec des titres qui parlent à tout le monde et que l’on associe aisément à une bonne bouteille (de bière par exemple) : La boum (1980), Le souper (1992), Le grand restaurant (2012), etc. Mais là encore, il faut être conscient qu’aux boums, on consomme plus des bières bon marché que des bières trappistes. Mais si en voyant la trilogie Camping (2006, 2010 et 2016), on a plus envie de se servir un pastis qu’une Trappe, on peut quand même se dire : pourquoi pas une blanche (c’est quand même meilleur que rosé pamplemousse) ? 

Dans La colère du Tigre (2014), Brasseur joue Clemenceau. Le rapport avec les bières trappistes est un peu tiré par la crinière (euh, le Tigre a-t-il une crinière ?) mais il donne la réplique à une certaine Sophie Broustal, qui est née… à Trappes. Le raccourci pour Tilburg est tout trouvé. Et en voyant cette pièce de théâtre, on constate qu’il s’agit de la rencontre entre Clemenceau et Monet, ce qui nous fait tout de suite penser à un autre peintre, Van Gogh, et, sur le chemin de Tilburg, à sa ville natale, Zundert, d’où viennent les excellentes bières du même nom. Enfin, parce qu’une Trappe et une Zundert ne sont pas suffisantes, sachez que cette pièce a été jouée, entre autre, à Yverdon-les-Bains, au théâtre Besson, de son prénom… Benno. Ça ne s’invente pas !

Enfin, ce qui nous pousse à voir Maître Brasseur comme un ambassadeur de nos chères bières trappistes, c’est son duo avec un autre monstre du cinéma. Les films Un éléphant, ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977) réunissent le brasseur et la Rochefort. Brasseur et Rochefort, ces deux noms sont liés à jamais. Alors une Rochefort 6 pour le premier volet, une Rochefort 8 pour le deuxième volet. Dommage que ce ne soit pas une trilogie…

Si la famille Brasseur a choisi ce nom (né Claude Espinasse, il a pris le nom d’artiste de son père, Pierre Brasseur), ce n’est sans doute pas pour rien : il devait certainement y avoir un amour pour la bière donc n’hésitons pas à nous servir une trappiste pour rendre hommage à ce grand acteur. 

Vous reprendrez bien un petit quizz de l’Avent?

C’est parti pour notre calendrier de l’Avent 2020!

On vous rappelle le principe: des photos exhumées de nos archives, sur lesquelles nous avons versé une larmichette pendant les confinements, mais que nous partageons avec vous en attendant le printemps 😉

Et une question à laquelle nous vous demandons comme toujours de répondre en nous envoyant un mail à abbetrappiste@gmail.com.

Vous les avez attendus, les voilà…. Les résultats de notre calendrier de l’avent. Cette année la lutte a été féroce entre deux participants, que nous félicitons tous.

Le grand vainqueur de l’année avec 21 bonnes réponses, sûrement car il a très souvent été des nôtres les 5 dernières années, c’est Olivier!

Bravo à lui, en espérant pouvoir lui offrir une adhésion cette année, ce qui signifierait que nous aurions des projets réalisables…

Ainsi ils sont toujours présents, ils ont une nouvelle fois lutté jusqu’au bout, mais avec 20 bonnes réponses ils arrivent à la 2e place: ce sont Didier et Lydia!

Question du 24 décembre

Pfff… Un petit mois à se creuser la tête tous les matins, mais nous arrivons au terme de notre calendrier!

Il est temps de se reposer…euh, non, de profiter des fêtes!

Enfin, pour ceux qui voudraient imiter nos abbetiens, une petite pause reste possible avant le réveillon…

Et d’ailleurs, pourquoi nos vaillants trappist toureurs sont-ils ici si fatigués?

Vos réponses à partager sur abbetrappiste@gmail.com, et des bisous à partager avec la famille et les amis, à bientôt!

Question du 23 décembre

Alors que nous approchons du terme de notre calendrier, nous nous permettons ici une incartade, mais dans la joie et la bonne humeur!

Regardez nos verres.

Où l’ABBET a t-elle fait une petite entorse à la consommation de bières trappistes lors, pourtant, d’un Trappist Tour?

Vos dernières réponses sur abbetrappiste@gmail.com!

Question du 22 décembre

Bonjour à tous!Nous restons dans les moyens de transport aujourd’hui.

Mais que partent faire ces sympathiques abbetiens trappist toureurs?

Vos réponses encore et toujours sur abbetrappiste@gmail.com!

Question du 21 décembre

Bonjour à tous! Un peu de sport pour commencer la semaine 😉

En effet, l’ABBET aime beaucoup pousser des camions… En voici un 1er témoignage, mais à quelle occasion avions nous pu une première fois chauffer nos muscles?

Vos réponses sur abbetrappiste@gmail.com!

Question du 20 décembre

Allez, toujours un peu plus tard que les autres, voilà l’énigme du dimanche.

Elle est facile, mais elle est belle 😉

Où se trouvent nos charmants trappist toureurs?Et si vous avez envie d’en lire un peu plus sur Servais:https://abbetrappiste.com/…/jean-claude-servais-les…/Bon dimanche!

Question du 19 décembre

Ca y est, les congés débutent!

Pas une raison pour oublier ses devoirs de vacances et ne pas répondre aux questions du calendrier de l’Avent.

Surtout que celle-ci est assez amusante 😉

Où ce sympathique monsieur, totalement inconnu de notre groupe, souhaitait-il apparemment être à jamais immortalisé dans les archives de l’ABBET?

N’oubliez pas que vos réponses sont toujours à adresser sur abbetrappiste@gmail.comBon début de week-end!

Question du 18 décembre

Aujourd’hui on se prend pour la vache qui rit avec une question mise en abime: une photo de photo.

Lors de la visite de quelle « abbaye » (en réalité nous ne sommes pas alors dans les bâtiments monastiques) peut-on observer la photo ci-dessous?

Vos réponses sur abbetrappiste@gmail.com!

Question du 17 décembre

Aujourd’hui question précise! Si vous n’étiez pas présent(e) vous avez donc une chance sur 8…

Quelle bière peut-on déguster dans cette sympathique auberge? Genre au coin du feu en regardant la pluie tomber, ou dehors les pieds dans l’herbe 😉

Question du 16 décembre

Bonjour à tous!
Aujourd’hui une question spécial couvre-feu: à quelle heure cette photo a t-elle été prise?
Un des grands moments de nos dernières années…
Bon courage à tous et vos réponses sur abbetrappiste@gmail.com

Question 15 décembre

Enigme du 15 décembre et visuel toujours! Si notre mascotte s’inspire clairement d’un monstre trouvé dans un manuscrit médiéval, Timothée nous l’a redessinée et nous permet dorénavant de la décliner aisément sur tous nos supports.

Et justement, où trouve t-on le magnifique visuel ci-dessous?

Vos réponses sur abbetrappiste@gmail.com

Question du 14 décembre

Une nouvelle semaine commence sous le signe des souvenirs abbetiens. Avant c’est entendu de reprendre dès que possible nos activités!

En attendant cet horizon radieux, voilà la question du jour. Pourquoi ce très beau visuel est il devenu malgré lui collector?

Toujours vos réponses sur abbetrappiste@gmail.com

Question du 13 décembre

Ça y est ça y est! On poste enfin la devinette du jour. La grasse mat du dimanche quoi 😉

Alors dîtes nous aujourd’hui pourquoi ce concert a failli ne pas avoir lieu…

Sur abbetrappiste@gmail.com bien sûr. Bon dimanche!

Question du 12 décembre

Chers abbetiens bonjour!

Aujourd’hui 9 photos en 1!

Mais pour quelle occasion a t-on réalisé ces planches récapitulant nos activités?

On attend vos réponses sur abbetrappiste@gmail.com, avant 6h comme après 20h, pas de couvre-feu pour notre calendrier de l’Avent 😉

Question du 11 décembre

Bonjour à tous!

Deux lectures de la photo du jour sont possibles.

1: Ca nous gonfle les mesures de restriction qui s’éternisent et la culture qui continue d’agoniser lentement!

2. C’est la 11e question du calendrier de l’Avent: mais que peuvent bien faire ces charmants abbetiens dans cette cuisine????

Puisque le monde culturel continue de se résumer à rester derrière vos écrans, et bien envoyez vos réponses sur notre mail abbetrappiste@gmail.com …

Question du 10 décembre

Il fut un temps où nous arpentions allégrement les terres de Belgique et des Pays-Bas… En voici un témoignage. Ces jours heureux reviendront, et peut-être Guillaume Brioul aura t-il alors une seconde chance…mais pour faire quoi? Que tente t-il sur cette photo?Vos réponses peuvent d’ores et déjà inonder notre boîte mail abbetrappiste@gmail.com !

Question du 9 décembre

Il est vraiment beau ce visuel! Il inaugure une collaboration avec Matendouce qui se poursuit encore aujourd’hui (on a plein de projets!) Mais au fait, à quoi est-il ici destiné?

C’est toujours sur abbetrappiste@gmail.com que nous lirons avec plaisir vos réponses 😉

Question du 8 décembre

Aujourd’hui amis de la poésie et de la beauté, un charmant coucher de soleil qui nous rappelle nos road trip à travers les Flandres pour informer les automobilistes de nos évènements trappistes. Ah les coups de maillets à 22h avec les chiens des fermes voisines en écho!Mais trêve de bavardage, pour quelle édition du Festimalt a t-on planté les panneaux ci-dessous?

Vos réponses encore et toujours sur abbetrappiste@gmail.com

Et à demain évidemment!

Question du 7 décembre

Un nouveau début de semaine en fanfare avec notre quizz de l’Avent! Voici la question du jour: à quelle occasion ce collectif (presque) audomarois a t-il envoyé cette photo à l’ABBET?

Question du 6 décembre

Pas de louanges pour le champion de Flandres du jeu du paquet ce dimanche, mais un dessin sorti des archives, réalisé par Violette et utilisé par l’ABBET…mais pour quel évènement?

Question du 5 décembre

Aujourd’hui, sans flagornerie aucune, une question sur notre président bien-aimé.
Avec qui donc le gaudillo de la route d’Arnèke, le lider maximo du contrôle d’extincteur, le duce des ongleries de château d’eau, l’amin dada du djembé sur poubelle, le petit père de la tarte au zermezeele…. est-il ici en discussion?
 
 

Question du 4 décembre

Non ce ne sont pas les cuves de Rochefort! Ni d’Orval, ni de Westvleteren… Mais alors où se trouvent nos joyeux abbetiens???

Vos réponses arrivent toujours sur abbetrappiste@gmail.com

A demain pour la 1ère question du week-end!

Question du 3 décembre

Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, et dans l’auto ça ne sentait pas le sable chaud. Pourtant, même si vous avez reconnu l’abbaye de Scourmont, cette photo n’a pas été prise dans le cadre de l’ABBET.
D’où la question du 3 décembre! Quel lien entre cette photographie et notre chère association trappiste?
Vos réponses sur abbetrappiste@gmail.com.
Et on offre pas de schokobon Anne! Nous ne cautionnons pas le travail des enfants dans les plantations qui bossent pour Kinder 😉

Question du 2 décembre

Ah là là. Seulement le 2e jour du calendrier et vous trépignez déjà d’impatience depuis deux heures… On vous comprend!

Et on ne fait donc pas durer le suspense: depuis on a trouvé leur nom! Mais quelles soirées ce projet d’affiche allait il lancer en 2015?

Question du 1er décembre: en quoi cet évènement est-il particulier pour l’ABBET?

Une barrique de rouge !

Dans un article précédent, nous avions déjà évoqué le Valdevegon, un vin rouge vieilli par les moines trappistes de Cardeña, en Espagne. Le cas n’est pas isolé, puisqu’à la Wijnstekerij Uelingsheide, la cave vinicole de l’abbaye de Lilbosch (Pays-Bas), pas moins de cinq types de vins sont proposés à la vente.

Cet article n’a pourtant rien à voir avec le vin. Une barrique de rouge, certes, mais c’est bien de bière que nous allons parler. En effet, lors d’un passage bref et inopiné à l’auberge de Potaupré pour déjeuner, puis d’un passage (tout aussi bref et inopiné) à la boutique de l’abbaye, une surprise de taille trônait sur le comptoir : une bouteille de Première (de Chimay rouge, donc) vieillie en barriques de chêne !

Conscience professionnelle oblige, une dégustation est rapidement planifiée avec un ami abbetien.

Premier constat, la bouteille, superbe, est quasi identique à sa sœur bleue. Première différence, la couleur de la sérigraphie, bien sur. Mais surtout, contrairement à la Grande Réserve qui est vieillie en fût, la Première est fermentée en fût de chêne. Une différence qui interpelle au premier abord, mais qui, après lecture du dos de la bouteille, ne change finalement rien. En effet, la mention « une bière exceptionnelle qui a bénéficié d’une triple fermentation et d’une maturation prolongée en barriques » apparaît sur toutes les bouteilles de Chimay vieillies en fût.

Chimay fûts

La famille au complet!

Seule véritable différence, la nature du fût, inconnue : là où la bleue indique une barrique de cognac, de rhum ou de whisky, la rouge indique seulement « chêne français, chêne américain »… Enfin, la date de mise en bouteille, mars 2018, nous montre que la garde est de presque un an au moment de la dégustation.

Dans le verre !

C’est joli… Une belle couleur cuivrée, légèrement trouble, une effervescence très fine, et une mousse crémeuse, très légèrement brune, qui se maintient assez longtemps.

Dans le nez !

C’est prometteur… Même quand elle est encore fraîche. La banane, le sucre et le caramel sont puissants mais harmonieusement mêlés. Un peu en retrait, un parfum d’éthanol, ce qui est surprenant dans la mesure où le titrage est « seulement » de 8 %… Mais cela s’estompe rapidement dès que la bière se tempère. Le bois est, lui aussi, présent, par petites notes.

Dans le gosier !

C’est… inattendu.

Fraîche, on retrouve tout de suite le sucre et le caramel détectés au nez, mais aussi et surtout un arôme (discret) de vieux rhum. Le fût est sans doute en cause(*). Mais cette attaque très sucrée est fugace, et rapidement on retrouve une saveur d’éthanol qui cède, tout aussi rapidement, sa place à l’amertume sèche des houblons. Enfin, une discrète arrière bouche maltée qui s’évanouit assez vite. Une bière très peu équilibrée donc, dont les saveurs se succèdent rapidement avec une intensité décroissante. On reste donc sur une impression finale de… fadeur.

Mais certains objecteront (à juste titre) que c’est une erreur de débutant que de boire une Chimay fraîche ! Nous attendons donc la mise en température patiemment, et en profitons pour avoir un débat de fond sur un sujet extrêmement important, mais impossible de se souvenir lequel dans l’immédiat.

Une fois à température, la donne change ! La saveur (assez désagréable) d’alcool a disparu, et la banane est toujours bien présente au nez. En revanche, une touche acidulée de levures fait son apparition en première bouche. Les houblons, secs et amers, suivent, puis on retrouve le vieux rhum et le bois, ainsi qu’un peu de vanille. Toutes ces notes sont cette fois d’intensités comparables, et donnent une impression globale de légèreté. La bière a donc gagné en homogénéité, à défaut de rondeur, puisque leur succession est toujours nette et assez fugace. Mais surtout, l’arrière bouche maltée que l’on retrouve s’évanouit toujours aussi rapidement. Frustrant…

Et donc ?

Cette Première vieillie en fût partait avec un handicap certain. La Grande Réserve vieillie elle aussi en fût nous avait habitués à une bière réellement exceptionnelle : lourde, capiteuse, charpentée, quasiment à boire en digestif, comme le précisait l’article que l’ABBET lui avait consacré. Qu’on l’aime ou pas, il s’agissait clairement d’une bière hors normes. C’est moins le cas avec cette Première, plus légère, et manquant, en comparaison, de caractère et de rondeur.

Toujours est-il que l’impression globale est légèrement frustrante, même si, dans l’absolu, on est TRÈS loin d’une mauvaise bière. Et puis, une bière peu ronde, dont les saveurs se succèdent et disparaissent aussitôt, n’est-ce pas une nouveauté intéressante pour une Chimay ?

A re-tester sans la bleue en tête ? Ou peut-être avec une garde plus longue ? A ce jour, cette cuvée de mars 2018 semble être la seule produite, et ne se trouver qu’à l’abbaye. Avis aux amateurs, multiplions les dégustations ! Testis unus, testis nullus…

(*) Ceci n’est pas une contrepèterie.

On a goûté la Tynt Meadow et la Zundert 10 pour vous… C’est un régal !

Vous n’êtes pas sans savoir que trois nouvelles bières ont été reconnues trappistes au mois de septembre 2018 : La « Tynt Meadow », brassée à l’abbaye Mount Saint Bernard en Angleterre, la Zundert 10 de l’abbaye Notre-Dame-du-Refuge aux Pays-Bas et la Scala Coeli, de la communauté italienne de Tre Fontane (Rome).

Lors d’un week-end en Zeelande, aux Pays-Bas, alors que nous étions partis à la découverte de la côte néerlandaise, nous avons eu la chance de goûter les breuvages anglais et néerlandais.

Logés à Middelburg, nous entamons une visite de la ville… Rapidement, nous découvrons un bar qui attire toute notre attention, le  Biercafé De Vliegende Hollander. La devanture nous attire. Et nous promet de nombreuses bières à déguster. Nous continuons notre visite en gardant cette adresse en tête, et décidons d’y passer notre début de soirée.

18 h 00. Nous voilà de retour Biercafé De Vliegende Hollander. A l’intérieur, nombreuses bouteilles, ambiance chaleureuse… Bref, tout ce qu’on aime.

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Nous nous installons à une table, scrutons la carte, le bar… Notre œil s’arrête sur plusieurs bouteilles de Zundert. On s’y colle. Notre surprise s’accroît lorsque la serveuse nous précise qu’il ne s’agit pas de la Zundert 8 classique, mais de la nouvelle Zundert 10. Nous nous empressons de commander ce breuvage, avec quelques traditionnelles bitterballen, bien sûr.

La dégustation commence.

A l’œil, la Zundert 10 a une robe marron sombre surmontée d’une fine mousse beige.

zundert10

Au nez, elle dévoile des arômes de malt grillé, de levure, de chocolat et d’épices.

En bouche, elle est gourmande, riche et complexe avec des saveurs de chocolat, de caramel, de malt grillé et de houblon. Sur le long terme, les notes amères se mêlent à une saveur épicée agréable en arrière-plan.

Bref, la Zundert 10, qui titre à 10° d’alcool, est une quadruple qui à notre avis fera le bonheur des amateurs de trappe Quadrupel, une bière parfaite pour les longs mois d’hiver.

Nous finissons de déguster notre bière et nous décidons de faire le tour du bar pour admirer ses murs remplis de bouteilles de bières du monde entier. Nouvelle surprise. Parmi les breuvages exposés, la Cardeña Trappist, bière trappiste espagnole, de l’abbaye de San Pedro de Cardeña.

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Nous nous empressons d’aller voir la serveuse pour commander ce breuvage inconnu de notre palais. Le verdict tombe : c’est la rupture de stock. Voyant notre déception, et comprenant notre attirance pour les boissons trappistes, la barmaid nous propose – innocemment – de goûter une bière anglaise, fraichement arrivée. Un peu dubitatifs, nous lui demandons de nous montrer la bouteille… Et là – quelle fut notre surprise ! -, la serveuse nous apporte la Tynt Meadow ! Ravis, nous n’hésitons pas (et ce malgré le prix…) et commandons la première bière trappiste anglaise.

Nous n’avons plus de bitterballen mais peu importe, la dégustation peut commencer.

La forme de la bouteille de Tynt Meadow est différente de toutes les autres bières trappistes avec une ressemblance troublante avec les bouteilles de Pelfort. Heureusement pour nous, la comparaison s’arrête là !

La Tynt Meadow a une robe acajou, son arôme révèle des notes de chocolat noir et de réglisse. La bière est corsée et équilibre délicatement le goût de chocolat noir, de poivre et de fruits noirs.

Elle se classe dans la catégorie des bières brunes avec 7,4% d’alcool.

Force est de constater que cette première bière trappiste anglaise nous plaît beaucoup. Nous nous empressons de prévenir, non sans fierté, les autres membres de l’Abbet de nos découvertes, laissant ces derniers envieux et pressés de pouvoir goûter par eux même ces nouveaux breuvages.

Au cœur du malt 4, on est monté en puissance avec No stress!

Avec un set plus long qu’initialement prévu, ils ont assuré les No stress pour faire progressivement monter l’ambiance!

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Mais notre public était déjà chaud bouillant, alors il n’a pas tardé à vouloir des danses endiablées 😉

Au final une ambiance comme les adore, festive et chaleureuse à souhait.

Là encore vous retrouverez ci-dessous une grande partie du concert.

Et même si on ne le voit pas, nous on sait qu’on a fait les petits ponts sur Cotton eye joe.

Au cœur du malt 4, on a commencé fort avec N’holl en roulotte

Les voici les voilà, les images tant attendues des moments de folie que nous avons vécus ensemble samedi dernier!

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Pour commencer, vous les connaissiez déjà si vous étiez présents au Festimalt, nous nous réjouissons d’avoir à nouveau accueilli N’holl en roulotte pour ouvrir les concerts de notre édition 2018.

Et comme Bernard était fidèle au poste, vous pouvez désormais retrouver la quasi intégralité de leur concert en regardant les vidéos ci-dessous.

On était bien quand même… 😉

 

La première gorgée de trappiste

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Il est 20h30, et la nuit vient de tomber sur Séoul. La journée a été tranquille, après deux semaines intenses, et ce moment de calme bienvenu est parfait pour savourer une Rochefort 8. Elle est à température, ses arômes sont pleinement développés, et le plaisir de la première gorgée fait rapidement place à une certaine volupté. Pour ce goût merveilleux, bien sûr, mais aussi pour les pensées qu’elle ravive : les copains, avec qui je l’ai partagée (et la repartagerai bientôt) de nombreuses fois ; des anecdotes de cette étape, mémorable, du Trappist Tour ; cette petite communauté, aux prises avec un géant industriel pour sauver une modeste source…

Un petit moment de félicité donc, qui laisse songeur, voire méditatif. Aujourd’hui, boire une de nos chères trappistes (ou, par extension, une excellente bière) est assez aisé et reste un plaisir simple. Mais en a-t-il toujours été ainsi ? La découverte n’aurait-elle pas été un petit choc ? En tout cas suffisant pour susciter une réflexion sur ce que nous buvons et le plaisir que nous en tirons ?

Un exemple tendant à le confirmer s’est produit récemment : un ami, d’une nature épicurienne et curieuse, m’a fait part de son désir de découvrir davantage la bière. Ni une ni deux, rendez-vous était pris peu après pour une première soirée de dégustation, une fois les canettes soigneusement sélectionnées. Et bien entendu, quelques trappistes faisaient partie du lot… La soirée commença sous les meilleurs auspices : Le défilé des flacons commença doucement, entrecoupé de commentaires, de questions, et de discussions diverses. Et tandis que le saucisson et le fromage disparaissaient, la gaieté allait croissant. Attention, nulle question d’ivresse ici, les quantités étant adaptées à une dégustation ! Par gaieté, j’entends bien sûr le bien-être lié à un moment de plaisir entre amis… La gaieté, donc, allait croissant, jusqu’à ce qu’il pose son nez, puis ses lèvres, sur un verre de Rochefort 10. Son expression est alors devenue plus grave, me faisant redouter un dégoût de sa part, puis, après un court silence, le verdict tomba :
« C’est vraiment délicieux, ça… ».

Et voilà la discussion relancée avec entrain ! Sur les arômes que l’on y détectait, sur l’influence de la température, sur le dépôt de levure, sur le label ATP, puis sur l’ABBET, les trappist tours, …etc (bien évidemment, je résume, car plein d’imbécilités ont été dites en même temps).

Bien entendu, des soirées de ce type se sont reproduites, et les suivantes sont en préparation. Et les effets ont été rapides chez cet ami en question ! Depuis, à chaque découverte d’une nouvelle bière, il prend un petit moment pour analyser le nez, les arômes, la texture,… Mais si cette étape « technique » peut être utile pour étayer un jugement, l’essentiel n’est pas là. Le plus important est bien sûr le plaisir, et cet ami connaît désormais ses préférences en matière de bières. Face à un choix multiple, il peut donc sélectionner avec plus de facilité celle qui le satisfera le plus. Revers de la médaille, il se plaint de plus en plus plus des jus de houblons locaux, à base de riz, et les délaisse plus facilement…

En conclusion, une consommation légèrement différente d’auparavant : plus critique, mais davantage centrée sur le plaisir…

Pour ma part, le premier « choc » trappiste est survenu il y a un peu plus de dix ans, alors qu’avec un groupe d’amis nous découvrions tout juste la bière. L’un d’entre eux travaillait alors en Belgique et rentrait presque tous les week-ends, en prenant soin de nous ravitailler en nouveautés… C’est à l’occasion d’un de ses retours que je découvris l’Orval, dont le caractère sec et bien amer m’a immédiatement séduit. Depuis, j’y reviens régulièrement avec beaucoup de plaisir, sans jamais m’en lasser, et elle a considérablement influencé mes dégustations : en effet, l’amertume est devenu pour moi un critère particulièrement important lorsque je goûte une petite nouvelle.

Évidemment, ces histoires de goûts restent très personnelles, et ce « choc » peut très bien se produire avec (presque) n’importe quelle bière. Mais le panel de saveurs offert par les trappistes étant maintenant assez large et qualitatif, cela facilite les rencontres…

Et vous ? Y’a-t-il une bière trappiste qui vous ait marqué lors de sa découverte ? Ou simplement que vous appréciez particulièrement ? N’hésitez pas à nous le raconter (vous pouvez envoyer vos récits à abbetrappiste@gmail.com) pour faire partager votre expérience à tous nos lecteurs !

A la vôtre !

L’abbaye de Scourmont, moteur économique du pays de Chimay

Pour la 1ère fois ce week-end, l’ABBET emmène ses membres à l’abbaye de Scourmont, dont la bière est mondialement connue sous le nom de « Chimay ».

Chimay 1

Pourquoi avoir jusqu’ici évité ces lieux ? Pour les raisons qui reviennent constamment quand on évoque cette bière : une très grosse production (un temps la moitié de la production trappiste mondiale…mais Spencer doit modifier cette proportion), un produit connu de tous, et trouvé partout ou presque.

Il suffit de taper « Chimay » sur un site de vente en ligne pour voir les références proposées couvrir plusieurs pages : bleue, rouge, triple, dorée bien sûr, mais également grande réserve sérigraphiée en 75cl, en jeroboam ou en mathusalem, Chimay vieillie en barrique, coffret trilogie ou quadrilogie avec verre, édition spéciale bouteille de 1956, coffret métal, coffret étui bois, verres, plateau, Chimay spéciale cent cinquante, ouvre-bouteille, casquette, canister métal Chimay bleue, packs de 4 ou de 12, plaque Chimay triple, rouge ou Chimay pères trappistes,  t-shirt, jeu de cartes…

L’espace de dégustation lui-même (l’auberge de Poteaupré) pousse au maximum l’exploitation économique de la bière, sans chaleur et en facturant toute commande au prix fort.

On en oublierait presque que Scourmont brasse d’excellentes bières et qu’abbaye et brasserie ont toujours eut le souci de la population du pays de Chimay. Ce que nous explique une fois de plus Jef Van den Steen dans son ouvrage de référence Les trappistes, bières de tradition (éditions Racine).

 

Un développement constant

 

En effet, l’installation des moines trappistes en 1850 répond au souci du curé de Virelles, un village voisin de Chimay, de développer l’agriculture dans la région pour compenser la perte des emplois dans la métallurgie, ces derniers s’étant déplacés alors vers les nouvelles régions houillères de Belgique.

Ce sont les moines de Westvleteren qui essaiment alors près du Mont des Secours, les religieux de Westmalle ayant refusé à plusieurs reprises les terres proposées par le prince de Chimay Joseph de Riquet. La terre est mauvaise, les marécages nombreux, mais les moines s’attellent à la tâche, extraient 2600m3 de pierrailles, défrichent, et parviennent à aménager une terre agricole satisfaisante…quoiqu’il leur faille une vingtaine d’année avant de récolter de l’orge de qualité.

Une petite laiterie est alors ajoutée en 1859, améliorée les années suivantes.

C’est en 1861 que l’autorisation de brasser est accordée aux moines…qui dès le départ ont l’ambition de ne pas brasser uniquement pour les seuls moines de l’abbaye puisqu’ils construisent en plus de leur brasserie un moulin à farine et un concasseur de malt actionnés par une machine à vapeur.

Le premier brasseur connu est le frère Benoît, qui produit vraisemblablement une bière de fermentation basse…vite remplacée par le choix d’une bière forte, brune de haute fermentation, inspirée apparemment de Westvleteren qui brasse depuis 1839. Elle s’accompagne toutefois d’une bière de table plus légère…qui, longtemps réservée aux moines de l’abbaye, est commercialisée depuis quelques années. Vous trouverez d’ailleurs la Chimay dorée au fût lors de notre soirée Au Cœur du Malt III le 18 novembre.

Les moines décident rapidement de vendre leur bière forte, conditionnée en bouteilles de 75cl.

Ainsi en 1874, Auguste Malengreau, auteur d’un ouvrage sur les couvents de la région de Chimay, indique que « la brasserie, construite d’après les techniques les plus avancées, produit une bière excellente qui jouit d’une grande renommée dans la région, et que les trappistes expédient en quantités considérables vers des régions lointaines. La bière est forte et nourrissante, mais les trappistes ne la boivent pas eux-mêmes. Ils brassent une bière plus légère destinée à leur propre consommation ».

Les médecins et chimistes louent également la production de Scourmont, décrite alors comme « boisson hygiénique, très nourrissante et dépourvue de produits chimiques et de matières premières médiocres, d’une durée de conservation de plus de dix ans » et surnommée « bière de santé ». Le frère Freddy Lebrun va jusqu’à la qualifier de boisson miraculeuse puisqu’il écrit alors « qu’il est prouvé que d’aucuns doivent leur guérison à cette bière ».

En 1871, Scourmont est érigée en abbaye sous le nom de Notre-Dame-de-Saint-Joseph (rebaptisée plus tard Notre-Dame-de-Scourmont).

A partir de 1875 la brasserie produit deux bières : une « bière forte hygiénique » et une « bière forte goudronnée », référence au traitement des tonneaux de bois dans lesquels s’opèrent garde et maturation.

L’aménagement croissant de voies de chemin de fer reliant Chimay aux grandes villes, dont Paris dès 1860, va accélérer la conquête des nouveaux marchés par la brasserie de Forges (le nom exact du village où se situe l’abbaye). Machine à vapeur, équipements de taille, goudronnage des fûts, exportation par le train : c’est sûr, dès le départ les moines de Chimay ont souhaité que leurs bières rencontrent un large public. La situation actuelle n’est que le fruit de 150 ans d’efforts pour produire en quantité et répandre aussi loin que possible les bières de l’abbaye.

Évidement les deux guerres mondiales ont porté de durs coups à la brasserie. Comme beaucoup d’autres les moines n’ont pas d’autre solution que de quitter l’abbaye réquisitionnée par les Allemands en 1942. S’ils louent un temps la brasserie Caignet, sise à Momignies, le village où ils ont trouvé abri, pour brasser leur propre bière, l’état lamentable dans lequel ils retrouvent abbaye et brasserie en 1944 les incite à tout repenser dans le processus de production. Avec le précieux concours du professeur Jean Declerck de la Haute école de brasserie de l’université de Louvain, auteur en 1948 d’un Cours de brasserie en 2 tomes, et conseiller de Scourmont jusqu’à sa mort en 1978.

Les moines commencent par isoler la cellule souche de la levure que la brasserie utilise toujours actuellement. Ils investissent ensuite dans des cuves carrées en inox et montent un laboratoire de contrôle du brassage.

Le premier résultat ne tarde pas : la Chimay rouge est soutirée dès 1948 par la nouvelle chaîne d’embouteillage automatisée. Cette cuvée est lancée à l’époque de Pâques.

C’est donc logiquement à Noël qu’apparaît l’année suivante la Chimay bleue, d’abord réservée à cette période de fête puis brassée toute l’année dès 1954. Pour l’occasion est alors créée une 2e salle de brassage avec des réservoirs de 175 hectolitres.

La Chimay « blanche» apparaît en 1966, et les perfectionnements techniques ne s’arrêtent plus, permettant des bénéfices toujours plus importants, et en tout cas nettement supérieurs aux besoins de la communauté monastique.

Chimay 2

 

Faire vivre le pays de Chimay

 

Dilemme donc, car l’activité peut nuire à la vie monastique, mais la santé florissante de la brasserie est une exception dans une région économiquement sinistrée.

En 1974 alors les moines décident de profiter du changement de leur chaîne d’embouteillage pour déplacer l’atelier d’embouteillage mais également les services commerciaux et administratifs en dehors de l’abbaye, et pour les confier à une nouvelle société indépendante du monastère, la SA Bières de Chimay. Dit autrement, les moines ont été dépassés par un succès qu’ils ont néanmoins tout fait pour provoquer. Mais en implantant leur nouveau site à Baileux, à 10km de l’abbaye, ils permettent une recrudescence de l’emploi dans la région.

Dès lors le choix du volume est assumé sans états d’âme. 3 brassins par jour dès 1983, une nouvelle modernisation en 1996 portant la capacité des cuves à 250 hectolitres.

Aujourd’hui la Chimay est exportée dans plus de 40 pays (environ la moitié de la production de 175 000 hectolitres/an), 70 personnes travaillent pour la SA bières de Chimay, et le volume produit continue d’augmenter de quelques % chaque année, d’autant que depuis 2011 c’est elle qui brasse également la Mont-des-Cats pour l’abbaye française Sainte-Marie-du-Mont.

En parallèle une fondation comme la Wartoise (évoquée cet été lors de l’interview sur notre site d’Audrey Claessens) finance les projets de jeunes et soutient l’économie et l’emploi dans la région.

https://abbetrappiste.com/2017/07/18/audrey-claessens-mon-oeuvre-prendra-place-sur-le-rond-point-en-face-de-la-brasserie/

Alors oui, pour les défenseurs d’une bière trappiste plus confidentielle, pour ceux qui pensent que la rareté est gage de bonnes pratiques, de traditions respectées, Chimay interroge, voire nuit à l’image des bières trappistes.

Mais il n’est peut-être pas si facile de catégoriquement condamner les choix opérés par la communauté monastique du Hainaut, qui va bien au-delà de l’obligation faite par l’AIT d’employer une partie des bénéfices pour financer les œuvres caritatives de l’abbaye.