Inscrivez-vous au Trappist Tour!

Cette année encore l’ABBET repart à la découverte des abbayes trappistes. Mais comme nous n’aimons pas toujours faire la même chose et que nous rêvons de nouvelles aventures, on change la formule!

TT 2018

Vous êtes déjà venu? Vous en mourrez d’envie? Présentation de ce qui vous attend cette année si vous sautez le pas et prenez place à bord de notre minibus…

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Le Trappist tour c’est quoi ?

Initié en 2014 et à l’origine de la naissance de l’ABBET, le Trappist tour c’est partir à la découverte de certaines abbayes trappistes entre amateurs ou néophytes et dans la bonne humeur !

Il se déroulera les samedi 19, dimanche 20 et lundi 21 mai (jour férié) 2018.

Cette année nous avons réduit le nombre d’abbayes visitées et opté pour une formule plus sportive et plus axée sur la découverte des régions où se trouvent les heureuses élues 2018.

 

Concrètement où allons nous ?

Le programme est le suivant.

Samedi 19 mai nous partons de Saint-Omer à 8h, et d’autres lieux si les inscrits y sont nombreux (région parisienne?). Des étapes sont possibles pour embarquer tous les participants mais sans grand détour car notre programme est dense !

Direction Han sur Lesse, arrivée vers midi. Repas à l’auberge sur place.

Puis vers 14h visite des grottes, soit en formule « classique », soit en parcours spéléo: 600 mètres dans la boue et les passages étroits pour une découverte plus ludique!

Vers 16h nous partons pour l’abbaye Saint Rémy de Rochefort dont nous pouvons découvrir la chapelle et apercevoir la salle de brasserie à travers les vitraux. Nous gagnons ensuite la ville pour déguster quelques uns des succulents breuvages qu’on y fabrique.

On reprend ensuite la route jusqu’à notre hébergement à Dinant où nous dînons et passons la soirée.

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Dimanche 20 mai, départ 9h pour une descente de la Lesse en canoë. 21km à faire en 5h environ en pique-niquant sur la route.

A l’issue de cette descente, nous partons pour Notre Dame d’Orval dont nous pourrons admirer le site et l’extérieur.

Nous dînerons ensuite à la brasserie voisine de l’Ange gardien qui, entre autres, propose l’Orval vert au fût.

Retour dans la soirée pour notre gîte, poursuite des réjouissances.

 

Lundi 21 mai, départ à 9h30 pour l’abbaye de Scourmont (Chimay). L’abbaye est ouverte et permet une visite sympathique des lieux.

Puis nous nous rendons à l’auberge de Poteaupré pour le repas et une dégustation de bières sur place. Les participants le souhaitant pourront également y découvrir l’espace Chimay.

Départ pour St Omer ou les autres destinations éventuelles vers 14h30, ce qui nous permet d’être dans l’Audomarois vers 18h.

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Comment nous déplaçons nous ?

Cette question sera réglée en fonction du nombre de participants.

Il y aura au moins un mini-bus (ou deux, ou des voitures!) avec un membre de l’ABBET qui vous conduit de sites en sites. La location et les frais liés au voyage sont inclus dans le montant de celui-ci.

 

Où dormons-nous ?

Cette année, les différents sites étant dans les Ardennes, nous avons réservé un gîte à Dinant où nous passerons les 2 nuits. On y trouve 6 chambres, sa capacité est de 20 personnes. Vous serez donc peut-être amenés à partager une chambre avec d’autres participants. Inscrivez vos amis!

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Ça coûte combien ?

 

250€ par personne.

Ce tarif comprend les déplacements avec chauffeur, les hébergements, les repas, les activités, la dégustation d’un certain nombre de bières sur place.

A noter que l’adhésion à l’ABBET (15€, valable 1 an) est un pré-requis indispensable pour pouvoir participer au Trappist Tour.

 

Comment je m’inscris ?

En nous contactant par mail à abbetrappiste@gmail.com, et ceci avant février 2018 afin que nous fassions les réservations nécessaires. Ne tardez pas! Avec les réservations posées lors de notre soirée Au coeur du malt il ne reste déjà qu’une dizaine de places disponibles!

A cette même adresse nous répondrons également à toutes vos questions.

Alors n’hésitez plus, et embarquez pour un long week-end savoureux et chaleureux !

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Et le sprint est lancé…

…dans la course à la prochaine trappiste !

On se souvient que le monastère San Pedro de Cardeña, en Espagne, produit depuis plusieurs mois la bière du même nom, élaborée par un brasseur écossais d’après les conseils d’un expert de l’AIT. Mais la production étant extérieure à l’abbaye, les conditions ne sont pas encore rassemblées pour que cette bière bénéficie du label ATP.

La construction d’une brasserie dans l’enceinte du monastère était bien envisagée, mais rien de neuf sous le soleil, ce qui rend pour l’instant très incertaine la date de labellisation de la Cardeña. Affaire à suivre…

Or, une autre abbaye, en Grande-Bretagne cette fois, s’est vue octroyer en octobre par les autorités locales le permis de bâtir une brasserie : il s’agit du monastère du Mont Saint Bernard (près de Coalville, dans le Leicestershire), membre de l’AIT depuis mars 2017.

Voilà donc les deux trappistes dont parlait Jef Van de Steen lors de son interview !

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Église du monastère du Mt St Bernard: simple, dans l’esprit cistercien de la stricte observance

 

Cette nouvelle signifie deux choses. Premièrement, que les pronostics que nous avions faits sont totalement dans les choux. Deuxièmement, que la douzième trappiste viendra peut-être finalement du pays de l’ale et de la stout, ce qui promet !

 

Présentation de la petite nouvelle !

Comme pour beaucoup d’autres abbayes, la création du monastère est une conséquence indirecte de la Révolution Française. Contraints à l’exil, plusieurs moines trappistes S.A.F. (Sans Abbaye Fixe) arrivent à Londres en 1794, avec en tête l’établissement d’une communauté au Canada. C’était sans compter sur la bienveillance de Thomas Weld, châtelain de Lulworth, dans le Dorset, qui leur permet de s’installer sur leurs terres. Quelques années plus tard, suite à la Restauration des Bourbons, les moines retournent en France et s’installent à l’abbaye de Melleray, en Bretagne. Mais ce retour est de courte durée, puisque la Révolution de 1830 les contraint de nouveau à la fuite. Ils trouvent cette fois refuge en Irlande, où ils fondent l’abbaye du Mont Melleray en 1833. C’est de cette abbaye-mère que part un groupe de sept moines, mené par le Père Odilo Woolfrey, pour fonder en 1835 le monastère du Mont St Bernard, sur les terres achetées à leur intention par Ambrose Philipps de Lisle, un noble local désireux de réintroduire la vie monastique dans sa région.

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Laborare Est Orare, de John Rogers Herbert, dévoile le projet de monastère de Pugin, qui restera inachevé

 

Le premier monastère, édifié par William Railton (l’architecte de la colonne Nelson), connait des difficultés financières mais survit grâce à l’agriculture. Un choix d’activité plutôt judicieux, puisque c’est en labourant la terre qu’est découvert, en 1840, un trésor de 2000 pièces de monnaie et de nombreuses poteries romaines. Dès lors, le site attire des curieux, reçoit quelques donations et sert de lieu de refuge ou de retraite pour de nombreuses personnes : principalement des miséreux souffrant de la famine, mais aussi, un peu plus tard, des personnalités comme Charles Dickens. Cette renommée permet la construction d’un monastère définitif en 1844, dessiné à titre gracieux par Augustus Pugin, encore aujourd’hui en activité (le monastère, pas l’architecte). Son église, bien qu’inachevée par manque de fonds, est consacrée la même année, puis il est érigé en abbaye quatre ans plus tard par le pape Pie IX.

Pour l’anecdote, il a été brièvement question que les ossements de Richard III, découverts en 2012, reposent au monastère du Mt St Bernard, avant d’être finalement inhumés dans la cathédrale de Leicester.

 

Et la bière dans tout ça ?

On peut trouver quelques traces d’une bière de table produite au monastère au XIXe siècle. Mais elles sont peu nombreuses (seuls quelques visiteurs l’ont décrite) et surtout peu flatteuses, puisque les témoignages concordent sur son caractère insipide. Si les moines ont en effet brassé dans le passé, il ne s’agissait donc probablement que d’un produit destiné à une consommation interne, l’essentiel de leur activité étant centrée sur leur potager, leur verger et surtout leur ferme laitière. Mais depuis le début des années 2010, une crise au Royaume-Uni  fait chuter le prix du lait, rendant l’exploitation, comme environ 10 000 autres dans le pays, trop peu rentable. A problème de croissance, solution responsable : le monastère abandonne le lait au profit de la bière. Mais le silence règne encore autour de cette décision, et la communauté ne laisse rien filtrer sur le brassage ou la recette envisagés. Même l’implication de l’AIT ou d’autres abbayes dans la production est, elle aussi, inconnue. Difficile donc de prédire quoi que ce soit sur la saveur de cette future trappiste ! Au plus peut-on espérer, afin que nos chers breuvages proposent un panel encore plus varié, qu’elle aura un caractère britannique de tradition. Par exemple, en s’apparentant à une ale ou une lager de pub. Ou bien, en mémoire d’un des plus célèbres hôtes du monastère, Sir Alec Guiness, à une stout ?

Ne nous hasardons pas, et attendons. Quant à toutes celles et ceux qui ont trinqué à la douzième trappiste en pensant à la Cardeña, navré, mais il va peut-être falloir recommencer…

C’était bien Verlinden

Il y a quelques semaines, dans un article où nous évoquions les « fausses » bières trappistes, nous indiquions que l’abbaye de Westmalle avait mené une action en justice en 1934 contre un brasseur de la région d’Anvers pour utilisation abusive du terme « trappiste » sur ses bières.

Cette action nous était alors connue via le journal du brasseur de 1935, qui ne précisait pas quelle brasserie était visée par cette plainte…même si nos suspicions se dirigeaient évidemment vers la brasserie d’Henrik Verlinden et sa Witkap Pater… Sauf qu’aucune preuve formelle ne venaient lever nos doutes et désigner avec certitude le brasseur de Brasschaat.

C’est désormais chose faite, et une fois de plus grâce aux précieuses recherches de Cyril Pagniez et à ses compétences linguistiques puisqu’il a déniché la pièce manquante sur un site néerlandais:

https://witteklavervier.nl/de/historie/quellen-bier-geschichte/236-trappistenbier-trappisten-bier

C’est un extrait d’Alkmaarsche Courant, page 7, du 4 janvier 1935 intitulé Proces over Trappistenbier – Belgische Trappisten verliezen het geding, que nous vous reproduisons ci-dessous.

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Nous même un peu perdus avec le néerlandais, notre ami Guillaume nous en a très gentiment proposé une traduction. Une bise à lui!

« Procès de la bière trappiste
Les Trappistes Belges perdent le procès
L’ordre trappiste belge a intenté un procès auprès du tribunal de commerce d’Anvers contre un brasseur de Brasschaet qui a mis en vente sous le nom Trappistenbier, une bière dite Trappiste.
Le représentant de cette brasserie déclara cependant que le nom ‘Trappistenbier’ n’était en aucun cas une marque déposée mais bel et bien une bière produite selon un procédé utilisé dans les monastères Trappistes. En outre les monastères Trappistes ne peuvent être décrits comme entreprise en tant que telle, si bien qu’ils ne peuvent non plus se plaindre de concurrence déloyale envers un industriel.
Le tribunal partagea ce point du vue et était d’avis que l’ordre Trappiste était à but non lucratif de par sa pratique de la charité et la propagation de la croyance catholique.
Bien qu’il doive mettre en place les moyens nécessaires pour rendre la charité possible, celle-ci ne peut en aucun cas être mise au même niveau que l’entreprenariat de personnes ou d’institutions qui prennent part au monde des affaires dans le but de faire du profit.
La requête des moines Trappistes est ainsi rejetée et l’ordre Trappiste est condamné à payer les frais de ce procès. »
Alors certes, si avec la mention d’une bière portant l’indication « Trappistenbier » sur son étiquette l’étau se resserre, toujours pas de mention de Verlinden dans cet article.
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Mais une mention de la localité de Brasschaat.
Or la consultation du précieux ouvrage de référence de Manfred Friedrich Brauerei verzeichnis Belgien (nomenclature des brasseries-Belgique), publié en 1984, est formelle.
Cet livre recense par localités les brasseries belges en indiquant leurs dates de naissance et de disparition. Voici la page consacrée à la ville de Brasschaat:
brasseries Brasschaat

 

La brasserie R. Raets Vve. ayant cessé son activité en 1930, à la date du procès nous intéressant, seule celle d’Henrik Verlinden est en activité à Brasschaat en 1934.

Nous pouvons donc affirmer avec certitude qu’en dépit des liens d’amitié unissant Verlinden à la communauté monastique de Westmalle, et malgré sa précieuse collaboration à l’élaboration de la Westmalle brune, les religieux trappistes n’ont pas accepté la référence à leur ordre sur les bouteilles de Witkap Pater…mais ne sont néanmoins pas parvenus à la faire supprimer par cette action judiciaire.

Orval aura davantage de succès en 1962. Mais nous vous l’avons déjà raconté…

https://abbetrappiste.com/2017/09/18/ces-bieres-qui-se-sont-pretendues-trappistes/