Retour sur le Festimalt: le tournoi de Mölkky

Comme le temps passe vite quand on voyage avec l’ABBET!

Non, on ne l’a pas oublié, oui on a eu des semaines bien chargées, et, surtout, re-oui la technique a des limites qui rendent fastidieux de proposer toutes les vidéos du Festimalt d’un seul coup…

Alors débutons au moins pour l’instant par ce que nous sommes parvenus à mettre en ligne!

Au programme, bar, frites, fanfare et jeux de quilles.

On vous souhaite de passer un aussi bon moment à revoir ces images que celui que vous avez passé avec nous le 1er juin 😉

Et la suite arrive doucement….

Et l’écologie dans tout ça ?

Depuis le temps que vous parcourez le site de l’ABBET, vous l’aurez sans doute constaté : non seulement nous aimons leurs produits (et en particulier leurs bières), mais nous sommes tout autant séduits par ce qu’elles représentent. Par le cahier des charges qu’elles sont tenues de respecter, par le savoir-faire qu’elles nécessitent, par l’utilisation des recettes qu’elles génèrent, c’est tout un ensemble de valeurs que les trappistes véhiculent et que nous nous efforçons, à l’ABBET, de faire découvrir et de partager le plus possible.

Mais il est une valeur essentielle à ne pas oublier : qu’en est-il du respect de l’environnement ? Le processus de production au sein des abbayes est-il durable ? La planète est-elle préservée quand nous buvons une trappiste ? Allons-nous sauver le monde en buvant de la bière ???

bière toxique

Bon… Ne nous emballons pas. Bien sûr, il faut prendre en compte l’empreinte carbone d’une Chimay Bleue vendue au Canada, en Afrique du Sud ou au Japon. Bien sûr, en dehors la Trappe Puur (seule trappiste bio), les malts employés ne peuvent être tous garantis sans pesticides, herbicides, … etc. Cependant, il existe bien une conscience écologique dans plusieurs de nos chères abbayes. En effet, dans cinq d’entre elles au moins, des procédés ont été mis en place autour de deux axes, à savoir une production propre d’électricité, et un recyclage des matières premières utilisées.

Une électricité labellisée ATP ?

C’est en toute logique, ce à quoi pourraient prétendre les abbayes d’Engelszell, Chimay et Spencer, qui produisent toutes les trois de l’énergie électrique, mais par des moyens et pour des objectifs différents.

En Autriche, l’abbaye parvient à produire suffisamment d’électricité pour être quasiment autonome grâce à Michaël et Gabriel : ces deux centrales hydroélectriques (baptisées d’après les deux archanges) produisent respectivement des puissances de 100 et 60 kiloWatts depuis les années 1970. Non seulement cela suffit à alimenter le monastère, mais aussi la chaîne de production de liqueurs, la brasserie et le système de chauffage. Cerise sur le gâteau, cette énergie permet de plus de faire tourner un générateur de vapeur, cette dernière étant indispensable au moment de la première étape de brassage, l’empâtage. Engelszell se démarque ainsi de la plupart des autres brasseries en n’utilisant absolument aucun combustible fossile dans sa production. Ce qui mérite d’autant plus d’être souligné quand on sait que sa principale source de revenus est le bois… Ce système ne trouve sa limite qu’en cas de sécheresse, comme en 2018, auquel cas les moines achètent tout simplement du courant ailleurs.

A St Joseph de Spencer, le choix d’être autonome en production d’électricité a également été fait, mais à une échelle plus large : avec ses 10 panneaux solaires, ce sont 14 600 kiloWatts qui alimentent quotidiennement l’abbaye, dont la brasserie, mais aussi les résidents locaux et les logements sociaux qui l’entourent.

Mais ces installations, si efficaces soient-elles, restent tout de même assez modestes si on les compare à l’artillerie lourde de Chimay (mais est-ce vraiment une surprise?) : sur le toit de leur bâtiment administratif , à Baileux, ce sont 1200 panneaux solaires qui produisent pas moins de 336 000 kiloWatt-heures par an. Cela paraît beaucoup, mais ne permet en réalité que de réduire de 10 % la consommation en électricité de la brasserie et de la fromagerie. C’est donc juste une étape dans un plan global de réduction de l’empreinte écologique de l’abbaye entière. Car en effet, les moines de Chimay s’impliquent fortement dans des processus de plus en plus durables : en installant dans leurs locaux une rinceuse de bouteilles neuves et en réutilisant l’eau de rinçage, en passant à l’agriculture bio autour du puits de captage, en utilisant l’énergie thermique produite lors du brassage pour chauffer les locaux, en construisant sur place une station d’épuration, en nourrissant le bétail avec les drêches (résidus de malts), et plusieurs autres « petites » actions, l’abbaye obtient des résultats plus qu’honorables : En 10 ans, son efficience énergétique a augmenté de presque 35 %. Sans parler de l’émission totale de gaz à effet de serre, réduite de presque 45 % sur la même période !

Pas de gâchis !

Chimay est loin d’être la seule à faire ces efforts, et d’autres se soucient aussi de réduire au maximum leurs déchets en recyclant ce qui peut l’être. Citons en particulier Westmalle, qui a installé en 2011 une station d’épuration sur son site. Grâce à un système de filtration par membranes, environ un tiers des eaux usées est recyclé. Pas pour brasser bien entendu, le potentiel impact sur le goût étant (probablement) à éviter, mais pour rincer les drêches. Ainsi, au lieu d’utiliser huit litres d’eau pour brasser un litre de bière, cinq sont désormais suffisants.

Mais en terme de recyclage, Orval va encore plus loin, en investissant cette année dans un dispositif aussi technique qu’ingénieux… L’abbaye génère beaucoup de déchets, tant côté fromagerie (sérum de lait notamment) que brasserie (excédents de levures, débris de houblons,… ), auxquels il faut ajouter des eaux usées, traitées par une station d’épuration sur le site de l’abbaye. Or, ces déchets sont désormais envoyés vers une installation de biométhanisation, c’est-à-dire des cuves, dans laquelle différentes bactéries vont consommer ces matières organiques. L’intérêt ? Récupérer un biogaz rejeté par les bactéries, le méthane, qui est un excellent combustible non polluant. Mais là où est réellement l’astuce, c’est que ce méthane est brûlé pour alimenter un moteur à gaz (d’une puissance de 55 kW), qui entraîne un alternateur permettant de générer du courant électrique. Courant électrique utilisé pour… alimenter la station d’épuration ! Quant à la chaleur dégagée par le moteur à gaz lors de son fonctionnement, elle est récupérée pour chauffer les cuves de biométhanisation. On a donc là un ingénieux système fonctionnant de façon circulaire et quasi autonome. Léonard de Vinci a passé sa vie à la recherche du mouvement perpétuel et autoalimenté, Orval l’a fait avec de l’eau sale et du petit lait !

Et les consommateurs ?

Eh bien… Pour ça, à chacun de voir comment s’impliquer dans une démarche écologique. Mais concernant les bières trappistes, peu de scrupules à avoir en les savourant, puisqu’elles sont produites en majorité par des gens responsables. Et pour minimiser son empreinte carbone, pourquoi ne pas covoiturer vers ces abbayes avec une sympathique troupe d’épicuriens ?