Cyril Pagniez : «Certains collectionneurs peuvent dépenser plusieurs centaines d’euros pour un verre»

Tout l’été, l’Abbet rencontre des passionnés de bières pour évoquer les trappistes. Rencontre avec Cyril Pagniez, collectionneur d’objets trappistes dans le Douaisis.

Quand est née votre passion pour les bières trappistes ?

C’était tout à fait par hasard. Quand j’étais étudiant, j’ai pris le temps, comme beaucoup de jeunes, de découvrir les bières. Lors d’un salon consacré à la Belgique, à Lille (Nord), je me suis baladé au rayon bières, et j’y ai acheté ma première trappiste : la Westmalle Triple – c’est aussi là que j’ai acheté mon premier verre trappiste. J’ai découvert ce breuvage exceptionnel, dans un verre adapté, qui rendait bien les saveurs. Ça m’a interpellé.

Cyril pagniez

Quand avez-vous commencé à en collectionner les objets ?

J’ai commencé à collectionner les verres de l’abbaye de Westmalle à partir de cette dégustation. Ça a duré comme ça pendant quelques années. C’était surtout des verres pour boire. Pendant ce temps, je cherchais à découvrir de nouvelles bières. Je prenais des notes de dégustation. J’en ai même créé un logiciel qui s’est bien vendu à l’étranger, en particulier au Canada et en Belgique. Puis en 1995, j’ai officiellement démarré ma collection. Je me suis lancée de manière plus assidue dans la recherche de verres, en fréquentant des clubs de collectionneurs en France et en Belgique. C’est là que j’ai vu tout le chemin qui me restait à parcourir, tous les verres Westmalle que je n’avais pas ! La brasserie en produit depuis longtemps, depuis les années 20… Des modèles taillés, en cristal… Et puis, on se rend compte qu’il y a d’autres passionnés. Et finalement, au bout de quelques années, Westmalle ne suffit plus.

Quand avez-vous commencé à élargir votre collection ?

C’était vers 1997, deux ans après y avoir mis le nez. Je l’ai élargie à tous les verres d’abbayes trappistes. Puis je suis passé aux objets trappistes : étiquettes, sous-bocks, capsules… Aujourd’hui, j’ai encore élargi ma collection aux bières belges à connotation monastique. Ça ouvre à des pans complètement nouveaux.

Comment les trouvez-vous ?

Quand j’ai commencé, je parcourais beaucoup les brocantes, celles qui sont spécialisées pour les collectionneurs en tout genre. Petit à petit, vous êtes connu dans le milieu, des gens commencent à chercher pour vous, à vous appeler pour des échanges… Et puis, il y a internet aussi !

Combien de pièces avez-vous ?

Ah ! Difficile à dire… Pour les verres, j’en ai eu 500-600. Je garde les plus beaux en vitrine.

Quels sont justement les plus beaux, ceux qui ont le plus de valeur à vos yeux ?

Les objets anciens, rares. Ceux qui n’existent qu’en peu d’exemplaires. Certains collectionneurs peuvent dépenser plusieurs centaines d’euros pour un verre. Aujourd’hui, le prix des verres peut s’envoler jusqu’à plusieurs milliers d’euros. C’est le cas surtout pour ceux d’Orval, très tendances depuis cinq-six ans. La cote a augmenté.

Si vous deviez n’en citer qu’un ?

Une flûte de Chimay émaillée avec un blason des années 30. Je l’ai depuis quinze ans. Il s’agissait d’un échange à cinq verres contre un, pour vous donner une idée de sa valeur. Elle a une forme inhabituelle. Je pense qu’elle est unique. Je n’en connais pas d’autres.

Une flûte, dîtes-vous ?

Les bières trappistes n’ont pas toujours été dégustées en calices. Dans les années 20-30, elles se dégustaient souvent en flûtes, ou en verres droits. Westmalle avait une Extra Brune, à cette époque-là, qui était une brune légère. J’ai des photos qui montrent des gens attablés en train de la boire dans des flûtes. Les calices ne sont apparus qu’avec des bières bien plus fortes, après les années 30. Chez Rochefort et Chimay aussi, on servait dans des verres droits et dans des flûtes. Orval a eu un premier verre droit mais a très vite embrayé sur les calices. Et la forme de son verre a peu changé depuis.

Avez-vous aussi quelques objets trappistes plus récents, de Spencer ou Tre Fontane ?

Oui, évidemment. Mais c’est plus par acquis de conscience. Je préfère l’ancien, voire le très ancien. J’ai quelques objets ayant appartenu à des abbayes trappistes françaises d’avant la Première guerre mondiale. Des verres, quelques objets publicitaires… A l’époque, il y en avait une dizaine en France. On trouvait aussi des abbayes trappistes en Allemagne, en Bosnie, et même en Algérie !

Quelle est votre bière trappiste préférée ?

La Westmalle double, au fût uniquement. C’est une bière exceptionnelle. Quand vous la goûtez au fût, elle est parfaite. Plus fine, pas refermentée… Ça lui donne un autre caractère. C’est une bière conviviale. Il faut la boire comme on le faisait à l’époque : il faut aller sur place, à l’abbaye de Westmalle.

2 réflexions sur “Cyril Pagniez : «Certains collectionneurs peuvent dépenser plusieurs centaines d’euros pour un verre»

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