Hildegarde Von Bingen ?

Hildegarde von Bingen

Hildegarde Von Bingen ? Son nom ne vous est peut-être pas étranger tant sa célébrité a parcouru les siècles. Il est vrai que diverses portes d’entrée mènent à la Sainte. En effet, si ses contemporains du XIIème siècle pouvaient se targuer de la connaitre du fait de ses dons multiples, aujourd’hui encore sa pensée et ses expériences existentielles et spirituelles ont traversé le temps et sont encore recueillies, accueillies de nos jours.

Mais rappelons-nous l’itinéraire de vie d’Hildegarde ! Elle vit le jour en Rhénanie, en 1098, au cœur d’une famille noble. Dès l’âge de 3 ans, elle stupéfia son entourage par des visions qu’elle dit recevoir et qui l’habitaient fortement. Ses parents la menèrent tout naturellement à l’âge de 8 ans au monastère bénédictin de Disibodenderg près de Mayence, lieu qui leur semblait convenir à l’expression mystique si singulière de leur fille. A l’âge de 15 ans, elle formula ses vœux perpétuels et au décès de la mère abbesse, elle fut elle-même élue par ses sœurs comme nouvelle abbesse du couvent. Par la suite, elle fondera sa propre abbaye, à Ruperstberg, près de Bingen où elle mourra en 1179.

Imaginons précisément notre religieuse foulant le sol du jardin du monastère qui se trouve dans le cloître (voir les représentations de celui au VIIIème siècle du monastère St Gall, représentations identiques à celles contemporaines d’ Hildegarde) : là, elle y observe et recense par un travail de botaniste qu’elle aime tout particulièrement les vertus des plantes si souvent cultivées déjà au cœur des monastères bénédictins. Elle y déploie une belle activité qui générera pour elle, pour ceux dont elle a le souci et………pour nous peut-être, des acquisitions de savoirs tirées donc d’expériences qu’elle a faites. D’ailleurs ce savoir botanique, elle le rassemblera dans une encyclopédie naturelle connue aujourd’hui sous le nom de Physica ; dans cette dernière elle accordera une place prépondérante à l’univers des plantes. Elle y consigne notamment cette conviction: « Il n’y a pas de maladies mais des hommes malades et ces hommes sont intégrés dans un univers qui, de même qu’il participe à leur malheur, doit aussi prendre sa part dans la guérison ; ils doivent être soignés dans leur totalité, corps et âme, et même si la nature peut et doit leur venir en aide, c’est bien souvent dans leur propre sagesse, leur modération, leur maîtrise d’eux-mêmes qu’ils traverseront les forces qui soutiendront le processus de guérisons. » Dans ces mots, nous l’entendons : l’homme n’est pas qu’un réceptacle recevant lors d’apparition de maux des plantes qui le fortifieront mais seule, selon Hildegarde, la synergie des bienfaits de la nature et de l’esprit de l’homme contribue à son mieux être.

abbaye de Saint Gall

Notre bénédictine, comme fine connaisseuse des plantes, (et là me direz-vous est enfin l’intérêt de cette bafouille !) met en exergue notamment les vertus du houblon. Sachez cependant que même si cette plante jouissait déjà d’une belle notoriété depuis longtemps, l’affirmation appuyée de notre moniale lui assura une renommée et un intérêt accrus et généralisa son utilisation. Hildegarde affirme en effet: « L’amertume du houblon combat certaines fermentations nuisibles dans les boissons et permet de les conserver plus longtemps. » Si elle ne loue pas dans ses écrits la saveur de la bière, elle pointe néanmoins la fécondité du houblon : nous voilà donc rassurés ! Notre engouement pour la bière (trappiste il va de soi !) participe à déverser dans nos corps une boisson aux vertus thérapeutiques indéniables selon notre moniale. Et si nous en doutions encore, lisons de nouveau Hildegarde qui énonce : « Là où on boit de la bière, les cas de lèpres et de paralysies sont rares. Elle accroît aussi la chair, favorise le bon teint et redonne des forces ». Nous en étions déjà persuadés, nous qui faisons l’apologie de cette boisson : la bière trappiste éloigne de nous des afflictions de toutes sortes et par sa consommation régulière (mais raisonnable) accentue notre beauté naturelle.

houblon