Lu dans la mousse de la bière…

Souvenez-vous, dans un article publié le 4 mars 2017 intitulé : « pendant ce temps, à 40 années lubière », on vous expliquait qu’une équipe de chercheurs belges avait découvert sept planètes autour d’une étoile qu’ils avaient appelé TRAPPIST-1. Alors, naturellement, dès qu’il y a des avancées en astronomie, la voyance et l’astrologie accompagnent celles-ci. C’est alors que nous avons découvert qu’un sorcier, à l’ABBET, lisait dans la mousse et donnait des prédictions surprenantes. Nous avons donc décidé d’utiliser ses talents pour vous donner votre horoscope de la rentrée pour l’année scolaire…

nico astro

D’abord, comment ça marche ? Reportez-vous au calendrier astrologique trappiste ci-dessous, servez-vous normalement (c’est-à-dire comme d’habitude, en inclinant légèrement le verre) la bière indiquée et vous découvrirez ce qui va vous arriver. Attention, âme sensible, s’abstenir : l’astrologie ne fait pas de cadeau !

 

Vous êtes nés entre le 1er septembre et le  30 novembre : vous êtes nés sous le signe de la Trappe.

Peu de mousse (moins de 1,5 cm)  : Ne vous attendez pas à gagner plus d’argent cette année. Ça ne sera pas le cas. En revanche, il est essentiel que vous vous contentiez enfin des plaisirs simples de la vie. Non, votre fortune ne sera pas triplée mais si vous profitez bien des bons moments, votre bonheur sera quadruplé !

Beaucoup de mousse (plus de 1,5 cm) : Sur le plan affectif, ce sera une année riche. Des blonds (ou des blondes) au goût raffiné, des bruns (ou des brunes) qui ont du caractère… Mais attention, trop de succès peut apporter des problèmes : ceux (ou celles) qui vous paraissent les plus pur(e)s, même si ils (ou elles) sont léger(e)s peuvent vite vous saouler.

Mention spéciale pour les Trappe ascendant Isidor (nés en septembre) : le jour de votre anniversaire, servez-vous une Isidor et servez une quadruple à la personne de votre choix. Elle aura l’effet d’un philtre d’amour…

 

Vous êtes nés entre le 1er décembre et le  29 février : vous êtes nés sous le signe de l’Orval.

Peu de mousse (moins de 1,5 cm) : C’est sur le plan affectif que vous allez vous épanouir cette année. Certes, la princesse qui perd son anneau, c’est une légende mais vous allez la vivre comme une métaphore : une histoire d’amour forte ou, en tout cas, votre vie amoureuse va prendre un second souffle. Profitez-en !

Beaucoup de mousse (plus de 1,5 cm) : Une année pleine d’obstacles mais que vous arriverez à surmonter. Bizarrement, ces difficultés vont vous sembler dérisoires grâce à votre caractère optimiste. Soyez fort et patient et surtout, chaque fois que la vie est compliquée pour vous, n’oubliez pas : « un petit Orval, ça ne fait pas de mal ».

 

Vous êtes nés entre le 1er mars et le  31 mai : vous êtes nés sous le signe de la Rochefort.

Peu de mousse (moins de 1,5 cm) : Si vous jouez au PMU, nous vous proposons de jouer, le 6 de chaque mois, 8 € sur le cheval n°10. Vous aurez peut-être une bonne surprise… En tout cas, n’oubliez pas ces trois nombres : le 6, le 8 et le 10, ils vous accompagneront toute l’année. Sachez les voir, cela vous portera chance.

Beaucoup de mousse (plus de 1,5 cm) : Vous allez affronter les difficultés tel un bélier. Les obstacles se présentent à vous mais vous n’en aurez que faire. Comme Don Quichotte, vous allez combattre des moulins avec succès. Et chaque fois que ça sera nécessaire, n’hésitez pas : une Rochefort pour être fort comme un roc !

 

Vous êtes nés entre le 1er juin et le  31 août : vous êtes nés sous le signe de la Chimay.

Peu de mousse (moins de 1,5 cm) : On vous entendu trop souvent vous plaindre : « quand j’ai besoin d’aide, personne ne vient à mon s’cours ». Soyez plus autonome ! Certes, la vie n’est pas dorée pour vous mais soyez optimiste et sachez tirer le meilleur de vous même : il y a du bon en vous. Méfiez-vous également de ceux que vous pensez être vos amis.

Beaucoup de mousse (plus de 1,5 cm) : Oh, quelque chose me dit que vous allez manquer de courage cette année. C’est vrai que ça ne sera pas facile tous les jours. Mais ne vous laissez pas décourager : les difficultés que vous allez rencontrer ne sont pas insurmontables. Allez, une Chimay et on s’y met !

 

 

Emmanuel Moutot : « Il y a quelque chose de rassurant dans le goût des trappistes »

La rentrée approche à grands pas, aussi il est temps de boucler notre série de l’été ! Pour cette dernière interview, nous laissons la parole à Emmanuel Moutot qui, après avoir été caviste pendant plusieurs années dans le douzième arrondissement de Paris, se lance aujourd’hui dans le brassage artisanal, avec comme objectif l’utilisation de l’eau de la source présente sur le site de la brasserie.

Bonjour Emmanuel. Peux-tu te présenter rapidement ?

 Actuellement agent commercial en vins, j’ai suivi une formation d’œnologie puis suis devenu caviste dans un magasin à Paris. Je crée par ailleurs en ce moment avec quelques associés une brasserie artisanale en Isère.

En tant que caviste, comment sélectionnes-tu les bières que tu proposes à la vente ?

 Ma sélection de bières a beaucoup évolué au cours de mon expérience de caviste mais les brasseries belges traditionnelles ont toujours eu une large part dans ma gamme.

La dégustation est le point clé dans la sélection des produits. Mais il apparaît également nécessaire de retirer des références qui ne tournent pas suffisamment et de se démarquer de grosses enseignes qui se sont elles aussi orientées dans la vente de bières de qualité comme les trappistes.

Lors de mes dernières années comme caviste, ma gamme a ainsi pris une orientation plus française avec la mise en avant de toutes petites brasseries souvent en bio refusant la vente en grande distribution.

Il y a très souvent eu des trappistes dans tes sélections. Les Parisiens ont-ils un attrait particulier pour ces bières ?

Je ne crois pas que beaucoup de Parisiens distinguent les trappistes des autres brasseries réputées de Belgique mais ils portaient à l’époque un intérêt (il y a maintenant quatre ans) pour ce style de bières.

Quelle en est la raison ?

A mes yeux, c’est par leur côté connu que ces bières les attirent. Il y a quelque chose de rassurant dans le goût des trappistes. Ma gamme de trappistes a donc permis de lancer la vente de bières dans une cave qui n’en vendait que de manière anecdotique avant cela.

Par la suite, j’ai orienté cette clientèle vers des nouveautés moins connues mais tout en préservant les grandes classiques dans ma gamme, mes propositions et mes ventes

Y’en a-t-il une qui a plus de succès que les autres ? Si oui, laquelle, et pourquoi ?

Parmi les grandes classiques, Orval et Chimay sont celles qui se vendaient le mieux. Bières connues dans une gamme très diverse ? Le fait de ne pas trouver Orval partout également ?

La Trappe a également a eu un joli succès à la cave (malgré son origine lointaine…). La Puur et la White se démarquaient bien et m’ont permis de sortir ma clientèle de la gamme des classiques.

Les clients sont-ils en général demandeurs d’explications sur l’origine de ces bières ?

Certains connaissent bien et n’en ont pas besoin, mais tous sont contents d’en apprendre un peu plus en venant chez le caviste du quartier.

Si oui, les leur donnes-tu ?

Toutes celles que je connais, oui bien sûr…

Quelle est ton opinion personnelle sur les bières trappistes ?

Les trappistes ne représentent pas un univers très homogène à mes yeux. D’un côté, certaines ont fait le choix d’une production proche des industrielles, dans la distribution en tout cas. De l’autre certaines sont introuvables. Pour revenir sur la Trappe, eux ont fait le choix de la nouveauté et cela donne des résultats plutôt intéressants.

Mon goût va cependant aujourd’hui vers des bières moins alcoolisées et moins sucrées que les bières de style « belge » traditionnel.

As-tu eu l’occasion de toutes les goûter ? As-tu des préférées ?

Je crois avoir goûté des bières de toutes les brasseries (sauf si on commence à parler des nouvelles trappistes…) mais pas toutes les recettes. Je reviens régulièrement vers l’Orval avec beaucoup de plaisir.

Tu te lances avec une petite équipe dans le brassage professionnel, certaines trappistes vous inspirent-elles dans l’élaboration de votre bière ? (Aussi bien sur le plan gustatif que commercial)

Non, je ne crois pas que cela soit la direction que nous prenons. Mais une collaboration avec les moines du monastère de la Grande Chartreuse c’est mon rêve ! (ndlr : la brasserie, installée dans l’ancienne scierie des Michallets, se trouve à Saint-Pierre-de-Chartreuse à quelques minutes du monastère).

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Merci Emmanuel, et l’équipe de l’ABBET vous souhaite bonne chance, à toi et tes associés, dans cette belle aventure ! « A suivre sur www.facebook.com/lesmichallets « 

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Au vu de ces réponses, il apparaît donc que même dans des villes où la bière n’est pas forcément ancrée dans la culture, ou en tout cas moins que le vin, les bières belges en général et les trappistes en particulier sont remarquées et appréciées, et que beaucoup de consommateurs sont à la recherche de produits de qualité. Un tel intérêt ne peut être qu’encouragé, et la démarche des cavistes à la recherche de variété et d’originalité louée ! Nul doute que la diversité croissante des bières trappistes permettra à l’avenir de prolonger davantage cette tendance rassurante…

Romain Didelot: « la bière trappiste reste le nec plus ultra pour certains consommateurs »

Tout l’été, l’Abbet rencontre des passionné(e)s de bières pour évoquer les trappistes. Cette semaine, rencontre avec Romain Didelot, serveur à Ah la pompe à bière, cave et bar à bières dans le 19e à Paris.

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Depuis combien de temps êtes-vous serveur a Ah la pompe à bière ?

Cela fait maintenant deux ans que j’y travaille.

 

Ah la pompe à bière fait souvent des soirées axées sur une brasserie ou une abbaye, vous avez déjà fait des soirées spéciales Trappe et Chimay notamment, comment sont perçues ces bières trappistes par vos clients ?

Il y a différents types de consommateurs, les néophytes qu’il faut donc disons plutôt éduquer : sur le goût, les différents styles, l’histoire des brasseries, les différents labels, etc… Ce type de consommateur, qui est la plupart du temps davantage plus averti sur le vin, est généralement agréablement surpris de certaines similitudes que l’on peut retrouver dans la dégustation de ces deux boissons.

Le consommateur averti, lui, revient souvent pour la qualité des produits proposés. De manière générale, je dirais que la bière trappiste leur est donc perçue comme un produit de grande qualité, plutôt noble, à la fois raffiné et robuste, on reste souvent sur des produits typiquement belges. Bien que je trouve que ce label soit encore sans doute un peu trop méconnu en région parisienne, une bonne partie des consommateurs savent désormais le différencier avec celui des bières dites d’abbayes reconnues.

 

Comment avez-vous découvert les bières trappistes ?

Je suis d’origine nordiste. Ayant grandi en métropole lilloise, les bières trappistes restent des produits facilement visibles, que ce soit dans le commerce ou la restauration. Je me rappelle du design de certaines bouteilles trappistes, comme Chimay et Orval par exemple, qui les différencie nettement des autres produits en rayon. Ces bouteilles attirent l’œil, et attisent forcément une certaine curiosité. Je les ai découvertes plus en détail par le biais de dégustations entre amis, en terrasse à Lille ou en Belgique notamment à Tournai et Bruxelles.

 

Y a-t-il une demande particulière sur les bières trappistes ici ? Si oui, depuis combien de temps ?

Il y a une demande car la bière trappiste reste le nec plus ultra pour certains consommateurs. Bien que le phénomène de la craft beer et de la micro-brasserie explose actuellement dans la région, il y a toujours une grande demande chez le client, et fait que je trouve à la fois intéressant et rassurant, ces clients se répartissent sur différentes tranches d’âge. Même si la bière trappiste peut éventuellement souffrir d’une image disons peut-être un peu vieillissante, ces bières font tout de même partie du patrimoine brassicole mondial. De ce fait, elles attirent un public très large. 

 

Quelles trappistes proposez-vous, et comment les avez-vous sélectionnées ?

Nous les proposons dans leur plus grande diversité. Seules les Wesvleteren et une partie de la gamme Spencer nous manque, faute de distributeur dans la région.

 

Les consommateurs s’intéressent-ils à l’histoire, l’origine des bières trappistes ?

Nous les avons réunis ensemble au sein du magasin, afin de mieux mettre en évidence ce label qui les unit. À partir de là, cela interpelle le consommateur. Il y a donc tout d’abord une curiosité, qui nous l’espérons, éveillera un intérêt de leur part sur l’histoire de ces bières.

 

Quelle est la trappiste la plus vendue ? Pour quelle raison à votre avis ?

Sans aucun doute l’Orval. Du fait je pense de sa rareté et de son format unique, mais aussi de son amertume prononcée, car le public parisien est friand des bières fortement houblonnées. De plus, son taux d’alcool, disons modéré, rassure le client parisien, souvent moins aventureux sur des bières de plus de 9°.

 

Pour finir, quelle est votre préférée ? Pourquoi ?

La Chimay Première, car je la trouve idéale car assez légère, élégante, populaire et bon marché. Elle se boit très bien en apéritif, ou en accompagnement d’un repas. Je l’ai toujours utilisée pour la cuisine à la bière, c’est un produit vraiment complet.

 

Merci Romain! Et n’hésitez pas à découvrir Ah! La pompe à bière, 7ter Duvergier, 75019 Paris