Lhoist a répondu !

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Abbaye de Saint-Rémy, Rochefort, (CC Grentidrez Wikimedia)

Comme vous le savez sans doute déjà, ce n’est plus l’amour fou entre la brasserie de Notre Dame de Saint Rémy et l’entreprise Lhoist, à Rochefort. Dans notre précédent article à ce sujet, nous avons essayé de dresser un portrait le plus précis possible de la situation autour de la source Tridaine, mais malgré tout, quelques questions restaient en suspens. Après plusieurs mois sans nouvelles, on n’y croyait plus vraiment, mais certaines réponses nous sont aujourd’hui parvenues de la part du géologue de l’entreprise Lhoist !

C’est donc un petit « complément d’enquête » que nous vous proposons aujourd’hui…

Là où Lhoist nous rassure

Dans le précédent article, trois points suscitaient une légère appréhension de notre part, sans être pour autant critiques : la turbidité de l’eau engendrée par l’approfondissement de la carrière, la formation d’un lac au fond de la carrière suite à de fortes précipitations, et, tout simplement, une fausse manipulation ou un accident lors des forages pouvant polluer la source. Tout d’abord, Lhoist nous a démontré que le risque de turbidité n’était pas plus important en profondeur qu’actuellement. Et au pire, elle peut être éliminée sans traitement chimique. Idem concernant le lac, puisqu’il ne pourrait se former que dans un concours de circonstances exceptionnelles. Concrètement, il faudrait une interruption totale du pompage pendant 2 mois de précipitations. Soit. C’est peu probable… Enfin, concernant les fausses manipulations, Lhoist nous a gentiment rappelé que ce sont des pros, qui n’en sont pas à leur premier carottage. Et il est vrai que lors de l’étude de faisabilité, des forages en profondeur, dont certains à proximité de la source Tridaine, se sont déroulés sans encombre.

Par conséquent, pas de problème de ce côté-là. En revanche, si on aborde des sujets plus importants, ça se corse un tantinet.

Le cas des sulfates

Point crucial pour la qualité et le goût de l’eau qui suscite les pires craintes de la part des moines, le soufre contenu dans la roche préoccupe également Lhoist. En effet, pour que sa qualité soit optimale, le calcaire qu’ils comptent extraire doit être le plus pauvre en soufre possible. On peut donc imaginer que leurs mesures ont été effectuées avec le plus grand soin. Comme le but n’est pas de vous surcharger de considérations chimiques ou géologiques, nous résumerons ici la situation. Pour les détails, nous vous invitons à consulter en annexe (le lien est ici) la réponse reçue (et sa critique par nos soins).

Que donnent ces mesures ? Eh bien tout simplement que la roche sous la nappe contient autant de soufre qu’au-dessus : l’écart est parfaitement négligeable, de l’ordre de 0,1%. Donc, en toute logique, l’eau captée en profondeur devrait contenir autant de sulfates qu’aujourd’hui. Cela paraît à première vue rassurant. Mais, et là nous vous renvoyons à l’annexe, cela amène les géologues à formuler une hypothèse sur l’origine des sulfates dans l’eau. Et si cette hypothèse explique bien certaines variations dans les mesures, elle ne les explique pas toutes, ce qui laisse supposer une inconnue supplémentaire : soit le processus de formation est plus complexe que celui supposé, soit il est différent. Une incertitude subsiste donc…

Et après ?

En admettant que la formation des sulfates soit correctement décrite, ne perdons pas de vue que cela ne concerne que le forage d’essai prévu dans la phase active de l’étude de faisabilité, et en aucun cas l’approfondissement de la carrière lui-même. Or, comme nous l’avons déjà spécifié dans notre dernier article, l’approfondissement pourrait modifier les processus d’infiltration de l’eau vers la nappe, ce qui soulève deux points, à notre avis, capitaux :

  • Le tamponnage des eaux pourrait être altéré ;

  • Les processus de dénitrification pourraient être modifiés, ce qui rend imprévisible la teneur en nitrates de l’eau captée.

Sur ces points précis, nous n’avons pas encore reçu de réponse, ce qui nous amène à la conclusion suivante : au vu des éléments dont nous disposons, la réversibilité des tests prévus ne peut être totalement garantie. Et, dans l’hypothèse où elle le serait, l’approfondissement lui-même soulève des problèmes trop importants et imprévisibles pour que son impact soit estimé comme nul sur l’eau de la nappe alimentant la source Tridaine.

Bon… Là, d’accord, l’impartialité en prend un coup. Cela dit, si des personnes de l’entreprise Lhoist, que nous remercions au passage pour les réponses déjà fournies, viennent à lire ces pages et estiment que nous sommes dans l’erreur, nous les invitons cordialement à nous répondre !

LE rebondissement !

Souvenez-vous : Le permis environnemental pour faire des forages d’essai en profondeur a été attribué à LHOIST S.A., puis annulé par le précédent ministre de l’environnement, Philippe Henry. L’entreprise LHOIST a donc saisi le Conseil d’Etat et demandé l’annulation de la décision ministérielle. Quelque mois plus tard, un deuxième recours a été déposé, pour annuler la création des zones de prévention autour de la source.

Et au mois de mars dernier, le Conseil d’Etat s’est prononcé sur ces deux points. Tout d’abord, la demande d’annulation d’établissement d’une zone de protection autour de la source a été rejetée. L’entreprise LHOIST a d’ailleurs été contrainte de verser une indemnité de 700 euros à la Région Wallonne. Ensuite, en ce qui concerne la requête d’annulation du retrait de permis, le Conseil d’Etat a décidé de… surseoir à la décision.

En d’autres termes, la situation n’a pas évolué de ce côté-là. Le rebondissement est ailleurs !

Mais il est de taille : LHOIST S.A. a demandé un nouveau permis, identique au précédent.

La raison ? Fort simple : la loi a changé ! Auparavant, deux permis (d’urbanisme et d’environnement) étaient nécessaires en Wallonie. Mais au mois de mai, le président du Parlement Wallon, M. André Antoine, a réformé ce processus en mettant en place un permis unique, qui englobe les deux précédents. L’objectif de cette réforme est de simplifier les démarches de demandes de permis. Et si l’on se penche de plus près sur ces simplifications, deux points particuliers concernent notre affaire :

Premièrement, la procédure est simplifiée dans le cas où un permis est demandé pour étendre ou modifier une exploitation déjà existante. L’entreprise concernée ne fait alors pas la demande d’un permis complet, mais juste d’une annexe pour compléter le permis déjà existant. Rien ne garantit en revanche que les conditions d’obtention soient plus souples pour autant…

Deuxièmement, en cas de litige, et dans le cas où l’enjeu de l’exploitation est jugé d’importance régionale, le Parlement s’octroie la décision d’attribution du permis, afin d’éviter les recours au Conseil d’Etat ! Précisons qu’aucune extrapolation n’est faite ici, tout cela apparaît noir sur blanc dans le texte officiel. Et nul doute que l’exploitation de la carrière, avec ses 6 millions de recettes fiscales par an, peut être jugée importante pour la région…

Mais la réforme, et en particulier ce Permis Parlementaire (ou PeP), en a fait bondir plus d’un au Parlement, dont un ancien ministre aujourd’hui député, un certain… Philippe Henry ! La réaction ne s’est pas fait attendre, puisque son parti, le groupe Ecolo, a saisi – ça devient une manie – le Conseil d’Etat. Et si ce dernier a constaté, en juillet dernier, que la proposition était une violation d’une directive européenne de 2014, le Parlement examine actuellement «la possibilité d’utiliser un mécanisme d’exemption prévu par la directive ». En gros, le PeP est retiré du projet, mais le Parlement cherche la faille pour contourner le problème…

En bref…

Comme si la situation n’était pas assez compliquée comme ça, de nouvelles complications, purement juridiques cette fois, viennent corser le tout. Et les moines de Notre Dame de Saint Rémy, tout en campant sur leurs positions, ajoutent des remarques (détaillées ici et ) sur le nouveau permis en lui-même. L’affaire est donc très loin d’être terminée…

Quoi de mieux pour se vider la tête de ces soucis que d’ouvrir une petite bière trappiste ? De préférence une Rochefort, à déguster les doigts croisés…

L’heure du sacre

L’heure du sacre

Le quizz 2016 s’est achevé, les comptes ont été faits, les résultats doivent être proclamés.

Après une 2e place en 2015, elle a su mettre à profit sa participation au trappist tour pour peaufiner ses connaissances et elle remporte brillamment, avec un sans faute remarquable, notre quizz 2016 : c’est Dominique qui est sacrée cet hiver reine des bières trappistes !

Nous nous inclinons respectueusement devant cette très belle performance.

Nouveau venu dans le jeu cette année, il n’a pas perdu son temps depuis la dernière soirée « au cœur du malt ». Il ne se trompe que deux fois est fait ainsi un beau second : bravo à Emeric !

quizz

Et notre podium s’arrête cette année ici, car les 3e sont nombreux, ayant tous fait trois fautes  ou laissé des questions sans réponses… Merci à eux pour leur participation et leurs efforts.

Allez, les réponses tout de même pour vérifier ou jouer à nouveau chez vous :

  1. La Trappe triple
  2. L’Engelszell Benno
  3. L’Engelszell Nivard
  4. La Spencer Imperial Stout
  5. La Chimay première (rouge)
  6. La Rochefort 8
  7. La Trappe Puur
  8. La Trappe Bockbier
  9. L’Orval
  10. La Westmalle Triple
  11. La Chimay bleue Barrel aged
  12. La Zundert
  13. L’Achel extra brune
  14. La Spencer India Pale ale
  15. La Trappe Witte
  16. La Tre fontane
  17. L’Engelszell Gregorius
  18. La Westvleteren XII
  19. La Rochefort 10
  20. La Westmalle extra
  21. La Chimay dorée
  22. La Spencer Holiday Ale
  23. La Trappe Isidor
  24. L’Achel extra blonde

 

Bonne fin d’année à tous !