Voilà le podium !

vainqueurs quizz

Avec 22 bonnes réponses sur 24, c’est Didier Flament qui remporte notre calendrier de l’avent 2015, et une adhésion pour 1 an à l’ABBET. Un très grand bravo à lui !

Bravo également à Dominique Markey et Frankie Tristram qui complètent le podium avec respectivement 20 et 18 bonnes réponses.

Dominique est déjà adhérente, Frankie mérite de nous rejoindre aussi !

Et encore félicitations aux autres participants. Ils ne figurent pas sur ce podium mais leur assiduité est à relever. Leurs réponses parfois erronées nous ont même permis de découvrir des breuvages jusque là insoupçonnés!

Profitez bien de la fin d’année, et rendez-vous en 2016, avec très vite des informations sur notre AG en février et le Trappist Tour de mai.

On vous embrasse !

Vous êtes des champions !

podium-1060918_640Voilà 24 jours que vous êtes plusieurs à relever quotidiennement le défi des devinettes de notre calendrier de l’avant trappiste. Bravo !

Vous avez joué parfois au «feeling», vous avez parfois écumé les sites spécialisés, vous êtes même parfois revenus plusieurs jours après sur des réponses qui ne vous satisfaisiez pas. Double bravo !

Vous avez été ponctuels au rendez-vous, vous avez joué occasionnellement, vous avez cherché les réponses mais n’avez pas eu le temps ou le courage de nous les soumettre. Bravo quand même !

Vous avez argumenté vos réponses, vous avez indiqué le raisonnement qui vous y amenez, vous n’avez même pas hésité à nous reprocher imprécisions et tournures discutables. Encore bravo !

Nous avons pris plaisir à vous lire comme à vous proposer nos questions, vous comme nous avons saisi cette occasion pour peaufiner nos connaissances de ces breuvages remarquables et, nous le savons, en avons tous profité pour découvrir ou redécouvrir certaines de ces  bières un peu méconnues.

Alors certes, personne n’a réussi de sans faute, mais vos résultats sont plus qu’honorables et  nous vous remercions d’avoir partagé ce moment avec l’Abbet pendant ce mois de décembre.
Voici donc nos réponses :
1er décembre

Bière brassée au Pays-Bas, je suis une trappiste légère. Pour mon brassage, les moines utilisent des ingrédients de haute qualité et biologiques. Issue d’une culture biologique d’un houblon acheté directement auprès des agriculteurs, je suis certifiée SKAL. Je suis la Trappe Puur.

2 décembre

Initialement bière de Noël, j’apparais en 1956. Mon succès pousse la communauté monastique à finalement poursuivre ma fabrication toute l’année. Je deviens alors la deuxième bière brassée par l’abbaye. Je suis la Chimay bleue.

3 décembre

Titrant 6,9°, je présente dans mon verre une mousse aussi dense que la neige qui couvre souvent mon pays natal. Mon nom rend hommage à un des pères abbés, à l’initiative entre autre de la fresque «Les neuf chœurs d’anges avec leur reine Marie», qui orne la coupole de l’église de mon monastère. Je suis l’Engelszell Benno.

4 décembre

Même si le sucre candy figure dans ma recette, mon amertume me rend unique au sein des bières trappistes. On apprécie autant mes arômes que le flacon qui les préserve. Bière hermaphrodite, on me commande au masculin comme au féminin. Je suis l’Orval.

 5 décembre

Breuvage rare et remarquable, je ne me distingue de mes deux consœurs que grâce à ma capsule bleue claire. Je suis la Westvleteren 8.

6 décembre

S’il est bien indiqué «bière trappiste» sur mon étiquette, inutile toutefois d’y chercher le logo ATP. Je suis la Mont des Cats.

7 décembre

Ma petite sœur titrant 5° ne se boit qu’à l’abbaye. Je partage sa couleur mais affiche 8° sur mon étiquette blanche et beige. Je suis l’Achel blonde.

8 décembre

Je commence à peine à apparaître dans les boutiques spécialisées mais mon arrivée épargne aux amateurs la traversée des océans pour venir à ma rencontre. Je suis la Spencer.

9 décembre

Si Orval a sa truite moi j’ai mon oiseau huppé sur l’étiquette. Je suis la Zundert.

 10 décembre

Contrairement à ma grande sœur, plus célèbre, je ne suis fermentée qu’une fois, et mon nom est dû à la bouteille qui me contenait jadis. Je suis l’Orval vert.

11 décembre

Les hommes pensent probablement à mon pays comme celui des brunes piquantes ayant beaucoup de caractère. Mais je suis blonde ! Je suis la Tre Fontane.

12 décembre

Parmi mes sœurs, je suis la première à avoir été vendue. C’est donc en toute légitimité que je me nomme parfois «première». Je suis la Chimay rouge.

13 décembre

Apparue en 2009, je suis la seule de mes sœurs à porter le nom d’un brasseur, dont on fêtait cette année là le 125ème anniversaire. Je suis la Trappe Isidor.

14 décembre

Plusieurs fois reconnue comme la meilleure bière du monde, je suis aussi la seule de mes sœurs à m’être vendue temporairement pour sortir mon abbaye d’une crise financière. Je suis la Westvleteren 12.

15 décembre

Je suis aussi une bière brune. Je suis aussi apparue initialement comme bière de Noël. Je viens aussi des Ardennes. Mais je ne suis pas la bière de la devinette du 2 décembre. Je suis la Rochefort 8.

16 décembre

Je viens d’une abbaye trappiste qui brasse depuis 1836. C’est elle qui invente mon «type» de bière ce qui me vaut le surnom de «mère de toutes les triples» même si la finesse de mes bulles me valurent également l’autre surnom de «champagne campinois». Je suis la Westmalle triple.

17 décembre

On me surnomme «la Merveille», ce qui n’est pas usurpé. Je suis la Rochefort 10.

18 décembre

Avant que Scourmont ne fasse de même, j’étais la seule bière trappiste vieillie en barriques de bois. Je suis la Trappe Quadrupel Oak aged.

19 décembre

Longtemps réservée aux seuls moines de l’abbaye, on peut dorénavant venir me chercher sur place quelques heures par semaine. Je suis la Westmalle extra.

20 décembre

Née en 1926, je ne suis peut-être plus toute jeune, mais encore naturellement brune, assez ronde et pleine de vivacité. Tends-moi tes lèvres, j’y laisserai une mousse crémeuse, et tu seras conquis par ma légèreté (7°). Je suis la Westmalle Dubbel.

21 décembre

C’est bien ma saveur qui est dû au houblon saphir et non ma couleur, pourtant unique… Je suis la Trappe Witte.

22 décembre

L’anagramme de mon nom est un synonyme de bateau. Je viens pourtant d’un pays sans côte. Je suis l’Engelszell Nivard.

23 décembre

Pendant des décennies, je menais une existence paisible dans une abbaye belge.  On m’a ensuite mise sous pression pour que je me livre aux visiteurs, et c’est en cédant à une nouvelle pression, commerciale cette fois, que je me vends maintenant à tous. Je suis la Chimay dorée.

24 décembre

Bière la moins vendue par l’Abbet lors de la soirée du 21 novembre, je gagne pourtant à être goûtée ! La preuve, j’ai remporté la médaille de bronze dans ma catégorie aux European Beer Star Award du mois dernier. Je suis la Trappe Dubbel.
Vous avez calculé votre score ?

Nous aussi !

On vous communique donc les résultats dans l’après-midi, après la sieste digestive 😉

Testez vos connaissances sur les trappistes en attendant Noël

Photo FlickR - Remy Sharp (Cretative commons)

Ça y est, on est le 1er décembre. Vos enfants (ou vous-mêmes) se sont sans doute rués ce matin sur leur calendrier de l’avent (oui, dans 25 jours, c’est Noël). A l’Abbet, on n’a préféré commencer le décompte par des bières de Noël, et une toute autre version du célèbre éphéméride. Durant 24 jours, on vous propose un quiz. Une devinette par jour, publiée sur notre page Facebook à dix heures, pour découvrir une bière trappiste. A vous de nous envoyer par email votre réponse (pas dans les commentaires, si vous voulez remporter le lot) chaque jour avant 20 heures tapantes, à abbetrappiste@gmail.com. On notera chacune d’entre elles et celui qui arrivera à répondre à un maximum de devinettes (24, dans l’idéal) remportera une adhésion gratuite d’un an à l’Abbet.

Et histoire de ne pas perdre une miette de ces devinettes, les voici :

1er décembre

Bière brassée au Pays-Bas, je suis une trappiste légère. Pour mon brassage, les moines utilisent des ingrédients de haute qualité et biologiques. Issue d’une culture biologique d’un houblon acheté directement auprès des agriculteurs, je suis certifiée SKAL. Je suis?

2 décembre

Initialement bière de Noël, j’apparais en 1956. Mon succès pousse la communauté monastique à finalement poursuivre ma fabrication toute l’année. Je deviens alors la deuxième bière brassée par l’abbaye. Je suis?
 x
3 décembre
 x

Titrant 6,9°, je présente dans mon verre une mousse aussi dense que la neige qui couvre souvent mon pays natal. Mon nom rend hommage à un des pères abbés, à l’initiative entre autre de la fresque «Les neuf choeurs d’anges avec leur reine Marie», qui orne la coupole de l’église de mon monastère. Je suis?

4 décembre

Même si le sucre candy figure dans ma recette, mon amertume me rend unique au sein des bières trappistes. On apprécie autant mes arômes que le flacon qui les préserve. Bière hermaphrodite, on me commande au masculin comme au féminin. Je suis ?

 5 décembre

Breuvage rare et remarquable, je ne me distingue de mes deux consoeurs que grâce à ma capsule bleue claire. Je suis?

 

6 décembre

S’il est bien indiqué «bière trappiste» sur mon étiquette, inutile toutefois d’y chercher le logo ATP. Je suis?

7 décembre

Ma petite sœur titrant 5° ne se boit qu’à l’abbaye.Je partage sa couleur mais affiche 8° sur mon étiquette blanche et beige. Je suis?

8 décembre

Je commence à peine à apparaître dans les boutiques spécialisées mais mon arrivée épargne aux amateurs la traversée des océans pour venir à ma rencontre. Je suis ?

9 décembre

Si Orval a sa truite moi j’ai mon oiseau huppé sur l’étiquette. Je suis ?

 10 décembre

Contrairement à ma grande sœur, plus célèbre, je ne suis fermentée qu’une fois, et mon nom est dû à la bouteille qui me contenait jadis.Je suis?

11 décembre

Les hommes pensent probablement à mon pays comme celui des brunes piquantes ayant beaucoup de caractère. Mais je suis blonde ! Je suis ?

12 décembre

Parmi mes sœurs, je suis la première à avoir été vendue.C’est donc en toute légitimité que je me nomme parfois «première». Je suis ?

13 décembre

Apparue en 2009, je suis la seule de mes sœurs à porter le nom d’un brasseur, dont on fêtait cette année là le 125ème anniversaire. Je suis ?

14 décembre

Plusieurs fois reconnue comme la meilleure bière du monde, je suis aussi la seule de mes sœurs à m’être vendue temporairement pour sortir mon abbaye d’une crise financière. Je suis ?

15 décembre

Je suis aussi une bière brune. Je suis aussi apparue initialement comme bière de Noël. Je viens aussi des Ardennes. Mais je ne suis pas la bière de la devinette du 2 décembre. Je suis?

16 décembre

Je viens d’une abbaye trappiste qui brasse depuis 1836. C’est elle qui invente mon «type» de bière ce qui me vaut le surnom de «mère de toutes les triples» même si la finesse de mes bulles me valurent également l’autre surnom de «champagne campinois». Je suis?

17 décembre

On me surnomme «la Merveille», ce qui n’est pas usurpé. Je suis?

18 décembre

Avant que Scourmont ne fasse de même, j’étais la seule bière trappiste vieillie en barriques de bois. Je suis?

19 décembre

Longtemps réservée aux seuls moines de l’abbaye, on peut dorénavant venir me chercher sur place quelques heures par semaine. Je suis?

20 décembre

Née en 1926, je ne suis peut-être plus toute jeune, mais encore naturellement brune, assez ronde et pleine de vivacité. Tends-moi tes lèvres, j’y laisserai une mousse crémeuse, et tu seras conquis par ma légèreté (7°)… Je suis ?

21 décembre

C’est bien ma saveur qui est dû au houblon saphir et non ma couleur, pourtant unique… Je suis ?

22 décembre

L’anagramme de mon nom est un synonyme de bateau. Je viens pourtant d’un pays sans côte. Je suis ?

23 décembre

Pendant des décennies, je menais une existence paisible dans une abbaye belge.  On m’a ensuite mise sous pression pour que je me livre aux visiteurs, et c’est en cédant à une nouvelle pression, commerciale cette fois, que je me vends maintenant à tous. Je suis ?

24 décembre

Bière la moins vendue par l’Abbet lors de la soirée du 21 novembre, je gagne pourtant à être goûtée ! La preuve, j’ai remporté la médaille de bronze dans ma catégorie aux European Beer Star Award du mois dernier. Je suis?

[Les réponses à Noël]

Que boire avec une belle dinde ?

2133633107_f7aa95722a_oVous l’aurez compris, nous allons bien sûr parler de réveillon. Et, plus spécifiquement, des bières trappistes qui pourraient accompagner finement un menu de Noël. Mais en préambule, il convient de préciser deux points.

Premièrement, d’après certains, oui, il peut sembler bizarre de réveillonner à la bière. Il existe pourtant de nombreuses recettes à base de bière, en particulier dans le nord de la France, en Belgique, et dans plusieurs pays d’Europe de l’est. Mais, dans cette même culture européenne, lorsqu’il s’agit de boire, la bière n’a généralement pas la même «élégance» à table que le vin. D’autant plus que certaines alliances sont souvent toutes trouvées, du style foie gras/blanc liquoreux, ou bûche/champagne. Ce débat a d’ailleurs régulièrement lieu au sein de l’Abbet, et est très loin d’être conclu. Peut-être le lançons-nous à chaque fois inconsciemment, juste parce que nos fins de débat sont souvent drôles… Mais nous digressons. Tout cela pour dire que les lignes qui vont suivre sont liées au point de vue suivant : que dans la bière comme dans le vin, il y a de grands produits, variés, fins, preuves d’un magnifique savoir-faire, comme de sombres bouses, et qu’à ce titre la bière a autant sa place à table que le vin. Et qu’il est absurde (avis personnel) de passer pour un plouc si l’on se délecte d’une Rochefort 8 en mangeant, tout simplement parce que c’est aussi grandiose qu’un bon Pommard. Le Pommard a été cité au hasard, mais si des viticulteurs de Château-Yquem ou Petrus se sentent offensés et veulent nous envoyer quelques caisses pour en discuter, qu’ils le fassent sans hésiter.

Ensuite, lorsqu’une alliance entre un mets et une trappiste est proposée, le but est évidemment de mettre en exergue les qualités gustatives de chacun des deux. Et pour cela, il convient soit d’opposer des saveurs pour qu’elles se complémentent, soit, à l’inverse, de les marier. Pas de souci là-dessus, la diversité offerte par les trappistes le permet aisément : par exemple, une légère acidité rendra plus digeste un plat gras, une effervescence ou une amertume fine reposeront le palais d’une saveur trop puissante, et un caractère rond fera ressortir un bon équilibre d’arômes. De plus, le mets et la bière devront être, en termes de saveurs, d’intensités assez proches, afin qu’aucun des deux n’éclipse l’autre.

Nous disions donc un menu de Noël courant: difficile d’échapper au foie gras, aux huîtres, ou au saumon fumé, à une volaille ou un gibier, et, après le fromage, à la fameuse bûche.

Nous voilà donc partis sur les entrées. Petite contrainte supplémentaire ici par rapport à la suite du menu, il est assez judicieux de ne se focaliser que sur des bières assez légères. En effet, une bière trop forte en début de repas risquerait de saturer les papilles d’entrée de jeu… Profitons-en pour signaler que cette raison, valable également pour toute autre boisson, explique en partie qu’aujourd’hui, on revient si fréquemment sur l’alliance entre foie gras et Sauternes : jusqu’au début du XXe siècle, le foie gras était généralement servi en entremets et non en entrée, et rien ne s’opposait donc à l’accompagner d’un vin si liquoreux, dont le sucre persiste longtemps en bouche.

Le foie gras, donc…

Comme dit plus haut, il est intéressant de compenser le côté gras du foie par une bière avec une légère acidité. De plus, il se marie également très bien avec des notes sucrées. Il est d’ailleurs courant de le servir avec un chutney, une confiture, ou des fruits frais, ou encore d’y incorporer de l’armagnac avant la cuisson.

Suggestion : une Chimay dorée ! Des arômes de zeste d’orange, un côté malté qui s’accorde avec le pain, toasté ou non, la toute petite acidité susmentionnée, et une mousse crémeuse qui rappelle la texture fondante.

Dans le cas où le foie gras est poêlé, la donne change un peu. Déjà parce qu’il est tiède et légèrement caramélisé, d’où la nécessité d’une bière plus intense, ensuite car la graisse est en grande partie fondue, et l’acidité devient moins nécessaire.

Suggestion : une Westmalle double ! Des arômes épicés, fruités, présents sans être envahissants, et on reste sur une structure crémeuse…

Les huîtres

Cas un peu plus délicat que les fruits de mer. La dominante iodée amène plus spontanément à lui opposer une saveur qu’à lui en associer, à moins de lorgner sur les bières à l’eau de mer. Mais soyons sérieux. D’habitude, les malts torréfiés d’une stout permettent de soutenir le côté iodé sans le masquer. Or, aucune trappiste ne correspond réellement à une stout. On pourrait éventuellement s’en approcher légèrement avec une Trappe Bockbier, mais celle-ci est probablement trop intense pour une mise en bouche. On lui préfèrera donc une bière légère, dont les malts doivent être suffisamment discrets pour ne pas nuire au caractère iodé.

Suggestion : une Trappe Witte ! Coup de bol, la pointe d’agrumes s’associe bien à l’iode.

Le saumon fumé

Par contre, pour accompagner le saumon, aucune hésitation ! Qu’il soit nature, au citron, à l’aneth, à la crème fraîche, à la vanille (euh non, pas à la vanille), l’idéal est une blanche aux notes d’agrume. De préférence de type citronné, qui se mariera bien (évidemment) avec le citron, ou qui équilibrera le gras de la crème.

Suggestion : Pareil, une Trappe Witte. Il faut reconnaître qu’on n‘a pas non plus tellement de choix en blanches parmi les bières trappistes… Heureusement qu’elle est bonne !

D’habitude, à ce moment du réveillon, il est rare d’avoir encore faim si l’on s’est fait piéger (comme souvent), par un apéritif estimé pour deux cents personnes… Pas grave, on continue quand même :

La dinde !

Et même la volaille en général : chapon, poularde, pintade, la liste est longue. Bien préparée, elle n’est pas asséchée par la cuisson et reste donc assez grasse, moelleuse, et la peau est grillée juste ce qu’il faut pour être finement craquante. La chair est douce en goût, fondante, et supporte bien un léger sucré salé.

Suggestion : Une Trappe Isid’or : des malts caramélisés et une mousse crémeuse, une pointe d’acidité et une bonne présence en bouche qui rendent l’ensemble plus qu’harmonieux, en particulier en présence de marrons.

La pièce de gibier

Sortons l’artillerie lourde : si la bière est trop discrète, le gibier, très fort, va la rendre totalement insipide. Il faut donc un arôme puissant, tout en tenant compte de l’éventuelle… « aigre-douceur », même si le terme ne paraît pas correct (si cette fois c’est l’Académie Française qui se sent offensée, pas la peine de nous envoyer de dictionnaires pour autant, merci). En effet, les gibiers type sanglier, biche, cerf sont souvent préparés avec des fruits comme la prune, ou en sauces à base de vin. On pourrait donc songer à une bière vineuse, mais on a alors souvent affaire à des bières de type lambic (ou approchant), qui ne seront pas suffisamment intenses. Il est plus judicieux de se tourner vers un caractère plus rond et bien présent en bouche. Voyons voir, y’a-t-il parmi les trappistes des bières rondes et puissantes ?

Suggestion(s) : Une Chimay, bleue ou rouge, ou une Rochefort : 8 si le gibier n’est pas trop fort (marcassin) ou bien 10 (cerf, sanglier) ! Ou pourquoi pas une Zundert ?

Le fromage

Alors là, c’est la tuile… Autant les saveurs des trappistes sont très diverses, autant celles des fromages sont pléthoriques ! Impossible de trouver une bière qui irait bien avec à la fois un roquefort, un vacherin et une mimolette… La bière à choisir dépend donc complètement du plateau ! Avec encore une fois les mêmes « règles » d’association ou d’opposition : par exemple, une Westmalle Extra ira très bien avec un chèvre frais grâce aux notes de miel, un Saint-Nectaire ou un Comté avec une Westmalle double, ou un Babybel avec une Achel tiède.

Suggestion : Un plateau de fromages trappistes, avec leurs bières respectives ! Ou alors, passer les quelques jours qui précèdent le réveillon à faire des tests…

Là, ça y est. Si tout va bien, vous n’en pouvez plus. Et pourtant, arrive alors….

La bûche!

Traditionnellement, elle est à base de marrons et de chocolat, et comporte très souvent de la crème glacée. Avec une saveur aussi puissante que le chocolat, en plus du côté glacé, il faudra s’orienter sur une bière bien charpentée, aux arômes de cacao. Deux possibilités s’imposent…

Suggestion(s) : Une Rochefort 10, transition parfaite vers un petit café avec ou sans mignardises, ou une Trappe Quadruple, qui pourra à elle seule conclure le repas.

Enfin, si vous êtes adeptes des fins de réveillon avec les treize desserts ou les mendiants, donc à base de fruits secs et/ou de pâte d’amande, il reste une dernière association possible. Le nez fruité et la fin de bouche sur le miel et l’amande d’une Westvleteren 12 vont offriront un petit feu d’artifice final, à côté duquel il serait dommage de passer… Mais si vous n’avez absolument plus faim et que vous voulez juste boire un coup, ça marche aussi…

Bien entendu, ne perdons pas de vue qu’il ne s’agit ici que de propositions. D’autres alliances sont sans aucun doute possible, et sont, avant tout, une histoire de goût. Et pour éviter les fautes de goût, rien ne vaut une bonne préparation… Donc, à la vôtre !

Oh puis tant pis, goûtons les toutes !

Au mois d’octobre, découvrant la Chimay dorée avec un peu de nostalgie, nous nous rassurions en pensant qu’il restait des bières trappistes inconnues qu’on goûterait peut-être un jour, ou qu’on ne décapsulerait jamais, mais c’était beau.

Parmi elles la Westmalle extra, réservée aux moines de l’abbaye.

Et nous voilà le mois suivant à chercher si le miel perçu en bouche figurait bien dans les ingrédients de cette dernière (non ! Mais vous le savez déjà…)

On se disait aussi que déguster une Spencer se mériterait. Qu’il faudrait traverser l’océan, qu’on espérait un jour s’offrir ce plaisir. On l’évoquait d’ailleurs auprès du journaliste venu couvrir la soirée du 21 novembre pour La voix du Nord.

Et puis en franchissant la porte de notre caviste (à bière) préféré, voilà qu’il nous hèle fièrement : « J’ai de la Spencer! Une caisse!».

On sourit, puis on saisit bien le sens de la phrase. La Spencer ? Celle brassée dans le Massachussetts ? Et oui, celle-là même. Et nous voilà 6 000 km plus proches de ce qu’on imaginait le Graal suprême, l’intouchable, celui dont la quête prendrait une vie de zythologue.

On est tenté alors de ne pas répondre. Tel Perceval chez le Roi Pêcheur, on est à deux doigts d’ignorer cet appel, de ne pas poser les bonnes questions, de répondre «Ah? Mouais, je vais plutôt reprendre de cette délicieuse Troubadour westkust». On le sait, la révélation peut être trop brutale. Galaad perdit la vie en plongeant les yeux au fond du calice.

Et quel geste héroïque ce serait !

«Et les jeunes, y avait de la Spencer chez Cash boisson

«Non? Trop fort! T’en as eu combien?»

«Aucune. Le mystère avant tout. Comptez pas sur moi pour sombrer dans cette facilité navrante. On se boit une westkust

Mais héros incompris, probablement.

Aucune réponse et tout le monde qui filerait chercher la dixième trappiste en s’inquiétant à haute voix pour notre santé mentale.

Alors soit, on cède, à peine réjouit par la limitation à trois bouteilles, mais trépignant une fois le pas franchi d’annoncer la nouvelle! «J’ai de la Spencer! De la Spencer nom de…!» Un peu la même joie que lorsque l’AIT aime nos articles sur Facebook. Le sentiment d’avoir déjà un peu réussi sa vie. Celui qui vous anime lorsqu’on vous tend votre permis alors que vous avez franchi deux lignes continues ou que vous lisez votre nom dans les reçus d’un concours passé dix fois. Ce sera fugace, mais c’est bon.

Et c’est cette euphorie passagère qui vous fait renier tout ce que vous pensiez défendre. Vous êtes à deux doigts d’acheter une caisse de Chimay bleue, juste parce que l’abbaye a réédité les bouteilles originales de 1956, la capsule permettant seule de différencier les breuvages. Quelles canailles ces moines de Scourmont. Çà va qu’ils font vivre une région des Ardennes à eux seuls…

Mais bon, à 40 euros la caisse, pour au final la ramener et récupérer 10 centimes de consigne par canette, la raison s’impose tout de même. Nous craquons toutefois sur la seconde nouveauté Chimay. Une Grande Réserve 2015 élevée en fûts de bois. La bouteille coûte là encore de quoi faire vivre la communauté de Scourmont pendant une année entière, réveillons compris, sauf que là c’est vraiment nouveau.

Alors que valent ces bières? Ces nouvelles trappistes?

Elles sont évidemment très différentes.

Spencer

La Spencer est trouble, sa mousse est bien dense même si elle ne tient pas dans le verre calice recommandé. Au nez on trouve la levure fraîche, elle rappelle alors un peu la Westvleteren 6. En bouche elle est légère, l’amertume est marquée en entrée, c’est cette fois l’Orval qui vient à l’esprit. Mais ensuite elle laisse peu de saveur, développe peu d’identité et s’efface très vite des papilles.

Bref, dit autrement :

«C’est une bière à boire après avoir monté un mur de parpaings en plein soleil.»

«C’est idéal à la pression dans un mariage pour picoler toute la nuit.»

Vous commencez à cerner le produit?

Rien à voir en tout cas avec la Chimay grande réserve élevée en fûts de bois.

chimay fut-1

Au nez on est sur du vieux champagne, de la banane. On retrouve un peu cette dernière au goût. C’est rond, très nourrissant, et finalement on s’oriente plutôt sur des arômes de vieux rhum un peu vanillé.

Plus clair?

«C’est une alternative très crédible à la plupart des digestifs que contient votre bar.»

«Boire la bouteille seul au petit-déjeuner permet de s’abstenir tranquillement de tout repas les 24 heures suivantes.»

Une blonde très agréable donc mais qui manque un peu de caractère, et une brune originale et à la saveur très prononcée mais rapidement un peu écœurante.

Au point où nous en sommes alors, maintenant goûtons les toutes!

Il nous reste une ou deux autrichiennes inconnues, mais nous les savons à portée de clic.

Et puisqu’il suffit apparemment d’en parler pour voir nos vœux s’exaucer, nous rappelons ici que nous ne savons toujours pas comment nous procurer des Tre Fontane.

De toute façon, il restera forcément toujours des découvertes à faire et des bières dont rêver. 160 abbayes trappistes disséminées dans le monde ne brassent pas encore.

Mais il se dit que deux seraient sur le point de passer à l’acte.

Lesquelles? Eh eh… Mystère, mystère…