Participez au Trappist tour 2016 !

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Le Trappist tour c’est quoi ?

Initié en 2014 et à l’origine de la naissance de l’ABBET, le Trappist tour c’est partir à la découverte de certaines abbayes trappistes entre amateurs ou néophytes et dans la bonne humeur !

Il se déroulera cette année les samedi 14, dimanche 15 et lundi 16 mai (jour férié) 2016.

Pour profiter au mieux de nos étapes nous avons choisi cette année de nous rendre dans 6 abbayes trappistes, encore que nous ne pouvons pas souvent pénétrer les bâtiments monastiques. Nous visitons alors les lieux ouverts au public et les espaces de dégustation aménagés sur place.

Concrètement où allons nous ?

Le programme prévisionnel est le suivant.

Samedi 14 mai nous partons de Saint-Omer à 8h. Des étapes sont possibles pour embarquer tous les participants mais sans grand détour car notre programme est dense !

Direction Westmalle, arrivée vers 11h. Dégustation des 2 bières produites et repas dans l’auberge en face de l’abbaye.

Puis départ à 13h30 pour Zundert où nous arrivons vers 14h30. On boit 1 bière en ville après être allés voir l’abbaye et son magasin (pas d’espace de dégustation à l’abbaye).

Vers 15h30 nous reprenons la route pour Tilburg et l’abbaye de Koningshoeven (la Trappe). Arrivée vers 16h30, ce qui nous laisse 2 heures pour boire 3 Trappe au choix, visiter le magasin puis manger des sandwichs préparés par l’ABBET.

On reprend ensuite la route jusqu’à l’hébergement choisi.

Dimanche 15 mai, départ 9h pour Rochefort. Arrivée 11h. Tour de l’abbaye, restauration et dégustation de bières en ville. Départ 14h30.

16h arrivée à Orval, visite des ruines de l’abbaye du XIIe siècle puis dégustation de bières (dont l’Orval vert) et restauration à la brasserie de l’ange gardien jouxtant l’abbaye.

Vers 20h30 départ pour l’hébergement retenu.

Lundi 16 mai, départ à 9h pour Westvleteren. Repas et dégustation de bières sur place.

Retour à St Omer vers 16h, ce qui vous permet de ne pas rentrer trop tard si vous avez encore de la route.

Evidemment vers aurez remarqué que nous ne visitons ni Chimay ni Achel. La 1ère sera l’objet d’une sortie en octobre, la seconde nous plaît peu et l’espace d’accueil sur place manque de chaleur.

Comment nous déplaçons nous ?

Cette question sera réglée en fonction du nombre de participants.

L’idéal est un mini-bus avec un membre de l’ABBET qui vous conduit de sites en sites. 2 mini-bus si nous sommes nombreux. Un bus 57 places si nous sommes très nombreux ! La location et les frais liés au voyage sont inclus dans le montant de celui-ci.

Où dormons-nous ?

Là encore la réponse pourra évoluer en fonction des participants. Nous partons pour l’heure sur des chambres collectives en auberge de jeunesse à Westerloo et Bouillon en Belgique. Mais si vous préférez tous réduire les frais en campant ou améliorer votre confort en prenant des chambres individuelles c’est possible ! Par contre le tarif évoluera en fonction de vos choix. N’hésitez pas à nous les faire connaître.

Justement, çà coûte combien ?

Au moins 200€. Comprenant les déplacements avec chauffeur, les hébergements, les repas, la dégustation d’un certain nombre de bières sur place (3 par exemple à Koningshoeven sur les 8 possibles). Libre à vous ensuite de passer des commandes supplémentaires sur place à vos frais tant que vous restez joyeux et que vous gardez partiellement le contrôle de la situation !

Ce tarif ne pourra être fixé définitivement qu’une fois les inscriptions closes.

Comment je m’inscris ? En nous contactant par mail à abbetrappiste@gmail.com, et ceci avant le 29 février afin que nous fassions les réservations nécessaires !

A cette même adresse nous répondrons évidemment également à toutes vos questions.

On vous attend !

Dix questions à Jef Van den Steen

livre JVDS

Il est l’un des seuls experts en bière trappiste au monde. L’auteur belge Jef Van den Steen, dont l’ouvrage Les trappistes (éd. Racine, 2015) est une référence dans le domaine, a accepté de répondre aux questions de l’Abbet.

Vous êtes l’expert le plus reconnu dans le domaine des bières trappistes. Comment vous est venue cette passion ?

Pour comprendre mon parcours, il faut faire un bond à l’époque où je n’avais encore que 14 ans. J’étais musicien dans un groupe et nous voyagions partout en Flandre. A chaque concert, je découvrais des bières que je ne connaissais pas et je me posais des questions : Pourquoi telle bière a cette couleur ? Pourquoi son degré d’alcool est plus élevé ? Pourquoi celle-ci est amère ? Mais je n’avais pas encore la réponse. Je suis ensuite devenu mathématicien. Ça peut paraître étonnant, mais ça a un lien avec la bière. Tous les gens qui ont un esprit scientifique se posent des questions. On essaie de trouver la réponse. Moi, j’ai tenté de répondre à mes interrogations sur la bière.

Pourquoi les bières trappistes uniquement ?

Je suis devenu chercheur sans avoir l’intention d’écrire. Dans les années 80, une grande exposition sur Saint Benoît s’est tenue à Gand (Belgique). Il est le fondateur de l’ordre des Bénédictins. L’exposition abordait l’art brassicole des moines, qui existe depuis le IXe siècle. C’est là que j’ai vraiment commencé à collecter des données sur les abbayes, et donc, sur les bières trappistes. Le vrai problème était alors d’entrer dans les abbayes. J’ai eu la chance d’avoir un ami qui est devenu frère à Westvleteren. Il se sentait un peu seul et m’a proposé de venir lui rendre visite. Il a dû mentir pour me faire entrer, en disant que j’étais son cousin. C’est comme ça que j’ai pu visiter la très secrète abbaye, ainsi que sa brasserie. J’en ai fait mon premier article.

Comment en êtes vous venu à écrire sur le sujet ?

Les livres, c’est venu plus tard, avec l’année de la bière, en 1986. Une maison d’édition m’a demandé d’écrire, de donner des conférences et d’animer des soirées. Le premier ouvrage est sorti en 2001, alors qu’il n’y avait que six ou sept trappistes. Désormais, on en compte 11 dans le monde. Et je sais qu’il y en aura deux-trois autres dans quelques années. Mais je ne dirai pas lesquelles.

Que pensez-vous de l’augmentation du nombre d’abbayes trappistes ? Est-ce positif ?

Tout d’abord, il faut comprendre qu’il y a deux grandes différences entre les trappistes. Il y a les Belges, et les autres. Les abbayes belges tirent de leurs brasseries la majeure partie de leurs revenus. Elles gagnent leur argent avec la bière, point final. Pour les nouvelles abbayes trappistes, la bière n’est qu’une aide. Toutes ont d’autres commerces. En Autriche, les moines vivent du bois. Mais comme le nombre de moines diminue, et que leur moyenne d’âge est vieillissante, ils ont besoin d’aide pour couper ce bois, et donc de payer ces personnes. La bière sert à financer cette aide. C’est pareil aux Etats-Unis, où l’abbaye est spécialisée dans les confitures, ainsi qu’en Italie, où Tre Fontane crée des produits à base d’eucalyptus. Contrairement aux anciennes abbayes, qui se trouvent en Belgique, les nouvelles ne tirent pas leur revenu principal dans la bière.

Comment définissez-vous une bière trappiste ?

L’Association internationale trappiste (AIT) est propriétaire du logo.Quand une abbaye veut obtenir ce logo, elle doit le commander. C’est une indication géographique protégée, comme pour le vin. Pour être reconnue trappiste, une bière doit être brassée entre les murs de l’abbaye qui la produit, par des moines et sous leur direction, et les revenus doivent servir à entretenir l’abbaye, aider les autres abbayes et servir aux bonnes œuvres. L’AIT effectue un contrôle qualité sur l’abbaye trappiste, mais aussi sur les abbayes qui aident les autres.

Que voulez-vous dire par «aider les autres» ?

Les moines de l’abbaye de Spencer, près de la frontière canadienne aux Etats-Unis, ont appris à brasser chez Chimay, où les moines parlaient français. Zundert, où les moines parlent le néerlandais, ont appris cette technique dans l’abbaye de Westmalle. Les Belges aident les autres moines pour que la qualité soit toujours la meilleure possible.

Pensez-vous que toutes les trappistes, y compris Chimay où les moines ne produisent plus eux-mêmes la bière, respectent la tradition ?

Tout est en ordre. La bière de l’abbaye du Mont des Cats (dans le Nord) est la seule exception : elle est brassée par Chimay, mais les revenus ne sont pas pour Chimay. C’est une aide. Au lieu de donner de l’argent – ce qui ne suffit jamais, puisque quand on donne une fois, on devra redonner un jour – Chimay donne la bière à l’abbaye du Mont des Cats pour qu’elle la vende. Mais l’abbaye brassée au Mont des Cats n’a pas le logo de l’AIT. Par ailleurs, la bière n’a pas toujours été brassée uniquement par des moines. Il y a 1000 ans déjà, on recourrait à des laïcs pour certaines tâches. Aujourd’hui, pour faire de la bière en Belgique, il faut être ingénieur brasseur, un diplôme que tous les moines n’ont pas. Seules trois abbayes trappistes produisent une bière entièrement réalisée par des moines : Westvleteren, Spencer et Zundert.

Que pensez-vous de leur goût ?

Les abbayes produisent pour les locaux. En Autriche, par exemple, le goût des bières est différent de ce qu’aiment les Belges, de ce dont ils ont l’habitude. Ce qui est normal. Idem en Italie, où les moines ont ajouté de l’eucalyptus dans leur bière. La qualité est la même, mais le goût est différent.

Westvleteren a plusieurs fois obtenu la première place au classement des meilleures bières du monde. Est-ce que ça change quelque chose ?

Si la brasserie était commerciale, ça aurait changé beaucoup de choses. Mais ce n’est pas le cas de Westvleteren, où les moines brassent uniquement pour eux, et eux-mêmes. Depuis 40 ans, elle produit chaque année 4 850 hectolitres. Pas un de plus. S’ils voulaient tripler la production, ils vendraient tout. Mais ce n’est pas leur but. La seule chose qui change, c’est qu’il faut attendre pour pouvoir la déguster, et être patient.

Quelle est votre trappiste préférée ?

Je ne peux pas répondre à cette question, ce sont des amis aujourd’hui. Par contre, tout dépend du temps, et par temps, je veux dire matin ou soir, été ou hiver. A l’apéro, par exemple, j’aime mieux déguster une bière amère, telles qu’un Orval. Une bière pas trop forte. Le soir, par contre, près du feu, ce sera plutôt une Westvleteren 12 ou une Rocherfort 10.