Des concerts, des jeux flamands et des bières trappistes. Au cœur du malt revient le 12 novembre pour une soirée encore plus festive !

L’Abbet et les Quickepitchenaeres ont le plaisir de vous emmener au coeur du malt le 12 novembre 2016 au foyer rural de Ledringhem à partir de 15 heures 30. Au programme, jeux flamands, concerts et bien sûr dégustation de bières trappistes!!!
Restauration sur place!

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Plus d’infos dans les jours qui viennent!!

La duodecima !!!

Amis lecteurs, le verdict est tombé: la douzième bière trappiste sera espagnole ! En effet, le Monastère San Pedro de Cardeña, situé près de Burgos, en Castille, a présenté au printemps dernier sa première bière. Grande nouvelle, qui laisse rêveur : à quoi peut bien ressembler une trappiste espagnole?

Une histoire mouvementée

Les origines du monastère, remontant probablement au huitième siècle, sont assez floues. La première trace écrite officielle de son existence est un acte de donation daté du 24 septembre 902, de la part du comte de Lantaron et de Cerezo, dans lequel est signalée une précédente restauration en 899 par le roi Alphonse III. Hélas, en 934, le monastère est rasé et la communauté massacrée, lorsque le calife Abd Al Rahmane III reprend Burgos, pendant la guerre civile qui déchire chrétiens et musulmans. D’ailleurs, si justement vous vous trouvez à San Pedro à la date anniversaire de cet évènement, vous verrez peut-être l’herbe du cloître rougir. Rassurez-vous, ce n’est pas forcément une crise de délirium : d’après la légende, il s’agit plutôt du sang des 200 moines tués, devenus martyrs…

Peu après, sous l’impulsion des comtes de Castille Fernan Gonzales et Garcia Fernandes, un scriptorium est rebâti. La renommée des moines grandit grâce à la qualité de leurs enluminures, et atteint son apogée au XIème siècle, lorsqu’une certaine famille d’exilés trouve refuge en leur sein : le Cid, Chimène et leurs filles. Des reliques du Cid ont d’ailleurs été conservées un temps au monastère.

Au XIIème siècle, le monastère est érigé en prieuré clunisien. Il devient, au XIIIème siècle, membre de la congrégation bénédictine dite des claustrales, puis rejoint en 1502 la congrégation de Saint-Benoît de Valladolid, «équivalent» espagnol de l’ordre cistercien. Plus grand-chose à signaler jusqu’en 1835, quand le ministre du Trésor, Juan Alvarez Mendizabal, met en application sa Desamortizacion Eclesiastica : pour éponger la dette publique, les biens de l’Église sont confisqués et les communautés contraintes à l’exil. Le monastère est abandonné, et servira même de camp de concentration franquiste de 1936 à 1940. Il faut attendre 1942 pour qu’une communauté de moines trappistes, du monastère voisin de San Isidro de Dueñas, s’y installe à nouveau. Six ans plus tard, le monastère est érigé en abbaye.

Les produits de San Pedro 

Comme dans toute communauté trappiste, les moines vivent de leur travail: la maturation de fromages de brebis, la fabrication de céramiques, la production de liqueurs d’herbes, nommées «Tizona del Cid» (en français, l’épée du Cid), mais surtout le vieillissement de vin rouge, vendu sous le nom de Valdevegon.

Mais, comme pour beaucoup d’autres abbayes, ces sources de revenus sont aujourd’hui insuffisantes. Membres de l’Association Internationale Trappiste depuis 2014, les moines décident donc de se lancer dans la production de bière. La recette est concoctée par un brasseur écossais, Bob Maltman (le nom paraît tout indiqué), sous la supervision du frère José Luis, avec le soutien de l’AIT en la personne de l’expert belge Erik Coene. Le brassage est quant à lui confié à la micro-brasserie madrilène Marpal, et les toutes premières bouteilles de Cardeña voient le jour fin mars 2016.

Avec une production extérieure au monastère, la situation est la même que pour l’abbaye du Mont des Cats. Point de logo hexagonal donc! En tout cas pour l’instant : d’après Erik Coene, que nous remercions au passage pour son aimable réponse à nos questions, l’installation d’une brasserie dans les locaux de San Pedro est en cours, et les premiers brassins sont prévus, avec optimisme, pour 2017.

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Dis, dis, dis, ça goûte quoi la Cardeña???

Sur le papier, c’est une blonde triple, de haute fermentation, titrant 7°. Mais laissons la parole à ceux qui ont goûté ! Si on reprend les termes utilisés lors de la conférence de presse annonçant son apparition, la Cardeña est une bière «maltée mais équilibrée, de type belge. Son corps est comparable à d’autres trappistes, avec un peu plus d’amertume, sans perdre de sa fraîcheur espagnole».

Cela confirmerait ce que nous expliquait Jef Van de Steen: le goût est adapté aux consommateurs locaux. Et dans la mesure où Bob Maltman est chef brasseur chez Dawat, en Espagne, on peut s’attendre à une bière dont le degré alcoolique n’est pas trop élevé. Si on ajoute à cela une possible prédisposition (fréquente en Ecosse) à une utilisation abondante de houblon et une collaboration avec les autres abbayes trappistes, on retrouve sans nul doute un caractère belge et amer…

Mais le juge de paix restera votre palais! Et pour goûter, deux possibilités : soit commander sur le site de la boutique (http://www.valdevegon.com/), soit se déplacer et en profiter pour visiter… Avec l’ABBET ?