Jean-Claude Servais: « les ruines médiévales au milieu de la nature sont un lieu magique »

Dans notre série estivale d’interviews, nous avons eu la chance que l’auteur de bandes dessinées Jean-Claude Servais ait pris le temps de répondre à quelques questions.

Né le 22 septembre 1956 à Liège, Jean-Claude Servais suit de 1974 à 1976 des études à l’Institut Saint-Luc de Liège en section Arts Graphiques.

Il a collaboré avec le journal de Spirou et l’hebdomadaire Tintin. Depuis 1992, il travaille pour la prestigieuse maison d’édition DUPUIS, qui le décrit par ces mots : « Dessinateur réaliste et sensible, dans la tradition des grands graveurs du XIXème siècle, amoureux de la nature, Servais est un merveilleux conteur. »

En 2009, il publie une série en deux tomes intitulée Orval. Une bonne raison pour l’Abbet de l’interroger sur l’abbaye, mais également sur les bières trappistes.

Servais 1

 

Vous êtes belge. Commençons donc par un cliché ou une question rhétorique. Appréciez-vous la bière ?

C’est l’évidence même !

 

Quel type de bière a votre préférence ? Que pensez-vous des bières et produits trappistes ?  

Les bières houblonnées ayant une certaine amertume. Je n’aime pas les bières sucrées.

Les bières trappistes sont pour moi un label de qualité.

 

Vous êtes l’auteur d’un ouvrage sur Orval, paru en 2009 aux éditions Dupuis. D’où vous est venue l’idée de dessiner l’histoire de cette abbaye mythique ?

C’est un ami médecin à Florenville qui m’a lancé ce défi, il est président de l’association historique d’Orval « Aurea Vallis ».

[Il s’agit de Marc HEYDE. Plus d’informations sur le site de l’association : http://www.orval-patrimoine.be/index.php/l-asbl/presentation]

Servais 2

http://www.dupuis.com/orval/bd/orval-tome-1-orval-tome-1-2/19813

 

Comment vous êtes-vous documenté ? Quelles sources avez-vous utilisées ?

J’ai lu le livre de l’histoire d’Orval du Frère Grégoire qui était à l’époque la seule source. [L’Abbaye d’Orval : Au fil des siècles, Editions Serpenoise 2002]

http://www.orval-patrimoine.be/telechargements/publications/abbaye-orval-fil-siecles.pdf

Ce livre avait été écrit sur la base de celui de l’Abbé Tillière, livre devenu indisponible. [L’abbé Nicolas Tillière avait rédigé une histoire de l’abbaye en 1897, rééditée à plusieurs reprises au XXe siècle.]

.Servais 3

 

Pouvez-vous nous parler de l’édition spéciale de 2012 de votre ouvrage ?

Dupuis sort des éditions spéciales de mes livres car un grand groupe de collectionneurs suivent mes sorties.

Cette édition contient un dossier de 18 pages en fin de tome « Orval, histoire de l’abbaye » par Marc Heyde.

 

Avez-vous eu la chance de pénétrer dans des lieux de l’abbaye interdits au grand public ? Si oui, lesquels ?

Oui, j’ai eu l’occasion de passer dans la zone réservée aux moines ainsi que de visiter des souterrains non ouverts au public qu’on venait de découvrir.

 

Quelle est l’importance de la bière pour les moines de l’abbaye d’Orval ?

La bière est produite pour subvenir aux besoins de l’abbaye pour ne pas dépendre financièrement des citoyens.  Avec le temps et sa qualité, la bière fait la renommée d’Orval.

 

Pouvez-vous évoquer à nos lecteurs le mythe qui entoure l’abbaye d’Orval ?

Il y a toujours des mythes autour des abbayes, c’est un monde secret qui jadis était caché.  A Orval, sa destruction à la révolution et sa reconstruction dans les années 1930 sont des évènements très spectaculaires. [Nous vous présenterons dans un prochain article la légende de l’abbaye, que vous connaissez déjà, si vous avez participé à l’un de nos Trappist tour.]

 

Quelles sont les raisons que vous évoqueriez pour donner envie à nos lecteurs de visiter les ruines de cette abbaye ?

La vallée est un site exceptionnel.  Les moines, comme je l’explique dans la BD, mettaient du temps pour rechercher le lieu adéquat pour construire leur abbaye.  Les ruines médiévales au milieu de la nature sont un lieu magique.

 

Avez-vous été en contact avec des moines, en particulier ceux qui s’occupent du brassage ?

J’ai bien sûr rencontré les moines lors de la réalisation de la BD.  Ils étaient très enthousiastes.  Aujourd’hui, ce sont des laïcs qui fabriquent la bière.  Seul Frère Xavier, l’économe de l’abbaye, intervient dans la gestion de la brasserie.

 

Avez-vous envisagé de vous pencher sur d’autres abbayes trappistes dans le futur ?

Non ! On me l’a souvent demandé.  J’aime bien changer de sujet au fur et à mesure des albums.

 

Si vous deviez décrire la bière d’Orval, quels adjectifs emploieriez-vous ?

Unique.

 

En tant qu’artiste, que pensez-vous de la forme particulière de la bouteille d’Orval ?

La bouteille est en forme de quille. A ma connaissance, ce doit être la seule.

 

Pour terminer, nous avons une question à laquelle nous n’avons pour le moment aucune réponse : doit-on dire « un Orval » ou « Une Orval » ?

Les gens du pays disent « un orval ».

Les étrangers disent « une orval ».

C’est une façon de les reconnaître !  Sinon, je n’ai jamais lu d’explications précises à ce sujet !

 

 

 

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