6 bonnes raisons pour l’ABBET de parler d’Aznavour !

Presque un siècle de scène, on ne pouvait pas passer à côté de Charles Aznavour. Oui, mais pourquoi l’ABBET ? A priori, aucun lien entre le chanteur et les bières trappistes. Mais on a trouvé 6 bonnes raisons de le faire.

aznavour

Source de la photo: http://www.didierreynders.be

1) Parce qu’il ne faut pas faire de jaloux

Si les carrières de Johnny Hallyday et de Charles Aznavour sont comparées à l’occasion de la mort de ce dernier, on est obligé de constater qu’elles sont très différentes. Néanmoins, qu’on les aime ou non, on a affaire à deux monstres de la chanson française. Comme l’ABBET avait écrit l’article « Toute la bière trappiste que j’aime… » suite à la mort de l’idole des jeunes, il est logique de faire de même pour Monsieur Charles. Les paroles étant plus poétiques, il est difficile d’y voir des allusions aux bières trappistes. Quoique…

 

2) Parce que Charles Aznavour a tout connu

En 1924, Charles Aznavour naît à Paris. A cette époque, même si l’appellation « Trappist » n’était pas encore officielle et protégée comme aujourd’hui, on brassait déjà dans des abbayes comme celle de Westmalle, l’abbaye Saint-Sixte (Westvleteren), etc. C’est d’ailleurs à cette époque que cesse le brassage dans les abbayes trappistes françaises. C’est également à cette époque que l’on commence à brasser en Autriche, à Engelszell, même s’il ne s’agit pas encore des bières que l’on connaît aujourd’hui.

La carrière de Charles Aznavour démarre en 1948, date qui représente un tournant à Scourmont (Chimay) car on commence la fabrication des bières que l’on peut boire actuellement.

Et pour boucler la boucle, Aznavour meurt en 2018, date à laquelle la petite dernière, la Tynt Meadow, obtient le label.

 

3) Parce que Charles Aznavour commence sa carrière en buvant… peut-être des bières trappistes

« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », et même les moins de 70 ans d’ailleurs : vous êtes sans doute peu à l’avoir connu mais le premier single de Charles Aznavour (qui date de 1948 !) s’appelle J’ai bu. Et quand on lit les paroles, « le trou de la serrure joue à cache-cache », « en titubant, je crie à pleine voix », franchement, on se dit qu’il est tellement ivre qu’il doit avoir bu de la Rochefort 10 ou de la Westvleteren 12. En tout cas, des bières très fortes !

 

4) Parce que 40 ans plus tard, il remet ça

Déjà en 1960, dans la chanson Tu t’laisses aller, qui fut un grand succès, il chantait « Tout l’alcool que j’ai pris ce soir, afin d’y puiser le courage de t’avouer que j’en ai marre de toi (…) tu t’laisses aller ». En 1987, il confirme dans une chanson intitulée Je bois. « Je bois pour oublier mes années d’infortune et cette vie commune (…) A notre union ratée ». Et puisque dans cette chanson, il boit « jusqu’au suicide », pour varier les plaisirs, il pourrait taper dans une gamme large comme les bières de la Trappe et les bières Spencer, les leaders au niveau de la variété proposée.

 

5) Parce que ses textes donnent envie de boire

Il est vrai que quand on pense aux textes d’Aznavour, on ne pense pas forcément à la bière mais si on regarde en détail, on voit que le thème revient quand même régulièrement.

On retrouve d’abord le chant lexical de la boisson dans beaucoup de chansons. Nous avons déjà cité J’ai bu, Tu t’laisses aller ou Je bois, mais on peut également citer La mer à boire (1983) où il chante « je l’ai bue souvent sans soif aucune », juste pour le goût alors, ce qu’on fait souvent lorsqu’on déguste une bonne trappiste. Nous vous conseillerons donc de réécouter cette chanson en dégustant des bières de caractère assez fortes.

Mais le chant lexical le plus présent dans ses chansons nous emmène dans des endroits où l’on boit la bière. Dans La bohème, il est question des « cafés voisins » et de « quelque bistro ». Alors s’il chante qu’il est « devant un café-crème » un peu loin dans la chanson, c’était peut-être pour la rendre politiquement correcte. En fait, il s’agissait peut-être d’une Achel ou d’une Westmalle brune. Il en est aussi question dans Emmenez-moi, puisqu’il est « dans les bars, à la tombée du jour, avec les marins ». Il est vrai que les marins sont plus réputés pour boire du rhum mais puisque le personnage de cette chanson  n’a « connu toute [sa] vie que le ciel du Nord », on peut l’imaginer boire une trappiste belge ou néerlandaise.

Enfin, dans la chanson Mes emmerdes, puisqu’il a « couru, assoiffé », on aurait pu lui proposer une bière légère, par exemple une Chimay dorée, pour calmer sa soif.

 

6) Parce qu’Aznavour, comme la bière trappiste, est international

« Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil ». C’est sûr, la bière trappiste n’est pas trop associée aux pays ensoleillés. Néanmoins, la Tre Fontane est italienne alors on peut s’imaginer réécouter la Mamma ou Que c’est triste Venise en sirotant cette bière.

« You are the one, for me, for me, fomidable ». Évidemment, Aznavour, c’est aussi l’Amérique. Oui, il s’est fait connaître outre Atlantique, obtenant même le titre de « chanteur de variété le plus important du XXe siècle » par CNN et Time. Et l’Amérique, c’est la Spencer et ses bières : blonde, Stout, IPA, etc.

Enfin, c’est moins connu mais Aznavour a également un lien avec l’Autriche puisqu’en 1994, il y interprète un concert exceptionnel avec Placido Domingo : Noël à Vienne. Même si elle n’avait pas encore le logo Trappist, peut-être a-t-il pu y déguster une Nivard, une Benno ou une Gregorius, les trappistes autrichiennes.

 

Comme il le dit si bien dans la chanson J’ai bu, « tous les alcools me sont permis » , donc n’importe quelle bière trappiste fera l’affaire pour réécouter Charles Aznavour.

 

 

 

La fin de l’histoire ?

Encore un rebondissement dans l’histoire de Rochefort !!! Et espérons que cette fois, ce soit la bonne ! Car en effet, si vous êtes au courant de l’histoire, vous aurez constaté qu’elle traîne en longueur…

Lhoist product

Petit rappel

Depuis plusieurs années maintenant, la guerre fait rage entre l’Abbaye de Notre Dame de St-Rémy et l’entreprise Lhoist. Le motif ? Une source, la Tridaine, utilisée par les moines pour brasser mais aussi par la ville de Rochefort, puisque l’eau qui en jaillit est naturellement potable. Or, cette source est alimentée par une nappe phréatique, à quelques mètres sous la carrière de calcaire (exploitée par Lhoist) qu’il est question d’approfondir. Et pour ne nuire ni à la production de la brasserie, ni à l’alimentation en eau de la commune, un pompage à une plus grande profondeur est envisagé par le carrier avant de creuser davantage. Or, la communauté de Notre-Dame s’y oppose, par crainte de voir la source se tarir ou l’eau perdre en qualité. Ne revenons pas sur les tenants et les aboutissants, nombreux, et déjà développés précédemment sur le site de l’ABBET, et concentrons-nous sur les dernières nouvelles.

Quoi de neuf ?

Souvenez-vous, la loi avait changé en 2016, fusionnant les permis environnementaux et d’urbanisme en un permis unique, que Lhoist a évidemment demandé, et obtenu, rendant caduques les décisions prises auparavant.

MAIS…

Les moines de Notre-Dame ont évidemment protesté, et le Conseil d’Etat (qui doit en avoir marre du débat) a relevé une contradiction, ce qui l’a aidé à trancher :

« On ne comprend pas que la décision attaquée puisse permettre, en ce qui concerne l’eau dirigée vers la galerie Tridaine, de compenser le tarissement de l’eau souterraine potabilisable ou destinée à la consommation située en tête de galerie, par de l’eau souterraine non potabilisable et non destinée  la consommation humaine ».

Conclusion : le permis, délivré le 6 juin 2017 par le Ministre Carlo Di Antonio, est annulé !

La fin, donc ?

On l’espère… Mais probablement pas,  l’entreprise Lhoist disposant encore d’un recours, à savoir la procédure en annulation. Ce qui est certain, en revanche, c’est que cette victoire pour la communauté de Rochefort est particulièrement importante, puisque rien ne semblait pouvoir contrecarrer les initiatives de Lhoist suite au changement de loi… Et même si ce n’est que du temps qu’a gagné l’abbaye, profitons de ce sursis pour nous réjouir de cette nouvelle, et pour l’arroser.

A la vôtre !